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Vers un retour en grâce de la titrisation en Europe?

22 avril 2014 | La rédaction | Commenter

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Pour aider les banques à en finir une fois pour toutes avec la crise financière, Jacques de Larosière propose une méthode qui, de l’avis de plusieurs experts, est loin d’être sans risque, rapporte Reuters.

Directeur du groupe de réflexion européen Eurofi, l’ex-directeur général du Fonds monétaire international(FMI) propose que les établissements financiers aient recours à un système de titrisation des crédits montés avant la crise de 2008 et devenus, depuis, un fardeau dans leurs bilans.

Selon Jacques de Larosière, ces titres seraient destinés à une clientèle d’assureurs, de fonds de pension, voire à la Banque centrale européenne (BCE). Et ce mécanisme inciterait les banques, une fois délestées de leur « boulet », à prêter à des petites et moyennes entreprises en quête de crédits.

Un tel projet pourrait jouer un rôle crucial si la BCE était autorisée à racheter de telles valeurs mobilières, estime-t-il, car « cela donnerait de l’air à un secteur financier qui suffoque ».

Une bonne solution pour certains…

Le procédé a ses adeptes. Ainsi, rappelle Reuters, la Commission européenne a annoncé le mois dernier qu’elle assouplirait la réglementation pour permettre aux assureurs et aux fonds de pension d’investir dans des créances titrisées.

De son côté, Michel Barnier, commissaire européen chargé du secteur financier, a déclaré qu’il allait réduire le montant du capital que les investisseurs sont tenus de constituer pour compenser les pertes éventuelles sur ce genre de placements.

Pour venir à bout de la mauvaise image accolée à la titrisation depuis la crise financière, il faudra que les titres soient « très bons, bien notés et simples à comprendre », avertit Jacques de Larosière.

… une mauvaise pour d’autres

Malgré tout, nombre de spécialistes demeurent circonspects. Ils continuent en effet d’associer la titrisation à la crise des subprimes, ces crédits hypothécaires étasuniens à risque dont la reconversion en titres négociables avait précipité la crise.

Pervenche Berès, ex-présidente de la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, se dit par exemple « très sceptique » quant au fait qu’il existe une « bonne titrisation ».

Toutefois, le désir de faire repartir une économie européenne au ralenti pourrait l’emporter sur les soucis liés aux risques, estime Reuters.

D’autant que, comme le rappelle Graham Bishop, économiste et conseiller auprès de la Commission européenne, les entreprises du Vieux Continent ont plus besoin que jamais de leurs banques, car la finance est au cœur de l’économie, « surtout aux niveaux d’endettement actuels ».

À lire : La titrisation n’est pas morte

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