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Wall Street éclaboussé par un nouveau scandale financier

3 août 2015 | La rédaction | Commenter

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Wall Street n’en finit pas de défrayer la chronique judiciaire : après les affaires du Forex et du Libor, plusieurs grandes banques new-yorkaises sont aujourd’hui soupçonnées d’un nouveau scandale financier impliquant les obligations, rapportent Les Échos.

D’après le quotidien économique français, une vingtaine d’établissements se seraient ainsi enrichis en manipulant les « treasuries » américains pendant au moins cinq ans, entre 2007 et 2012.

PRIX DES OBLIGATIONS GONFLÉ

La plupart des grands noms de la finance américaine figurent au banc des accusés, dont Goldman Sachs, JP Morgan, Merrill Lynch et Citigroup, sans oublier quelques poids lourds européens comme Deutsche Bank et UBS.

La plainte qui vise toutes ces institutions financières émane d’un fonds de pension, gestionnaire des retraites des fonctionnaires de la ville de Boston, qui les accuse de s’être échangées des informations confidentielles sur leurs clients et d’avoir aligné leurs stratégies de trading.

Ils auraient par exemple gonflé le prix des obligations vendues sur le marché « gris », c’est-à-dire avant leur adjudication officielle, dans le but de le réduire artificiellement, ce qui leur aurait permis d’empocher une importante plus-value.

DES INVESTISSEURS FLOUÉS

En outre, ils auraient abusé de leur position de négociants principaux (primary dealers), qui les autorisaient à traiter directement avec la Réserve fédérale.

De leur côté, les investisseurs privés s’estiment floués, car ils jugent avoir acheté ces obligations trop cher, tandis que les entreprises et les collectivités locales dénoncent le fait qu’elles ont payé des taux d’intérêt trop élevés sur leur propre dette.

« Une manipulation des taux du Trésor, même mineure, peut entraîner des conséquences énormes », explique dans Les Échos Michael Stocker, associé du cabinet d’avocats Labaton Sucharow, qui représente le fonds de retraite de Boston à l’origine de la plainte.

LE SCANDALE DU LIBOR

Ce dernier a observé d’importantes variations entre les prix du marché gris et ceux d’adjudication en décembre 2012, « variations qui se sont sensiblement réduites lorsque la justice américaine a commencé à enquêter sur une manipulation présumée du taux interbancaire de référence Libor », précise le quotidien français.

Selon le fonds de retraite, l’explication la plus probable est que « les prévenus ont senti le vent du boulet lié au Libor » et qu’ils ont alors « cessé de manipuler le marché des obligations, craignant eux aussi d’être poursuivis ».


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