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Santé et mieux-être : la valeur de la mobilisation

8 août 2014 | La rédaction | Commenter

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Qui a dit que les programmes de santé et mieux-être sont un luxe réservé aux grandes organisations? En réalité, les entreprises les plus modestes peuvent en tirer des bénéfices concrets, sans casser la tirelire. Il s’agit juste de les accompagner, une étape à la fois.

L’avantage des petites entreprises, c’est qu’elles ont plus de facilité que les grandes à faire circuler l’information et à rassembler leurs gens autour d’initiatives communes. Elles ont donc de bonnes chances d’obtenir des résultats quand vient le temps d’encourager les employés à adopter de saines habitudes de vie.

Cependant, un programme efficace ne s’implante pas du jour au lendemain; ce serait la meilleure recette pour l’échec. Les conseillers ont plutôt intérêt à guider les PME au travers d’une transition progressive.

Première étape : la prise de conscience

Pour démontrer aux dirigeants de PME la valeur des programmes de santé et mieux-être, il n’y a rien de tel qu’un diagnostic de leur situation actuelle. Parmi les données à recueillir : les causes des invalidités à court et long terme, leur coût total, et leurs coûts selon les types (musculosquelettique, cardiovasculaire, santé mentale). En comparant les chiffres sur une période de quelques années, on peut identifier des hausses de coûts liées à certains problèmes.

Pour un portrait encore plus complet, on peut soumettre aux employés un questionnaire d’évaluation des risques pour la santé.

« Cet outil fait le tour des habitudes de vie, incluant les habitudes alimentaires détaillées, l’activité physique, le sommeil, la gestion du stress, la consommation de tabac ou d’alcool… Tout est passé en revue », explique Emmanuelle Gaudette, directrice, Santé et mieux-être à la Standard Life.

À ce stade, on peut déjà avoir un impact sur les membres du personnel. En consultant leur profil personnalisé, ils sont amenés à prendre conscience de certains risques dans leurs habitudes.

« Tout cela se fait en ligne, avec une garantie de confidentialité  des données recueillies. L’employeur, de son côté, reçoit un portrait global des habitudes de vie dans son entreprise, sans possibilité d’identifier quiconque. D’ailleurs, si l’entreprise a moins de 25 employés, le rapport complet n’est pas dévoilé », précise Emmanuelle Gaudette.

Deuxième étape : la mobilisation

Une fois dressé le profil santé de l’entreprise, le conseiller peut proposer les premières initiatives.

« Avant toute chose, l’idéal est de mettre sur pied un comité du mieux-être composé d’employés et d’un gestionnaire de l’entreprise. Ainsi, on a un groupe de personnes qui connaît la situation et s’approprie les défis », dit Emmanuelle Gaudette.

Selon l’experte, ces comités produisent souvent des idées « superbes » à peu de frais. Par exemple, des marches à pied le midi avec un défi où l’on distribue des podomètre ; on peut lier cela à des dons de charité.

« Nous pouvons travailler avec le comité pour identifier  des activités  qui répondent aux besoins les plus criants. Cela peut être des cliniques de dépistage où l’on mesure le cholestérol, la tension et la glycémie. Ou encore du coaching pour les employés à risque. La Standard Life aide souvent les entreprises à organiser ce genre de choses », dit Mme Gaudette.

Pour plus d’inspiration, le Centre de santé et mieux-être en ligne de la Standard Life propose une foule d’informations sur les divers problèmes de santé qui peuvent mener à l’absentéisme et offre plusieurs bulletins sur la santé que les comités peuvent redistribuer aux employés.

« Notre rôle est aussi d’aider ces comités à trouver des ressources gratuites ou à peu de frais, comme le Défi Santé 5/30, la Fondation des maladies du cœur, et autres organismes qui offrent de l’aide », précise Mme Gaudette.

Et le conseiller, dans tout cela?

À titre d’agent de liaison entre l’assureur, l’entreprise et ses partenaires, le conseiller occupe une position cruciale pour la santé et le mieux-être. C’est lui qui peut convaincre l’organisation d’aller de l’avant, et qui va rassembler autour de la table les dirigeants, les partenaires-clés de l’entreprise (personnes des RH, syndicats s’il y a lieu), l’assureur,  les fournisseurs de services de santé.

Faute d’accompagnement, les entreprises risquent de voir leur programme tué dans l’œuf. « Beaucoup vont faire une conférence ponctuelle ou d’autres gestes ponctuels, sans développer une vraie stratégie. Trop d’employeurs se contentent de souscrire une assurance et se croient suffisamment protégés », insiste l’experte.

Lorsque les programmes sont rondement menés, en revanche, les résultats positifs ne tardent pas. Ce qui frappe le plus les employeurs au premier abord, c’est la mobilisation des employés, selon Mme Gaudette. Par la suite, des baisses de coûts liées à la santé pourront être constatées, mais seulement à moyen ou long terme.

« Ils sont heureux de voir leurs employés s’occuper de leur santé et s’impliquer davantage dans l’organisation. Par la suite, on peut leur proposer une évaluation à l’an 1 et à l’an 3 pour voir les améliorations. Si, par exemple, on fait diminuer la sédentarité de 60 à 40 %, c’est une diminution importante du risque. Le retour sur investissement prend du temps à se mesurer, mais le potentiel est bel et bien là. »

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