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RVER : le distribuerez-vous?

17 novembre 2014 | Emmanuelle Gril | Commenter

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Avec le nouveau régime volontaire d’épargne-retraite (RVER), tous les travailleurs pourront bénéficier d’un régime d’épargne-retraite collectif offert par leur employeur. Dans l’industrie, les avis sont partagés au sujet de ce nouveau produit. Des conseillers nous expliquent pourquoi ils comptent le proposer, ou non, à leurs clients.

Les règles de distribution prévues par la Loi sur la distribution de produits et services financiers et la Loi sur les valeurs mobilières stipulent que les conseillers en assurance et rentes collectives et les conseillers en régimes de rentes collectives pourront offrir à un employeur le RVER administré par un assureur-vie.

De leur côté, les conseillers en sécurité financière pourront offrir à un individu le RVER administré par un assureur-vie et suggérer des options de placement au participant.

La Loi sur les régimes volontaires d’épargne-retraite prévoit aussi que jusqu’au 1er janvier 2016, le conseiller en sécurité financière et le conseiller en régimes d’assurance collective pourront proposer à un employeur le RVER administré par un assureur-vie. Il en va de même pour les représentants en épargne collective.

Avec cette autorisation spéciale, on souhaite pouvoir répondre à la demande de souscription à un RVER qui devrait être plus grande au cours des prochains mois. Le régime est en effet implanté progressivement depuis le 1er juillet dernier.

Une bonne porte d’entrée

Plusieurs conseillers semblent intéressés à offrir ce produit à leur clientèle. C’est le cas de Mélissa Lanthier, conseillère en sécurité financière et conseillère en assurance et rentes collectives chez Lafond Services Financiers.

« Premièrement, selon moi, il est important qu’un employeur puisse offrir un régime d’épargne-retraite collectif à ses employés. Deuxièmement, pour un conseiller, c’est aussi une excellente occasion de tisser des liens d’affaires plus serrés ou de trouver de nouveaux clients », dit-elle.

Sans vouloir préciser combien, elle convient que ce produit rapporte peu à un conseiller. Mais il constitue, selon elle, une bonne façon d’entrer en contact avec des propriétaires d’entreprise.

« En tant que professionnelle, ma mission n’est pas de proposer le produit qui est le plus rentable pour moi, mais bien celui qui convient le mieux au client. Dans le cas des PME, le RVER présente plusieurs avantages : il est facile à mettre sur pied et nécessite peu de gestion. De plus, c’est l’institution financière qui est responsable de la majeure partie de l’administration du régime », affirme Mme Lanthier.

Robert Tellier, vice-président régional pour les régimes de retraite et l’assurance collective chez Manuvie.

Robert Tellier, vice-président régional pour les régimes de retraite et l’assurance collective chez Manuvie, incite ses conseillers à distribuer le RVER.

« Le défi pour ces derniers est généralement de développer leur clientèle. Le RVER est une porte d’entrée, qui leur permettra de vendre éventuellement d’autres produits. Il y a 120 000 employeurs au Québec qui n’ont pas de régime d’épargne-retraite collectif, ce qui représente 1,6 million d’employés. Cela constitue de nombreuses opportunités pour les conseillers! » croit-il.

Manuvie a d’ailleurs donné une formation à plus de 700 de ses conseillers pour les aider à vendre le RVER.

« Nous avons aussi conçu des logiciels interactifs qui permettent de conclure la vente en 20 minutes. Tout peut se faire par téléphone, sans même avoir à se déplacer », précise M. Tellier.

Des bémols

D’autres conseillers ne sont toutefois pas aussi favorables au RVER. André Buteau, assureur vie agréé et planificateur financier, indique qu’il ne l’offrira qu’en dernier recours, notamment lorsque l’employeur ne pourra choisir un REER collectif parce qu’il n’atteint pas les limites de montants requis.

« La sélection de fonds pour le RVER est limitée. Alors, si l’entreprise doit établir un régime d’épargne-retraite, pourquoi ne pas plutôt proposer un REER collectif qui offre une plus grande panoplie de produits et services? » s’interroge-t-il.

Il ajoute que le RVER a toutefois le mérite de conscientiser les PME à la nécessité d’offrir des outils d’épargne-retraite à leurs employés.

Pour sa part, Sylvain Corriveau, planificateur financier chez Investia Services financiers, indique qu’il ne cherchera pas à développer ce nouveau marché.

« Ce n’est pas un produit intéressant, de mon point de vue. Cela nécessite beaucoup de démarches de prospection et génère peu de rentabilité. Je vais en parler à mes clients s’ils me le demandent, mais je ne le proposerai pas systématiquement. Par ailleurs, j’ai peu de dirigeants d’entreprise parmi mes clients. Aussi, ce n’est pas une catégorie de produits qui entre dans mon domaine d’affaires », souligne-t-il.

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