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Économie

L’impact des FCP sur le marché national

12 juin 2015 | La rédaction | Commenter

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En croissance continue depuis plusieurs années, les fonds communs de placement canadiens à capital variable ne dominent pas pour autant les marchés de titres où ils sont actifs. De plus, ils présentent plusieurs vulnérabilités, apprend-on dans la Revue du système financier 2015 de la Banque du Canada.

Selon l’étude, plusieurs faits concernant ces produits d’investissement gagnent à être connus :

• Les plus grands FCP canadiens ne représentent pas, pour l’heure, une menace pour le système financier canadien ;
• Ils utilisent de manière limitée le levier financier, vue la règlementation en vigueur ;
• Ils détiennent suffisamment de liquidités pour couvrir les demandes de rachat des investisseurs ;
• Les fonds communs de titres à revenu fixe pourraient, dans l’éventualité d’une vente en catastrophe résultant de sorties de capitaux importantes, influer significativement sur la volatilité des prix dans les marchés obligataires.

Le ratio de levier des fonds de titres à revenu fixe canadiens est bas

La Revue note également qu’en dépit de leur affiliation avec plusieurs sociétés canadiennes de gestion de fonds, les grandes institutions bancaires ne risquent virtuellement aucune perte découlant de ces sociétés.

Pourquoi? Parce que les fonds et les sociétés de gestion sont considérés en tant qu’entités juridiques distinctes, et qu’ils échappent ainsi aux notions de soutien de cours des parts des FCP et de valeur plancher.

VULNÉRABLES OU NON?

En matière de risque systémique, quatre vulnérabilités sont identifiées : l’asymétrie entre financement et liquidité, le levier financier, la tarification des risques et l’opacité. Vu la transparence de l’information relative à ces produits, l’étude se concentre davantage sur les deux premières.

• Bien que le financement et la liquidité ne semblent pas inquiéter la Banque outre mesure, celle-ci signale la possibilité de transformer les échéances et la liquidité, qui expose le fonds à de nombreuses demandes de rachat et offre un avantage aux premiers demandeurs (si le prix de rachat s’avère supérieur au prix de cession des actifs sous-jacents).
• Qualifié de restreint, le levier financier des grands FCP canadiens de titres à revenu fixe présente un taux (du passif à l’actif) de moins de 1 %, comparativement à celui de ses équivalents américains pouvant atteindre 11 %.

Saviez-vous que?

Au Canada, le secteur des FCP représente 54 % du PIB!


On peut lire que les fonds alternatifs (faisant appel public à l’épargne) ont recours à davantage de produits dérivés et sont davantage exposés aux risques de rachat que les fonds traditionnels, vu la présence d’actifs non liquides. Puisqu’ils représentant moins de 2 % des actifs des FCP canadiens, le niveau de risque pour le système financier demeure quasi nul.

IMPACT SUR LE SYSTÈME FINANCIER CANADIEN 

L’étude détaille également en quoi les FCP fragilisent le système financier canadien.

Quelques faits sont ainsi relevés :

• Aucun fonds commun de placement canadien n’est assez important pour être un foyer de tensions systémiques ;
• Les plus grands FCP ne dominent pas les marchés dans lesquels ils investissent. Seulement six d’entre eux (un fonds d’actions, deux fonds de titres à revenu fixe et trois fonds équilibrés) font état d’actifs supérieurs à 10 G$ ;
• Quatre d’entre eux sont surtout constitués d’actions et comptent pour moins de 1 % de la capitalisation totale de la Bourse de Toronto ;
• Les cinq plus importants fonds d’actions, fonds équilibrés et fonds de titres à revenu fixe canadiens détiennent respectivement 9 %, 20 % et 21 % des portefeuilles gérés dans chacune des catégories d’actifs ;
• Les fonds à revenu fixe situés aux États-Unis participent de manière importante, mais non dominante, aux marchés obligataires canadiens ;
• Bien que certains d’entre eux utilisent davantage l’effet de levier et soient plus complexes que les FCP, la Banque évalue le risque de voir le marché canadien être dominé un de ces fonds étrangers est limité ;
• En dépit de leur statut colossal par rapport à leurs équivalents canadiens, les plus grands fonds de titres à revenu fixe américains comptent toutefois moins d’actifs canadiens que les plus grands fonds canadiens.

LA « PEUR DE LA DERNIÈRE PLACE »

Autre fait à considérer : la possibilité de voir les gestionnaires de fonds suivant l’évolution d’un même indice réagir de la même manière en cas de situation problématique. Cas de figure : un gestionnaire craignant de perdre son emploi pour cause de rendements inférieurs à ceux de ses pairs pourrait être porté à imiter les stratégies de placement d’autres gestionnaires de fonds appartenant à la même catégorie. Cette « peur de la dernière place » pourrait aussi inciter des gestionnaires à vendre des placements au même moment que leurs homologues.

La possibilité que les difficultés d’un fonds passent vers d’autres fonds d’une même famille ou à la société de gestion est aussi évoqué, bien que cette éventualité soit actuellement « contenue ».

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