A A A
Argent

Sortir des sentiers battus peut rapporter

3 février 2014 | Lisa MacColl | Commenter

  • commenter
  • envoyer
  • imprimer


Les FNB indiciels améliorés, basés sur des indices utilisant des mesures alternatives, gagnent des adeptes.

Contrairement aux FNB traditionnels, qui suivent des indices pondérés en fonction de la capitalisation boursière, les FNB indiciels améliorés sont fondés sur des indices qui tiennent compte d’autres facteurs, comme le ratio cours/fonds auto-générés, les dividendes ou les bénéfices, dans le but d’exploiter des anomalies de marché.

Bobby Eng, de FT Portfolios Canada Inc., indique que les indices pondérés en fonction de la capitalisation boursière « sélectionnent les titres selon leur importance, et non selon la valeur du placement. Les FNB indiciels traditionnels offrent un rendement qui reproduit celui des indices pondérés en fonction de la capitalisation boursière – c’est un placement passif – tandis que les FNB indiciels améliorés cherchent à le surpasser – c’est un placement actif ».

Howard Atkinson, de Horizons FNB, ajoute que les indices pondérés en fonction de la capitalisation boursière cadrent bien dans les stratégies de croissance, mais non dans celles axées sur la valeur qui visent l’achat de titres de « sociétés tombées temporairement en disgrâce à la Bourse ».

Cela s’explique par le fait qu’une pondération en fonction de la capitalisation boursière privilégie les titres de grandes entreprises qui sont habituellement des actions de croissance.

« Ainsi, les investisseurs qui sont déjà exposés aux trois principaux secteurs [énergie, finance et matériaux] pourraient opter pour un indice pondéré en fonction de facteurs fondamentaux. Les produits indiciels améliorés offrent une exposition additionnelle aux sept autres secteurs du Global Industry Classification Standard puisque les titres sont pondérés en tenant compte de facteurs tels que les ratios cours-bénéfices, les ratios cours-ventes ou la croissance et la durabilité du dividende ainsi que le ratio de distribution. »

L’utilisation de ces produits peut engendrer un rendement ajusté au risque supérieur.

« Des études ont démontré que les indices équipondérés ou à pondération alternative ont en moyenne surpassé les indices traditionnels pondérés, ce qui a entraîné une prolifération de nouvelles stratégies d’indexation », souligne Larry Berman, chef des placements à ETF Capital Management.

Une étude menée en janvier 2013 par Research Affiliates a trouvé que l’indice à faible volatilité S&P a généré un rendement annualisé de 10,2 % depuis sa création, contre 8,7 % au cours de la même période pour le S&P 500. De plus, « durant les deux plus récents effondrements du marché boursier, les stratégies à faible volatilité se sont avérées visiblement supérieures aux méthodes traditionnelles de gestion indicielle, et ce, sans déroger au profil de faible risque souhaité ».

Pat Chiefalo, directeur des produits dérivés et structurés à la Banque Nationale du Canada, ajoute que « les investisseurs peuvent utiliser les produits indiciels améliorés pour avoir accès à différents profils de risque pour un marché donné, notamment une volatilité plus faible ou un coefficient bêta plus élevé ».

M. Berman mentionne également que les FNB indiciels améliorés sont destinés à ceux qui investissent à long terme, étant donné que le coefficient alpha peut mettre des années à prendre son envol sur le marché. Au fil du temps, les bons indices élaguent les actions dont le rendement est faible.

De plus, les FNB indiciels améliorés sont généralement moins liquides. « Ils ne conviendraient donc pas à un investisseur actif qui achète et vend fréquemment, souligne M. Berman. La facture gonflerait rapidement. »

La création d’un FNB indiciel amélioré

  • 1. Un fournisseur d’indice cherche une anomalie de marché à exploiter (la recherche peut être effectuée à l’interne ou par un tiers à la demande du fournisseur).
  • 2. Le fournisseur d’indice participe ensuite à la création d’un produit en collaboration avec un fournisseur de FNB. Le fournisseur de FNB détermine si la stratégie peut être reproduite dans un produit, si le marché dispose de liquidités suffisantes, et si le produit peut être suffisamment rentable et offert à un coût raisonnable. D’autres facteurs sont également considérés, notamment les coûts de négociation, les frais de gestion et les indicateurs de déviation potentiels.
  • 3. Le fournisseur de FNB crée le produit et rédige un prospectus qui comprend les règles, les hypothèses et d’autres renseignements requis par les organismes de réglementation des valeurs mobilières. Il transmet le prospectus aux organismes de réglementation du Canada et des provinces où le produit sera offert. Le produit doit être approuvé avant d’être vendu.
  • 4. Une fois avalisé, et lorsque le fournisseur de FNB a trouvé un courtier désigné, le produit peut être offert.
  • Source : Pat Chiefalo, de la Banque Nationale du Canada.

Types d’indices

La forme la plus simple de FNB amélioré est celle qui suit un indice équipondéré, c’est-à-dire un indice dont les composantes ont été réparties de façon égale. Supposons que la Banque Royale représente 8 % de la capitalisation boursière de l’indice S&P/TSX 60; dans un indice équipondéré, le titre ne représente plus que 1,7 %, soit 1/60.

« Les FNB indiciels équipondérés ont tendance à faire bonne figure lorsque le marché connaît une croissance », affirme M. Atkinson.

En ce qui concerne les indices plus complexes, il existe maintenant une version « option d’achat couverte » du S&P 500, qui vend des options d’achat sur des actions particulières afin d’augmenter le revenu provenant d’un placement de base en actions américaines, nous signale M. Atkinson. Les options sont vendues en dehors du cours à des prix déterminés par la volatilité implicite de chaque titre, généralement plus élevée que la volatilité de l’indice dans son ensemble, ce qui devrait générer davantage de revenu de qualité.

Il ajoute qu’il existe aussi des FNB qui donnent accès à l’indice Auspice de contrats à terme gérés, qui consiste en 21 contrats à terme sans participation au capital, notamment adossés aux devises et aux matières premières (métaux et denrées). Les contrats peuvent être couverts ou découverts, selon la méthodologie indicielle.

Leur corrélation avec le marché des actions étant légèrement négative, ils constituent d’excellents outils pour diversifier les portefeuilles. « Les contrats à terme gérés ont connu une très bonne année en 2008. Même une exposition de 5 à 10 % aurait offert une bonne protection en cas de marché baissier. »

Ce que les clients doivent savoir au sujet des FNB indiciels améliorés

  • Tout FNB repose sur un indice. Les règles qui régissent ce dernier déterminent s’il s’agit d’un FNB conventionnel ou amélioré.
  • Expliquez la méthodologie de pondération de l’indice et précisez à quoi on peut s’attendre en matière de rendement. Glissez également un mot sur la liquidité des titres qui le composent.
  • Pat Chiefalo, de Financière Banque Nationale, affirme que les FNB indiciels améliorés permettent aux petits investisseurs d’avoir accès à divers profils de risque ou de rendement à coût modique. Ils leur permettent également de générer un rendement supérieur à celui des indices de référence traditionnels. Par exemple, les marchés émergents ont tendance à être plus volatils; les produits améliorés constituent un moyen d’être exposé aux actions tout en réduisant le risque et en obtenant de meilleurs rendements ajustés au risque.
  • La plupart des investisseurs passifs utilisent les indices traditionnels. Les indices améliorés peuvent ouvrir de nouveaux horizons pour la portion en actions d’un portefeuille. Selon M. Chiefalo, bien que ce marché soit encore restreint, il constitue une occasion de croissance tant pour les fournisseurs que pour les investisseurs.
  • Les FNB qui suivent des actions à faible volatilité, par exemple celles qui sont pondérées en fonction du dividende ou de la valeur, offrent des rendements semblables à ceux des FNB indiciels traditionnels, à risque moindre. Toutefois, ces stratégies prennent des années à se réaliser dans le marché.

Lisa MacColl est rédactrice financière.

À lire : Notre dossier sur les FNB

Loading comments, please wait.
Rogers médias numériques