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Immobilier

Vers une nouvelle guerre des taux hypothécaires?

19 mars 2015 | La rédaction | Commenter

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La Banque de Montréal a annoncé mardi qu’elle réduisait immédiatement son taux d’intérêt hypothécaire fixe de cinq ans à 2,79 %, contre 2,99 % précédemment.

La Banque TD lui a emboîté le pas quelques heures plus tard et, selon les observateurs, les autres institutions financières devraient suivre le mouvement pour être concurrentielles à l’approche de la saison printanière du marché immobilier.

« J’imagine que nous observerons certaines formes de promotions sur les taux de la part des autres prêteurs », a estimé Steve Pipkey, cofondateur de Spin Mortgage. Celui-ci et d’autres spécialistes notent cependant que les grands prêteurs au pays offraient déjà discrètement des taux de 2,79 %, voire moins, à certains de leurs meilleurs clients.

« Opération médiatique »

De son côté, Robert McLister, fondateur de RateSpy.com, affirme que les consommateurs ayant de bons dossiers de crédit peuvent aller à leur succursale bancaire et négocier un taux plus faible que ceux qui sont officiellement annoncés.

« Si vous avez un peu de talent de négociateur, vous pouvez déjà obtenir ce taux », explique-t-il, qualifiant l’offre de la Banque de Montréal d’« opération médiatique ».

Cette baisse de taux hypothécaire survient alors que certains experts s’inquiètent du niveau d’endettement des ménages canadiens et de la surchauffe que connaissent plusieurs marchés immobiliers, notamment à Toronto et Vancouver.

Taux d’endettement record

Ainsi, le prix moyen d’une maison détachée à Toronto et à Vancouver a dépassé cette année le cap du million de dollars. Et entre-temps, le ratio de la dette au revenu disponible des ménages au pays a atteint le nouveau sommet de 163,3 % au quatrième trimestre 2014.

Le Fonds monétaire international a lui aussi soulevé certaines questions au sujet de la surchauffe du marché de l’habitation et du niveau d’endettement des Canadiens dans un récent rapport.

Éditrice de RateSupermarket.ca, Penelope Graham relève pour sa part qu’il s’agit de la troisième année consécutive où la Banque de Montréal présente une offre hypothécaire spéciale juste à temps pour la saison clé du printemps.

« Rester dans la concurrence »

« Entre nous, nous appelons cela le miracle BMO de mars, parce que c’est toujours en mars qu’ils arrivent avec ces offres vraiment dynamiques », commente-t-elle.

« Nous pourrions voir certains des plus grands prêteurs répondre à ce que la BMO fait, poursuit-elle. Mais ils tentent de protéger leurs marges de profit, parce qu’ils n’ont pas beaucoup de possibilités de manœuvre. Nous parlons de très faibles taux. Peut-être que les grandes banques préféreront réduire leurs taux partiellement, simplement pour rester dans la concurrence. »

Il y a quelques jours, l’Association canadienne de l’immeuble avait réduit ses prévisions pour les ventes d’habitations en 2015. Selon elle, l’impact du plongeon des prix du pétrole sur la confiance des consommateurs dans certaines provinces devrait faire reculer les ventes de 1,1 % cette année, à 475 700 unités dans l’ensemble du pays.

Les Norvégiens obligés de rembourser leurs prêts?

Aux prises avec des ménages endettés à hauteur de 2,3 fois leur revenu disponible et les prix des maisons qui s’envolent, la Norvège étudie différentes pistes pour tenter d’endiguer le boom immobilier qui menace son économie, rapporte Le Figaro.

Et pour y parvenir, l’autorité de surveillance financière envisage d’obliger les habitants de ce petit pays scandinave à rembourser chaque année au moins 2,5 % de leurs prêts immobiliers, du moins lorsque l’emprunt représente plus de 65 % du bien.

120 % d’augmentation en 12 ans

Elle pourrait aussi durcir les conditions de prêt, explique Le Figaro, en relevant de 5 % à 6 % le niveau de taux d’intérêt que les particuliers doivent pouvoir payer dans les simulations effectuées par les banques.

En Norvège, les prix de l’immobilier ont plus que doublé (+120 %) depuis 2003. Et durant la seule année 2014, ils ont grimpé de 8,7 % tandis que la dette des ménages s’accroissait de 6,2 %.


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