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Baisse économique

Une autre année de marché difficile?

27 septembre 2013 | Sylvain B. Tremblay | Commenter

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Q
ue s’est-il passé sur les marchés financiers depuis le début de cette année et comment devrait-on aborder le sujet avec nos clients?

Commençons par une mise en situation avec les faits saillants au 30 juin 2013 :

  • La Réserve fédérale américaine a surpris les marchés financiers à la suite de ses réunions du 1er mai et du 19 juin, laissant maintenant entrevoir que le programme d’assouplissement quantitatif pourrait être diminué, voire même arrêté, vers la fin de 2013 ou au début de 2014.
  • Le marché obligataire a vivement réagi puisque le taux 10 ans des obligations du Trésor américain est passé de 1,85 % au 31 mars à 2,50 % au 30 juin. Au Canada, la hausse du taux des obligations du gouvernement du Canada échéant dans 10 ans est de 0,57 %, portant celui-ci à 2,44 % au 30 juin. Le marché obligataire a réalisé un rendement de -2,36 %.
  • Les actions canadiennes affichent un rendement négatif de 4,08 % au deuxième trimestre, entraînées à la baisse par le secteur des matières premières. Il faut remonter à septembre 2008 pour voir les deux marchés (actions et obligations) afficher un rendement négatif au cours du même trimestre.
  • Le dollar canadien s’est déprécié de 3,50 % au cours du deuxième trimestre pour clôturer à 1,0512 $ CA/1 $ US. La vigueur du dollar américain et la baisse du prix des matières premières expliquent cette baisse.
  • Seules les actions étrangères ont offert un rendement positif étant donné la force du marché américain jumelée à la faiblesse du dollar canadien.

Les marchés financiers sont sujets à des fluctuations de plus en plus fréquentes et d’ampleur de plus en plus importante. Comme la liste de ces affirmations au 30 juin 2013 en fait état, nous naviguons depuis quelques années en eaux troubles et nous ne sommes, semble-t-il, pas sortis de l’auberge. Ces constats m’amènent à vous parler de l’importance de mettre en place et de suivre un plan à long terme avec vos clients.

Sylvain B. Tremblay

Le marché obligataire

S’il existe un marché sur lequel l’incertitude règne en ce moment, c’est bien celui des titres de créance. En effet, ce dernier étant soumis aux lois de la fluctuation des taux d’intérêt, il pourrait finir l’année 2013 sur une note négative.…Triste nouvelle pour l’épargnant émotif qui s’est réfugié dans cette catégorie d’actif ou qui a tout simplement augmenté sa pondération en obligations par souci de protection de son capital au lieu de suivre le plan initial et de s’en tenir à sa politique de placements à long terme. Pire encore pour celui qui a plutôt opté pour un portefeuille obligataire à plus longue durée (la perte en contexte de hausse des taux étant directement proportionnelle à la durée du portefeuille). Devrait-il réaliser sa perte, tourner le dos à cette catégorie d’actif et opter pour le marché des titres de participation?

Les actions canadiennes

L’indice phare canadien (S&P/TSX) a amorcé l’année 2013 sur une bien mauvaise note en comparaison de son pendant américain et même européen. Il enregistre en effet une piètre performance se traduisant par une perte de 0,88 % pour les six premiers mois de l’année. Notre épargnant émotif pourrait facilement sombrer dans le découragement et choisir de quitter la route principale pour emprunter un sentier secondaire et ainsi s’égarer. Combien de fois avons-nous vécu cette situation par le passé? Quitter ou réduire la catégorie d’actif qui a sous-performé pour augmenter celle qui a surperformé? Ce n’est pas nécessairement la décision du siècle.…

Les actions mondiales

L’indice des marchés mondiaux a récemment réalisé une performance hors du commun, mené en particulier par le marché américain. À lui seul, ce dernier a enregistré une progression de 6,5 % au second trimestre, évoluant de niveau record en niveau record. Tentant pour l’épargnant émotif.… Pourquoi donc ne pas miser toutes ses billes sur ces marchés plutôt que de suivre le plan initial? Bien malin celui qui connaît la réponse à cette question.

C’est dans de pareilles circonstances que l’accès à un conseiller chevronné revêt une importance toute particulière. Soyez à l’écoute de vos clients et ramenez-les à la stratégie de base.

À la lumière de ces informations, l’épargnant émotif sera tenté d’explorer d’autres stratégies et aisément succomber aux modes que ce genre de contexte engendre. Pire encore, il pourra tomber entre les mains d’un bandit de grand chemin, alors qu’il aurait tout avantage à rester fidèle à son plan d’origine.…En effet, un randonneur sans instrument a beaucoup plus de chances de se perdre sur un sentier accidenté que sur un sentier mieux dégagé. Quand on se concentre sur son prochain pas, on en oublie souvent sa destination.

L’importance d’établir un plan financier à moyen et long terme et d’y greffer une politique de placement appropriée vient du fait que, comme certains l’expérimentent à leurs dépens, le placement idéal à fort rendement et sans risque n’existe pas. L’épargnant émotif doit toujours composer avec le compromis et idéalement s’éloigner de la décision de placement. Soyez disponibles et proactifs.

Comme le disait si bien Platon, tenez-vous-en à votre plan…


Sylvain B. Tremblay, Adm.A., Pl. Fin., vice-président, Gestion privée, Optimum Gestion de placements inc.

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