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Épargne

Tout le monde ne vit pas jusqu’à 95 ans…

13 mai 2013 | La rédaction

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Les gens vivent plus longtemps et il serait irresponsable pour les conseillers de ne pas en tenir compte. Mais en appliquant à tous les clients des hypothèses de longévité trop prudentes, on exagère, croit le planificateur financier américain Michael Kitces. En faisant cela, on empêche des clients de profiter pleinement de leurs actifs, soutient-il.

M. Kitces faisait réagir récemment, en publiant ce message sur Twitter : « Je suis stupéfait du nombre de planificateurs financiers qui présument que TOUS leurs clients vivront jusqu’à 95 ans ou plus, alors qu’ils n’ont au mieux qu’un client qui atteint cet âge ». Michael Kitces est associé de la firme Pinnacle Advisory Group et il tient le populaire blogue « Nerd’s Eye View ». Il accordait récemment une interview au site Morningstar.ca.

« En planifiant jusqu’à 95 ans, on crée une probabilité écrasante que nos clients ne dépensent jamais la plus grande partie de leur patrimoine ni ne profitent de l’argent qu’ils ont passé leur vie à amasser », soutient le planificateur financier.

Ça serait en partie la responsabilité des conseillers si les clients ressentent la crainte de ne pas avoir assez d’argent jusqu’à leur décès. « Nous tendons à attiser pas mal cette peur et à mettre de l’huile sur le feu. En tant que professionnels, nous ne voulons en aucun cas que nos clients soient à court d’argent sous notre égide. […] Certains clients sont très inquiets de l’éventualité d’atteindre 100 ans, et nous pouvons les aider à planifier en conséquence. Mais c’est au client, et pas à nous, de décider de dépenser ou non une énorme part de leur patrimoine pour le restant de leur vie », dit M. Kitces.

À lire : Clients âgés : repenser sa stratégie

Pas si tranché
Une des erreurs que l’on ferait est d’avoir une approche « tout ou rien ». Il est légitime que les clients aient la peur de se retrouver « sans rien » à un âge avancé, mais cette peur n’est pas toujours réaliste. Par exemple, diminuer ses dépenses au fur à mesure que la retraite avance est un scénario plausible. « Une femme seule de 85 ans ne dépense pas son argent de la même manière qu’un couple de 62 ans en bonne santé. C’est tout simplement la réalité », soutient le planificateur financier. (…) Les gens ne profitent pas de leur train de vie à 100 % un jour, pour aller vivre dans la rue le lendemain. »

Des ajustements progressifs
La solution réside peut-être dans le fait d’envisager des ajustements au fur à mesure de l’évolution de la situation des clients. « Pourquoi sommes-nous si réticents à suggérer la possibilité de faire des ajustements en cours de route pour que nos clients maintiennent le cap? », demande M. Kitces dans son entrevue avec Morningstar.ca. « Il ne s’agit pas d’un gros ajustement en cours de route pour que les clients passent d’un taux de retrait de plus de 5 % à un de 4 %. C’est une diminution de 20 % de leur train de vie », détaille-t-il.

À lire : Aider les clients à faire la transition vers la retraite


 

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