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Un rapport divulgue les détails concernant la fraude de Jérôme Kerviel

26 mai 2008 | Commenter

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Le rapport interne de la Société générale publié récemment implique dans la fraude les supérieurs directs de Jérôme Kerviel, le courtier qui a fait perdre plus de 7 milliards de dollars à la banque française au début de 2008.

« La fraude a été facilitée et sa détection retardée par les faiblesses de la supervision du courtier, indique le rapport. La hiérarchie du courtier, qui constituait le premier niveau de contrôle, s’est avérée défaillante. Le superviseur immédiat manquait d’expérience du trading et n’a pas été suffisamment encadré dans ses nouvelles fonctions. »

L’identité du supérieur immédiat susmentionné n’a pas encore été révélée, mais on écarte l’hypothèse d’une complicité avec Jérôme Kerviel. Pour ce qui est du superviseur de ce supérieur, « il n’a pas procédé à une revue adéquate des activités du courtier, ni réagi aux alertes qui lui auraient permis d’identifier les positions dissimulées », révèle le rapport de l’Inspection générale de la banque, réalisé par une quarantaine d’enquêteurs avec l’aide du cabinet PricewaterhouseCooppers Audit.

Le rapport interne ne mentionne rien sur les sanctions à l’égard de ces deux cadres, mais parle plutôt des mesures prises et à prendre pour intensifier la sécurité des opérations bancaires à l’interne. Selon le document, un assistant de Kerviel aurait aussi effectué des opérations longues frauduleuses pour lui. L’assistant, dont on tait l’identité, aurait été entendu comme témoin assisté durant l’instruction judiciaire en cours.

Historique
Juillet 2005 : Jérôme Kerviel commence à prendre des positions longues. Il construit une position directionnelle d’une dizaine de millions d’euros sur le titre Allianz. D’abord longue, cette position devient courte le 21 juillet. « C’est autour de cette date qu’apparaissent les premières opérations fictives visant à masquer les positions et le résultat », indique le rapport.

2006 : Alors que le courtier commence à prendre des positions dissimulées sur les contrats de futures Dax, les positions frauduleuses s’élèvent à 218 millions de dollars.

Fin février 2007 : La position de Kerviel passe à près de 4 milliards de dollars.

Fin de mars 2007 : La position frôle les 8,7 milliards.

Lorsque ses supérieurs le questionnent sur les messages d’alertes reçus à son égard, Jérôme Kerviel fournit de fausses explications et de faux documents, dont des courriels, selon le rapport interne.

19 juillet 2007 : Kerviel atteint un premier pic d’environ 50 milliards de dollars sur les futures Dax, avant que la position ne soit coupée, puis reconstituée dès septembre.

31 décembre 2007 : Les positions sur indices deviennent nulles.

De 2006 à 2007 : Le résultat devient six fois plus élevé, équivalant à 59 % de celui du desk Delta One de la Société générale. Kerviel se classe 15e meilleur courtier sur 143, même si son activité de courtier du front office en charge de prendre des positions sur des indices de contrats à terme ne peut expliquer ses résultats, précise le rapport.

Début de 2008 : Le courtier de 31 ans reprend ses activités douteuses. Sa position longue de futures sur indices atteint 77 milliards de dollars. En découle une perte totale dépassant 7 milliards de dollars le 18 janvier, jour de la découverte de la fraude.

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