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Affaires

RPC et PSV – maîtrisez rapidement les nouvelles règles

4 février 2013 | La rédaction

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L’administration fédérale a récemment apporté des modifications importantes au Régime de pensions du Canada (RPC) et au programme de la Sécurité de la vieillesse (SV). Les nouvelles règles auront-elles une incidence importante sur la capacité des Canadiens à prendre leur retraite quand ils le souhaitent? Nous avons demandé à deux conseillers de prendre des positions opposées sur le débat suivant :

Supposons que les nouvelles règles du RPC et de la SV empêchent les Canadiens nés après 1965 de prendre leur retraite avant l’âge de 75 ans, à moins d’avoir accumulé au cours de leur vie active un patrimoine beaucoup plus important que celui de leurs prédécesseurs, par l’épargne ou l’investissement.

Opinion no 1
Gábor Vaski, professionnel agréé en gestion stratégique de patrimoine (CSWPMD), planificateur financier agréé (CFP), B.Mus.
Conseiller financier principal
Services financiers de Groupe Investors

Ceux qui sont nés après 1965 auront au cours de leur vie active à épargner beaucoup plus que leurs prédécesseurs – et pas seulement en raison des modifications apportées aux règles du RPC et de la SV.

Si ces personnes vivent au Québec, le conseiller devrait également tenir compte des prestations du Régime de rentes du Québec (RRQ), qui s’ajoutent à l’apport du RPC et des prestations de SV, et dont la progressivité a fait l’objet de changements importants en 2013.

Les diverses générations ne sont pas toutes aussi déterminées à épargner. Les Canadiens nés autour de 1965 ont commencé leur carrière pendant la récession du début des années 1990. Par conséquent, les quinquagénaires d’aujourd’hui sont souvent de meilleurs épargnants que les sexagénaires. Il y a un certain nombre d’années, on ne s’attendait plus à recevoir quoi que ce soit du RPC. Les plans financiers des années 1990 considéraient généralement le RPC comme un boni et ne tenaient même pas compte de ses prestations dans leurs calculs. Or, les enfants de la génération du baby-boom – un groupe démographique important – ont une attitude tout à fait différente par rapport à l’épargne. Ils sont plus optimistes sur les perspectives d’avenir à long terme. Si vous évoluez dans une période d’abondance, celle-ci teintera votre attitude pendant toute votre vie. À moins de se mettre à épargner massivement et rapidement, plusieurs pourraient devoir travailler jusqu’à 75 ans, même si le RPC repose maintenant sur de solides assises.

La longévité et le style de vie sont d’autres facteurs qui entrent en jeu. Lorsque le RPC a été mis en œuvre, l’espérance de vie moyenne était de 66 ou 67 ans. Elle s’établit aujourd’hui autour de 80 ans. Parallèlement, nos modes de vie se sont bonifiés. Combien de personnes vivent au pays comparativement à il y a 30 ans? Peut-être 20 % de plus. Et combien de maisons y a-t-il de plus au pays? Peut-être 100 % de plus, et les maisons sont plus grandes que celles qui se construisaient il y a quelques décennies. Une retraite plus longue combinée à des dépenses annuelles plus importantes nécessite bien plus que le bas de laine de référence de 500 000 $, malgré le RPC et la SV. Prolonger la vie active jusqu’à 75 ans pourrait être la seule solution.

Cette perspective n’est pourtant pas si désolante. Pendant de nombreuses années, on attendait la retraite avec impatience. Aujourd’hui, de plus en plus de clients n’envisagent pas une pleine retraite. Ils souhaitent plutôt une période de transition vers la retraite s’échelonnant sur trois, cinq ou dix ans – ils veulent être consultants ou à travailler à temps partiel, à leur propre compte ou pour quelqu’un d’autre.

J’encourage mes clients à épargner le plus possible tout en profitant de la vie dès maintenant. Élaborer une stratégie en fonction de sa situation économique actuelle n’est pas très réaliste quand on sait qu’elle peut changer dans les 30 prochaines années.

Opinion no 2
John De Goey, CFP
Vice-président, gestionnaire adjoint de portefeuille
Burgeonvest Bick Securities Limited

Si les taux d’épargne et les taux de rendement escomptés pour les différentes catégories d’actif ne subissent aucun grand changement, à la hausse ou à la baisse, les récentes modifications apportées au RPC et à la SV n’amèneront pas les Canadiens nés après 1965 à repousser leur départ à la retraite à 75 ans. Il est vrai que l’âge du départ à la retraite sera repoussé, mais il n’atteindra pas 75 ans de notre vivant.

Sur le plan actuariel, l’espérance de vie augmente d’environ deux ans par décennie, et ce taux est stable depuis de nombreuses générations. Comparons la situation de deux personnes, l’une ayant 35 ans et l’autre, 65 ans. Toutes choses étant égales par ailleurs, la personne de 35 ans a une espérance de vie supérieure de six ans à celle de la personne de 65 ans. Pour soutenir le même nombre moyen d’années à la retraite, la personne de 35 ans devra peut-être travailler jusqu’à l’âge de 71 ans. Notez cependant que cette personne aura six ans de plus pour épargner sans puiser dans son épargne-retraite. Nous sommes encore loin des 75 ans.

Les décideurs de l’État se dirigent déjà dans cette direction. En fixant la date limite de transformation du régime enregistré d’épargne-retraite (REER) en fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) à la fin de l’année du 71e anniversaire de naissance de l’épargnant, en l’encourageant à retarder les prestations du RPC après son 65e anniversaire de naissance et en faisant passer de 65 à 67 ans l’âge à partir duquel on peut toucher le plein montant des prestations de la SV, l’État donne à entendre qu’il se dirige vers une politique harmonisée visant à fixer l’âge de la retraite autour de 70 ans. Encore une fois, la situation évolue, mais nous sommes loin des 75 ans.

Finalement, les avantages de retarder les prestations du RPC – sans toutefois dépasser 70 ans – sont importants. Auparavant, on perdait 0,5 % par mois qui restait à courir entre le début du service des prestations du RPC et le 65e anniversaire de naissance, et on gagnait 0,5 % par mois qui suivait cet anniversaire lorsque l’on retardait ces prestations. La diminution des prestations mensuelles du RPC est maintenant de 0,6 % par mois précédant le 65e anniversaire de naissance, alors que la hausse de ces prestations pour les mois qui suivent cet anniversaire est de 0,7 %, ce qui représente 8,4 % par année. Si vous retardez les prestations du RPC jusqu’à votre 70e anniversaire de naissance, vous toucherez 142 % de vos prestations.

Si vous avez 35 ans et que vous comptez prendre votre retraite à 71 ans — soit quatre ans avant votre 75e anniversaire –, vous aurez déjà reçu les prestations de la SV depuis un certain temps, celles du RPC depuis un an, et vous vous en tirerez peut-être mieux que ceux qui ont 65 ans aujourd’hui. Tout compte fait, je suis convaincu que ceux qui sont dans la mi-quarantaine et les plus jeunes pourront prendre leur retraite bien avant leur 75e anniversaire de naissance sans sacrifier leur qualité de vie.

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