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Justice

Subprimes : la banque d’affaires Natixis sous enquête

16 février 2017 | La rédaction | Commenter

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conformite_enquete_loupe_425Natixis a annoncé hier avoir été mise en examen à la suite d’une procédure d’instruction judiciaire ouverte en 2010 dans le cadre du scandale des subprimes, rapporte Reuters.

Cette procédure vise deux communiqués concernant la position financière de la banque d’affaires française diffusés au second semestre 2007, c’est-à-dire au début de la crise qui a secoué la planète tout entière.

« La mise en examen ne questionne que l’information diffusée par Natixis dans deux communiqués de 2007 et ne remet en cause ni sa communication ultérieure ni sa communication antérieure », indique la filiale du groupe bancaire mutualiste BPCE dans un communiqué.

DE NOMBREUX PETITS ÉPARGNANTS TOUCHÉS

« Cette crise [des subprimes] a constitué, pour Natixis comme pour toutes les banques, une situation sans précédent, dont il était alors impossible d’anticiper les conséquences en chaîne. […] Natixis considère avoir fourni au public, en toute sincérité, les informations dont elle disposait sur ses expositions, au fur et à mesure de l’identification des risques sous-jacents », ajoute-t-elle.

La banque d’affaires été l’un des établissements français les plus éprouvés par la crise des subprimes de 2007 et a dû être renflouée en 2008, rappelle Reuters. Interrogée par l’agence de presse, Colette Neuville, présidente de l’Association de défense des actionnaires minoritaires, soutient que de nombreux clients ont été encouragés par leurs conseillers bancaires à acheter des titres Natixis avant que le cours ne plonge sous l’effet de la crise financière. « C’est un scandale qui a touché de très nombreux petits épargnants », dénonce-t-elle.

L’institution financière a fait l’objet d’une enquête de l’Autorité française des marchés financiers dès 2010 afin de déterminer si elle avait ou non dissimulé des pertes financières à la fin de l’année 2008, au plus fort de la crise. Aucune charge n’a cependant été retenue à son encontre dans ce dossier.

La BCE voudrait créer des « bad banks »

Le vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), Vitor Constanci, a récemment appelé à la création de « structures de défaisance » (ou « bad banks ») nationales afin d’absorber les quelque 1 000 milliards d’euros (1 385 milliards de dollars) de créances douteuses générées par la crise financière, rapporte Reuters. Ces structures servent à isoler des actifs financiers et les dettes d’une société en les cédant simultanément à une entité tierce indépendante.

Face aux difficultés des banques en Italie et dans d’autres économies de la zone euro, le dirigeant a dit souhaiter la mise en œuvre d’un plan européen de création de ce type de sociétés de gestion d’actifs.

L’OPPOSITION DE L’ALLEMAGNE

À la fin du mois de janvier, l’Allemagne s’était opposée à une proposition en ce sens émanant de l’Autorité bancaire européenne (ABE), un organisme indépendant de l’Union européenne dont le mandat est de « garantir un niveau de réglementation et de surveillance prudentielles efficace et cohérent dans l’ensemble du secteur bancaire européen ».

Alors que l’ABE souhaitait créer une « structure de défaisance » à l’échelle de l’Union, l’Allemagne estimait que ce n’était pas une bonne idée puisque que les prêts à risque étaient concentrés dans des pays comme l’Italie, Chypre et le Portugal.

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