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Économie

Tirer profit de la demande refoulée

18 octobre 2010 | Camilla Cornell | Commenter

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Avec la récession, les consommateurs à l’échelle mondiale ont remis leurs achats à plus tard.

« Le consommateur moyen américain, en particulier, a traversé une période de désendettement, affirme Bob Sewell, directeur général de Bellweather Investment Management à Oakville, en Ontario. Il a battu en retraite et freiné ses dépenses afin d’augmenter son épargne et de rembourser ses dettes. »

Mais au fur et à mesure que le niveau d’emploi s’améliore au sud de la frontière, la confiance des consommateurs augmente alors que les conditions de crédit restent faciles. Cette conjoncture favorise l’achat de voitures et de biens durables, tels que des électroménagers, des appareils électroniques ou des meubles.

Selon Carlos Gomes, économiste principal et spécialiste de l’industrie automobile à la Banque Scotia, cette tendance est là pour rester.

« Il y a une importante demande refoulée, explique-t-il. Et non seulement y a-t-il une demande, mais les ménages américains ont en fait la capacité d’acheter. »

M. Gomes donne pour preuve le pourcentage de revenus disponibles nécessaire pour couvrir les frais d’intérêt liés aux dettes, à l’essence et au chauffage.

« En 2007 et 2008, il fallait environ 20 % du revenu disponible, affirme-t-il. Maintenant, ces dépenses n’en absorbent qu’environ 15 %. C’est le niveau le plus faible depuis la fin des années 90. Ça augure bien pour les dépenses de consommation. »

La demande automobile est plus viable

Les grands constructeurs automobiles en profitent déjà : Ford, Chrysler et GM ont publié d’excellents chiffres de ventes cette année.

« L’âge moyen du parc automobile américain est d’environ 12 ans, explique M. Gomes. Avant le ralentissement économique de 2007, il était de neuf ans. Les gens commencent à remplacer leurs vieilles bagnoles. »

M. Gomes estime que la demande se maintiendra. « La période de prévision actuelle s’étend jusqu’à 2014, alors selon nous, les ventes continueront d’augmenter cette année et la suivante, explique-t-il. Et lorsque nous compilerons les données pour 2015, plus tard dans l’année, nous verrons probablement une nouvelle augmentation. C’est une projection réaliste. »

Les clients peuvent profiter de cette croissance soit en investissant directement dans les constructeurs américains ou par l’intermédiaire des fabricants qui les fournissent en pièces (Magna International, Linamar Corp. et Martinrea International), ajoute Carlos Gomes.

Les constructeurs automobiles nord-américains offrent également une exposition aux marchés à forte croissance, comme la Chine, sans avoir à investir directement dans les titres chinois.

« Nous examinons entre autres la pénétration du marché, dit M. Gomes. Si on regarde les pays industrialisés du G7, on compte environ 600 véhicules pour 1 000 personnes. En Chine, c’est plutôt environ 70 véhicules pour 1 000 personnes. »

Si les niveaux de revenus actuels sont plus bas en Chine, « ils croissent rapidement, explique-t-il. Et au fur et à mesure que les revenus des ménages augmentent, la capacité à acheter une première voiture augmente elle aussi ».

GM, indique-t-il, est l’un des chefs de file du marché automobile chinois, et Ford est en train de renforcer son positionnement.

Les biens durables

Bob Sewell affirme que la demande pour les biens durables s’accroît elle aussi, particulièrement aux États-Unis, grâce à l’amélioration des perspectives d’emploi et au redressement des bilans financiers personnels qui sont maintenant meilleurs que ceux de leurs homologues canadiens.

Il y a également un lien solide à établir entre les dépenses en biens durables et l’achat de nouvelles maisons. Il remarque que les gens dépensent plus en biens durables, tels que des laveuses, des sécheuses, des réfrigérateurs et des appareils électroniques, lorsqu’ils acquièrent une maison, qu’elle soit neuve ou pas.

« Nous voyons de fortes tendances sur le marché de l’habitation américain et nous prévoyons qu’elles se maintiendront au cours de l’année à venir, avance M. Sewell. Nous remarquons également une tendance positive pour ce qui est des dépenses relatives aux véhicules de loisirs. »

Le titre de Bombardier Produits récréatifs est en forte croissance, explique-t-il, et les sociétés américaines du secteur des produits récréatifs, telles que Winnebago Industries, ont également bien performé. « Les dépenses dans les biens discrétionnaires tels que les produits récréatifs participent du même effet de richesse qui se répercute sur le secteur de l’habitation », explique-t-il.

Les investisseurs peuvent tirer parti de la tendance dans le secteur des biens durables en achetant des titres tels que Home Depot, Lowe’s, General Electric et Black and Decker, ou en investissant dans un FNB.

M. Sewell suggère le iShares Home Builder’s ETF (ITB), qui englobe les constructeurs immobiliers américains, ainsi que les sociétés spécialisées en rénovation résidentielle, telles que Home Depots, Lowe’s et Sherwin Williams, et le Vanguard Consumer Discretionary ETF (VCR), qui sont de bonnes façons d’acquérir des positions dans ce secteur.

Cela étant dit, il soutient qu’il peut être dangereux de trop se limiter. « Nous n’encourageons pas les gens à chercher à tout prix des FNB sectoriels, affirme-t-il. Le véritable avantage d’un FNB est d’offrir un éventail large de positions. »

Le marché canadien

La demande refoulée n’est pas aussi importante au Canada puisque le pays a réussi à éviter le pire du ralentissement et il a connu une croissance dynamique en 2009 et 2010, précise M. Sewell. « Les États-Unis commencent à se rattraper et le Canada, à ralentir. »

Si les consommateurs américains ont mis de l’ordre dans leurs finances personnelles en supprimant leurs dettes, les Canadiens, pour leur part, ont emprunté davantage. Et le marché de l’habitation canadien a ralenti, alors que celui des États-Unis se raffermit.

De ce fait, M. Sewell voit l’Amérique du Nord comme un seul grand marché. « Nous cherchons simplement les meilleures occasions, un secteur à la fois, explique-t-il. Lorsqu’on regarde les choses de cette façon, le Canada devient un élément beaucoup moins significatif du portefeuille. »

Les secteurs de l’énergie

  • La croissance économique nord-américaine devrait faire augmenter la demande énergétique, explique Bob Sewell, ce qui est une bonne nouvelle pour les sociétés d’énergie en général.
  • Mais les sociétés canadiennes qui ne font qu’extraire du pétrole du sol et qui essaient de le vendre sur le marché font face à deux problèmes. D’abord, la capacité des pipelines est insuffisante. Ensuite, les progrès technologiques, tels que la fracturation hydraulique, soulèvent la possibilité que l’Amérique du Nord puisse devenir autosuffisante.
  • « La demande s’accroîtra, mais l’approvisionnement augmente aussi, explique M. Sewell. L’équilibre entre l’offre et la demande devrait vraisemblablement contenir les prix dans une certaine mesure. »
  • Plus spécifiquement, il appert que Marie-Josée Gagnon connaissait les noms des détenteurs véritables des comptes appartenant officiellement à Dominion Investment;
  • C’est pour ces raisons que M. Sewell est favorable aux sociétés de pipelines, telles que Enbridge, ainsi qu’à de grands acteurs mondiaux comme Chevron, Royal Dutch, Shell et Exxon. Ils peuvent tirer profit de la croissance à l’interne, ainsi que de celle des marchés en expansion, comme l’Asie.;
  • « Ils peuvent vendre leur pétrole au cours du WTI et du Brent, explique-t-il. Ces géants obtiennent un juste prix pour leur pétrole. »

Camilla Cornell est rédactrice financière à Toronto.

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