A A A
Justice

Une vieille faute revient hanter un conseiller

31 mai 2016 | La rédaction | Commenter

  • commenter
  • envoyer
  • imprimer

Justice GavelLa Chambre de la sécurité financière (CSF) radie pour un mois le conseiller en sécurité financière Christian Lachance pour une faute commise il y a dix ans, a-t-elle annoncé lundi par voie de communiqué.

Le comité de discipline de la CSF lui impose aussi une amende de 6 000 $.

UN PLACEMENT QUI NE CONVIENT PAS

En janvier 2006, Christian Lachance vend à une cliente un prêt placement de 10 000 $ auprès de la Banque Manuvie pour financer l’acquisition de fonds distincts.

À l’époque, la plaignante ne touche comme revenu que 80 % d’un salaire annuel de 18 000 $. Elle n’a aucun autre placement ni REER et rembourse un emprunt de 13 000 $ contracté en 2003 pour l’achat d’une voiture. Dès le début, elle peine à payer les intérêts mensuels de 50 $ sur le prêt placement. En 2008, elle retire une partie de son investissement afin de payer la réparation de sa voiture. Elle rachète finalement le placement en 2011.

Après avoir versé pendant cinq ans environ 3 000 $ d’intérêts, la plaignante n’a récupéré que près de 850 $. Elle a cumulé une perte de plus de 2 000 $, ce qui représente plus de 10 % de ses revenus annuels, souligne le comité de discipline dans sa décision.

Ce dernier rappelle que de nombreuses décisions passées montrent que le prêt investissement est un produit s’adressant à une clientèle souvent fortunée, ce qui ne correspond pas du tout au profil de la plaignante.

MAUVAISE ANALYSE DES BESOINS FINANCIERS

C’est là où le bât blesse. Le conseiller n’a pas recueilli tous les renseignements pour procéder à une analyse complète et conforme des besoins financiers de la plaignante, ainsi que de son profil d’investisseur. Celui-ci a d’ailleurs été signé le 26 janvier 2006, soit plus de dix jours après la transaction.

Le comité de discipline souligne d’autant plus cette erreur que le conseiller avait plus de sept ans d’expérience au moment des faits. Il n’accuse pas le conseiller de malhonnêteté, puisqu’il n’a pas tiré d’avantage manifeste de cette transaction, mais lui reproche sa négligence.

En 2007 et 2008, Christian Lachance s’était engagé à suivre un cours en déontologie, ainsi qu’un cours de base en assurance à la suite d’une autre décision du comité de discipline concernant encore une fois un problème d’analyse des besoins financiers.

La rédaction vous recommande :

Loading comments, please wait.