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Un ancien ministre fédéral veut réduire le pouvoir des banques

2 juin 2016 | La rédaction | Commenter

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Paul Hellyer (Photo tirée de Facebook).

Paul Hellyer (Photo tirée de Facebook).

Pour mettre un frein au « monopole des banques » et « diluer la gigantesque dette actuelle », le gouvernement canadien doit injecter des centaines de milliards de dollars non empruntés dans l’économie. C’est la solution radicale proposée par les Canadiens Bank Reformers, un organisme qui milite pour une réforme majeure du système financier canadien.

Dans une lettre adressée au premier ministre Justin Trudeau, Paul Hellyer, ancien ministre canadien de la Défense nationale dans le cabinet de Lester B. Pearson et fondateur de l’organisme, affirme que « notre société semble refuser d’admettre que le système financier mondial ne fonctionne plus ». Les grands responsables de cet échec sont selon lui les banques, qui « ont réussi à s’arroger le monopole de la création d’argent ».

« En réalité, elles ne font que créer de la dette, qu’il faut ensuite rembourser avec tous les intérêts, écrit M. Hellyer. Le problème, c’est justement qu’elles ne génèrent pas l’argent qui permettrait de rembourser l’intérêt et le capital. Pas besoin d’être un génie des mathématiques pour comprendre que c’est une voie sans issue. Sans argent, l’économie ne peut pas tourner, mais pour en obtenir, la seule possibilité c’est d’emprunter et donc de creuser la dette. »

INSPIRÉ DE 1939

Pour l’élaboration d’une solution, Paul Hellyer s’est inspiré de l’approche adoptée en 1939, alors que la Banque du Canada « a imprimé et a accordé des prêts importants pour un coût quasi nul ». Selon l’ancien ministre, ce système a permis de financer les grands projets d’infrastructure des années 1940 et 1950.

« Ces nouvelles liquidités ont été placées dans les banques où elles se sont transformées en  » monnaie centrale « , les réserves qui ont permis aux banques de jouer le rôle pour lequel elles ont été créées. La fonction de création monétaire était véritablement partagée et c’est cette situation qu’il faut absolument rétablir », écrit-il.

CESSER L’EMPRUNT

Bien que M. Hellyer appuie les investissements annoncés par le gouvernement libéral pour relancer l’économie du pays, il soutient « que l’emprunt ne saurait être l’option privilégiée ».

La solution avancée par l’organisme consiste plutôt à partager équitablement la création monétaire entre l’État et les banques privées par l’instauration d’un « contrat social entre le gouvernement et le peuple canadien », puisque c’est ce dernier qui est « le titulaire du brevet de la création monétaire ».

Concrètement, ce plan prévoirait une provision de 150 milliards de dollars par année pendant sept ans, répartis à parts égales entre Ottawa et les provinces. Selon Paul Hellyer, cela permettrait de réinjecter dans l’économie canadienne une somme équivalente à celle perdue en impôts affectés au paiement d’intérêts inutiles.

Au bout de sept ans, la fonction de création monétaire serait partagée à raison de 34 % pour le gouvernement et 66 % pour les banques privées, un ratio qui permettrait aux deux parties de remplir leurs fonctions légitimes respectives, soutient M. Hellyer.

Paul Hellyer affirme enfin « qu’il reste suffisamment de temps pour mettre ce plan en œuvre avant le congé d’été et donner à l’économie canadienne sa plus forte impulsion depuis 1939 ».

Aujourd’hui âgé de 92 ans, l’ancien homme politique est l’auteur de plusieurs ouvrages sur les politiques monétaires et la mondialisation. Il a également fait parler de lui plusieurs fois dans les années 2000 pour avoir soutenu que les ovnis existaient.

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