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Six conseils financiers pour les nouveaux diplômés

13 juillet 2010 | Commenter

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etudes_dipome_graduation_jeunes_etudiants_425Fraîchement sortis de l’université leur baccalauréat sous le bras, les nouveaux diplômés font souvent leurs débuts dans la vie à la dure, indique Rachel Haig, rédactrice à Morningstar Canada.

Au commencement, ils sont impressionnés de gagner 45 000 $ par année, le revenu national médian pour les détenteurs d’un bac. Mais lorsqu’ils dressent la liste des dépenses qu’ils doivent supporter, ils se rendent vite compte qu’ils ne pourront pas se payer une Mercedes de sitôt !

Les défis financiers qu’ils doivent relever sont nombreux : rembourser les prêts étudiants et les cartes de crédit, économiser pour la retraite, assumer les dépenses courantes, etc. Ils doivent donc établir des priorités, dresser un budget personnel et organiser un calendrier de dépôts et de paiements.

Pour Rachel Haig, voici, par ordre d’importance, la marche à suivre que devraient respecter les nouveaux diplômés.

1. Déterminer le revenu net
Un salaire annuel ne veut pas dire grand-chose une fois qu’on y a retranché les impôts et les charges sociales, spécialement au Québec. Certes, ont peut utiliser des calculatrices en lignes qui effectuent ce genre de calcul, mais le moyen le plus fiable est de noter la paie nette que l’on reçoit chaque quinzaine. En effet, c’est avec ce montant qu’il faut vivre.

Dans son exemple, Rachel Haig estime qu’un célibataire canadien qui gagne un salaire de 45 000 $ bruts par année dispose d’une revenu mensuel net de 2 790 $. Tous les calculs qui suivront sont basés sur cette donnée.

2. Effacer le solde des cartes de crédit
Selon la rédactrice, l’endettement moyen par carte de crédit se situe à 2 200 $. « La première chose à faire, c’est d’arrêter d’engager de nouvelles dépenses sur ces cartes. Puis, dans la mesure du possible, essayez de transférer une partie des dettes de cartes à intérêts élevés à des cartes à intérêts plus faibles », conseille-t-elle. Si on prend pour hypothèse que le taux d’intérêt moyen des cartes de crédit destinées aux étudiants est de 19 %, et qu’on rembourse le solde à raison de 100 $ par mois, il faudra donc deux ans et quatre mois pour effacer une dette de 2 200 $. Toutefois, des paiements mensuels de 200 $ ramèneront cette période à un an et un mois. Avec un effort supplémentaire, il faudrait 202,74 $ par mois pour éliminer cette créance en un an, « ce qui est un objectif qui en vaut la peine pour un nouveau diplômé sans beaucoup de dépenses fixes », note Rachel Haig.

3. Constituer un fonds d’urgence
Même s’il est difficile d’établir un fonds d’urgence pour couvrir les dépenses quotidiennes, il est essentiel que les nouveaux diplômés s’y attaquent le plus tôt possible. En effet, dans l’éventualité où les choses tourneraient mal, un fonds d’urgence leur éviterait d’avoir à recourir à des cartes de crédit coûteuses pour se sortir d’une ornière financière. Rachel Haig souligne que la règle voulant qu’une telle réserve suffise à couvrir de trois à six mois de dépenses quotidiennes n’est pas réaliste pour des jeunes. « Pour commencer, essayez d’épargner quelques centaines de dollars chaque mois, au cas où vous auriez besoin de couvrir une dépense inattendue, comme faire réparer votre voiture », suggère-t-elle.

4. Épargner pour la retraite
Idéalement, toute personne devrait épargner au moins 10 % de ses revenus en prévision de la retraite. Évidemment, les jeunes sont souvent à des années-lumière de cette préoccupation, mais il faut insister. La façon la plus facile de cotiser à un REER ou à un CELI est d’y faire virer automatiquement, à chaque paie, un montant prédéterminé. Seuls peuvent déroger à cette discipline d’épargne ceux qui ont contracté des dettes importantes sur leurs cartes de crédit. Si le revenu mensuel net des nouveaux diplômés est de 2 790 $, cela signifie qu’ils devraient cotiser au moins 279 $ dans leur REER ou leur CELI chaque mois.

5. Rembourser les prêts étudiants
En moyenne, les bacheliers sortent de l’université avec une dette de 20 400 $ chacun. Bien que cette somme ne soit pas insignifiante, elle n’est pas trop épouvantable puisque les experts en aide financière recommandent de ne pas emprunter plus de la moitié du salaire de départ prévu. Néanmoins, les nouveaux diplômés devront maintenir l’équilibre entre faire diminuer leur dette et procéder à d’autres investissements qui seraient peut-être financièrement plus sensés.

« Rembourser son prêt étudiant rapidement signifie payer moins en intérêt sur la durée du prêt, mais cela ne veut pas nécessairement dire que mettre tout l’argent que l’on peut pour le rembourser est une bonne idée pour autant. Les taux d’intérêt d’un prêt sont faibles par rapport à ceux d’une carte de crédit, et investir pourrait offrir un meilleur rendement », fait remarquer Rachel Haig.

Les diplômés qui remboursent leur prêt étudiant sur 10 ans devront verser des mensualités de 234,76 $, si la dette est financée à 6,8 %. Au bout de dix ans, ils auront ainsi remboursé 28 171 $, dont environ 8 000 $ en intérêts. En payant 50 $ de plus par mois, ils seront capables de rembourser leur dette deux ans plus tôt et économiser plus de 2 000 $ en intérêts. « N’effectuez cependant de paiements additionnels sur votre prêt étudiant qu’une fois que vous aurez remboursé la totalité du solde de vos cartes de crédit, car les taux d’intérêt de celles-ci sont bien plus élevés », conseille la rédactrice.

6. Régler les dépenses courantes
Après avoir payé le solde de leurs cartes de crédit, remboursé leur prêt étudiant et mis de côté de l’argent pour le fonds d’urgence et l’épargne-retraite, reste-t-il quelque chose dans le porte-monnaie des nouveaux diplômés ? Eh bien oui, calcule Rachel Haig : précisément 2 073 $ par mois. Cette somme leur permettra de se payer un logement et des services publics à hauteur de 1 125 $ par mois. Cela semble peu, compte tenu du prix des loyers, de la nourriture, des vêtements et du transport.

Mais les jeunes, on le sait, ne manquent pas d’initiative. Ils jouissent de plus de souplesse que d’autres en termes de logement, comme le choix de l’endroit où vivre, s’ils ont des colocataires, s’ils habitent chez papa et maman pendant quelques années avant de se lancer dans la vie tous seuls, s’ils ont une voiture ou pas, et ainsi de suite.

« Songez sérieusement à profiter de ces occasions pour économiser. Il sera vraiment à votre avantage de bien négocier la création d’un fonds d’urgence, d’avoir un régime d’épargne-retraite et de rembourser vos dettes avant de vous mettre sur le dos des frais courants qui ne sont pas nécessaires », conclut Rachel Haig.

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