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Statu quo à la Banque du Canada

3 décembre 2015 | La rédaction | Commenter

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La Banque du Canada (BdC) a annoncé hier qu’elle maintient le taux cible du financement à un jour à 0,50 %.

Pour justifier sa décision, elle explique dans un communiqué que « la croissance de l’économie mondiale évolue essentiellement comme elle l’avait anticipée » dans la livraison d’octobre de son Rapport sur la politique monétaire (RPM).

De plus, ajoute-t-elle, « l’économie américaine continue de progresser à un rythme solide, quoique la demande intérieure privée se soit révélée un peu moins robuste que prévu », alors que « parallèlement, les prix des produits de base ont baissé davantage ».

« LONGUE PÉRIODE D’AJUSTEMENT »

« Au Canada, poursuit le communiqué, la dynamique de la croissance a concordé en gros avec les perspectives d’évolution présentées par la banque dans le RPM. L’économie continue de subir une longue période d’ajustement complexe à la détérioration des termes de l’échange du pays. Cet ajustement est facilité par le redressement en cours de l’économie américaine, un dollar canadien plus faible et l’assouplissement monétaire opéré par la banque centrale cette année. »

Par ailleurs, la BdC indique que « le secteur des ressources fait encore face au recul des prix des produits de base. Dans les secteurs hors ressources, les exportations se raffermissent, en particulier celles qui sont sensibles aux variations du taux de change. Toutefois, les investissements des entreprises sont encore freinés par les réductions de dépenses dans le secteur des ressources ».

La banque s’attend aussi à ce que le taux de croissance du produit intérieur brut ralentisse au quatrième trimestre de 2015 avant de dépasser celui de la production potentielle en 2016.

UNE INFLATION À PRÈS DE 2 %

Dans un contexte marqué par tous ces mouvements, l’inflation évolue conformément à ses perspectives présentées en octobre, souligne l’institution fédérale. Mesurée par l’IPC (Indice des prix à la consommation) global, celle-ci reste près de la limite inférieure de la fourchette cible qu’elle a fixée, « en raison de la baisse des prix à la consommation de l’énergie ».

Résultat, « l’inflation mesurée par l’indice de référence s’établit à près de 2 %, les effets de la dépréciation du dollar et de l’écart de production continuant de s’annuler mutuellement ».

En fin de compte, la BdC estime que « les risques liés au profil de l’inflation demeurent relativement équilibrés au cours de la période de projection », même si « les vulnérabilités dans le secteur des ménages continuent de s’accentuer légèrement ».

L’ANALYSE DE DESJARDINS

Selon Benoit P. Durocher, économiste principal au Mouvement Desjardins, la poursuite du statu quo de la politique monétaire canadienne n’est pas une surprise puisque la totalité des 33 prévisionnistes consultés par la firme Bloomberg s’attendait à une telle décision.

Toutefois, met-il en garde, « malgré l’embellie de la croissance économique à l’été, les incertitudes demeurent nombreuses au pays ». Dans ce contexte, estime l’analyste, « il serait très étonnant que la BdC procède à une autre baisse de ses taux directeurs, car les projections démontrent que la croissance du PIB réel pourrait s’accélérer en 2016 et dépasser son potentiel ».

Sa conclusion? « Les autorités monétaires pourront donc prendre leur temps avant de procéder à un relèvement de leurs taux (…) et attendre que la reprise économique soit bien en selle. Ainsi, il faudra vraisemblablement attendre en 2017 pour que la BdC entame une remontée graduelle de ses taux directeurs. »

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