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Un réseau de manipulations boursières démantelé

9 décembre 2009 | Commenter

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Une quinzaine de perquisitions ont été menées dans la région du grand Montréal et des Laurentides par les policiers de l’Equipe intégrée de la police des marchés financiers (EIPMF), mardi, afin de démanteler un réseau criminel spécialisé en manipulations boursières frauduleuses. Plus de 120 policiers ont participé à l’opération.
 
En conférence de presse, Dominique Landry, responsable de l’enquête à la Gendarmerie royale du Canada (GRC), a indiqué que l’opération, nommée « Carrefour », qui a été amorcée en 2008, devrait mener à l’arrestation de 16 personnes.
 
Sans indiquer le montant de la fraude, elle a précisé qu’il pourrait potentiellement y avoir plus d’un millier de victimes.

L’organisation criminelle recrutait des détenteurs de comptes d’épargne enregistrés, notamment par l’entremise de petites annonces de certains journaux et par Internet.
Ces annonces faisaient état de la possibilité d’encaisser un montant équivalent à environ 40% de la valeur de son compte enregistré. Le réseau demandait surtout aux futures victimes de transférer leur régime enregistré d’épargne-retraite (REER), leur compte de retraite immobilisé (CRI) ou leur fonds de revenu viager (FRV) vers des comptes enregistrés autogérés.
Une fois cette étape terminée, les victimes devaient transmettre des renseignements personnels, comme des codes d’accès du compte de courtage et des mots de passe, afin de permettre à une tierce personne d’administrer les comptes autogérés.
L’objectif du réseau consistait à rehausser la valeur des actions de diverses sociétés. Lorsque le prix de l’action atteignait un plafond suffisamment élevé, les auteurs de cette arnaque revendaient leurs propres actions pour en soutirer un profit, laissant ainsi les victimes avec un compte de placement vidé.

Les fraudeurs faisaient miroiter aux investisseurs des gains en argent liquide, des taux de rendement plus élevés que ceux offerts sur le marché ou encore l’octroi de prêts personnels, rapporte le site web des nouvelles de Radio-Canada. « Une fois que les fraudeurs prenaient le contrôle des titres, ils les utilisaient pour effectuer des manipulations boursières, a expliqué Dominique Landry de la GRC. Afin de leurrer les investisseurs, les fraudeurs avaient recours au pump and dump », c’est-à-dire qu’ils gonflaient artificiellement les valeurs des titres et en faisaient notamment la promotion par de faux communiqués de presse.

Mme Landry de la GRC invite la population à faire preuve de vigilance avant de répondre à des annonces offrant la possibilité d’obtenir de l’argent rapidement et facilement, puisqu’il pourrait s’agir d’autres propositions frauduleuses.

L’EIPMF est partie intégrante du Programme de l’intégrité financière de la GRC et est composée de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), de la Sûreté du Québec, de l’Autorité des marchés financiers et des Services des poursuites pénales du Canada.

Avec La Presse Canadienne

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