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Thomas Piketty c. le Financial Times : l’onde de choc se fait ressentir

27 mai 2014 | Yves Rivard | Commenter

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Les opinions fusent de toute part et sur toutes les plateformes à la suite du traitement réservé à l’économiste Thomas Piketty par le Financial Times les 24 et 25 mai derniers. À la une, on contestait la validité des méthodes et conclusions de l’auteur de l’ouvrage Le Capital au XXIe siècle, qui tend à prouver la concentration de la richesse mondiale et explique les inégalités qui en découlent. Le journal britannique n’a pas donné dans la subtilité en accusant Piketty d’avoir commis des erreurs de calcul faussant ses résultats. Mais tous ne sont pas de cet avis.

Des erreurs de données

Thomas Piketty, directeur à l’Ecole des hautes études en sciences sociales et professeur à l’Ecole d’économie de Paris, a été accusé par les journalistes Christian Giles et Ferdinando Giugliano d’avoir fait « des erreurs de transcription, de calculs contestables de moyenne, de nombreux ajustements inexpliqués de chiffres, d’utilisation de données sans références et de recours inexpliqué à des périodes temporelles différentes ».

L’auteur, qui, rappelons-le, désire voir un impôt progressif sur le capital être instauré, a répliqué que le Financial Times se couvrait de ridicule en niant le principe de concentration de la richesse, surtout dans un contexte où l’ensemble de ses contemporains reconnaît que les plus grandes fortunes ont connu les croissances les plus rapides, et que d’autres études utilisant d’autres sources corroborent la situation.

Des appuis de taille

C’est le cas de Paul Krugman, prix Nobel d’économie en 2008, qui a soutenu la thèse de Piketty en déclarant : « Si quelqu’un croit que la notion de la croissance de la disparité de la richesse vient d’être réfutée, cette personne sera certainement désappointée ». Scott Winship, économiste rattaché au Manhattan Institute for Policy Research, et critique de la théorie de Piketty, a également souligné que « les allégations du Financial Times ne sont pas déterminantes quant à savoir si la thèse de ce dernier est exacte ou non ». Dans un courriel envoyé à l’agence de nouvelles Bloomberg, il souligne : « Il est difficile de croire que Piketty a commis un acte dénué d’éthique lorsqu’il a affiché ses données dans le but que des gens comme moi puissent les examiner en profondeur (…) Piketty a été aussi bon ou meilleur que n’importe quel autre en rendant sa documentation disponible et en tirant les conclusions qu’elles supposent ».

Rappelons que divers économistes réputés, dont ceux de l’équipe entourant Barack Obama, penchent également en faveur de l’argument de Piketty qui, en comptabilisant les indicateurs des deux derniers siècles provenant de 20 pays, démontre le retour de l’Occident à un modèle économique inégal, similaire à celui de la Belle Époque (1871-1914).

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