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Vue sur la Chambre avec Luc Labelle

27 octobre 2014 | Yves Bonneau | Commenter

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Sur les 15 années de la jeune histoire de la Chambre de la sécurité financière, Luc Labelle en a vécu près des deux tiers à la tête de l’organisme d’autoréglementation québécois.

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Pour la direction de la Chambre, il y a une question au coeur de son existence: « Quelle est la valeur de l’autoréglementation ? » C’est ce questionnement quasi-quotidien qui constitue aussi le secret du succès de la CSF. Pendant longtemps, Luc Labelle dit avoir observé que toutes les parties prenantes gravitant autour de la Chambre avaient quelque chose à exiger de cette dernière: les membres, le public, le gouvernement, l’AMF, etc. Mais comme il le rappelle souvent au cours de l’entretien, la force de la Chambre tient à ses membres, aux comités et au conseil d’administration.

« Tout cet édifice fait en sorte que nous sommes proches de la pratique. Nous n’imposons pas de règles ou de directives qui soient déconnectées de leur réalité. Un régulateur peut être parfois plus loin de la pratique concrète. Pas nous. La valeur de l’autoréglementation tient à cette proximité que nous avons avec nos membres, même si ce n’est jamais acquis, que c’est exigeant, il y a peu de marge d’erreur parce que les conseillers nous donnent le pouls de l’industrie », s’enthousiasme Luc Labelle.

Cet environnement exigeant fait la force de la Chambre et l’oblige à être rigoureuse dans toutes les facettes de ses activités, comme la formation continue ou ses propres finances. « La CSF a la meilleure productivité par rapport aux coûts de tous les organismes d’autoréglementation ou de réglementation au Canada », souligne fièrement M. Labelle. D’ailleurs, l’augmentation de 22% de la cotisation des membres il y a trois ans a été utilisée essentiellement pour répondre à une simple question: Comment l’organisme peut-il aider ses membres ?

Comme l’explique Luc Labelle, « cet exercice a permis d’accoucher d’initiatives très appréciées par les conseillers, comme le site Internet Info-Déonto, le cours obligatoire sur la conformité (qui a obtenu une note de 94% quant à sa pertinence auprès des usagers – son coût: 35$ !), et d’une panoplie d’outils utiles à nos membres. Ultimement, lorsqu’on aide nos membres à mieux comprendre leurs obligations, on fait aussi dans la protection du public. Nous nous sommes entourés d’une équipe de gestionnaires qui abat un boulot phénoménal. Je suis fier de tout ce travail accompli avec mes directeurs, avec le conseil qui nous a fait confiance au fil des ans, avec la vice-présidente, Me Marie Elaine Farley, dont le rôle a grandi au sein de notre organisation. Toute cette dynamique fait en sorte que la Chambre est innovatrice et c’est une source de fierté pour tous. »

Au chapitre de l’innovation, il insiste pour dire que la CSF a été le premier organisme de réglementation au pays à rendre les UFC obligatoires en conformité. Parce que, encore une fois, cela aide le praticien et c’est en cohérence avec la protection du public. Et ce n’est pas fini, car la Chambre travaille à mettre sur pied des comités de pratique professionnelle qui seront opérationnels sous peu « pour être encore plus en phase avec les besoins des membres ». Tout cela est le fruit de l’écoute active, comme l’affirme le chef de la direction de la Chambre.

La séparation du volet associatif de celui de la protection du public est un grand moment de gouvernance qu’il faut aussi souligner dans le parcours de l’organisme. La Corpo est un moyen que les sections régionales de la Chambre se sont donné pour poursuivre leurs activités et voir aux intérêts et besoins de leurs membres. M.Labelle croit que tout est en place pour en faire une réussite; ainsi, c’est la mission de la Chambre et la façon dont elle s’en acquitte qui deviendra l’unique préoccupation du dirigeant et du conseil d’administration.

« Comme je le rappelle souvent aux membres que je croise dans mes fonctions, ce qui fait de vous des professionnels, ce ne sont pas seulement vos diplômes. Ce qui fait que vous êtes considérés comme des professionnels, c’est que des règles touchent spécifiquement votre pratique et qu’un organisme, la Chambre, vous permet d’encadrer cette pratique entre pairs, dans un contexte d’autoréglementation. »

« Quinze ans, c’est encore jeune pour un organisme comme le nôtre, mais ce que nous avons réalisé, le leadership dont nous avons fait preuve, tout cela est très impressionnant. Nos audits montrent que nous sommes perçus comme un interlocuteur compétent et crédible, la suite ne peut être que stimulante ! », conclut Luc Labelle.

Notre dossier sur les 15 ans de la CSF :

Ce texte est paru dans l’édition d’octobre 2014 de Conseiller. Cliquez ici pour consulter l’ensemble du numéro.

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