A A A

Blogues

Jean Dupriez / Appelons un chat, un chat

Appelons un chat, un chat | Jean Dupriez

Y a-t-il un pilote dans l’avion?

23 novembre 2015 | Commenter

ACCAP, AMF, RACQ, BAC, FCAIQ, OAAQ, RCGQ, IARD, ACAC, IIROC, OICV, CDPSF, LDPSF, CCRRA, CSF, CFIQ, FCP, APCSF, ADVOCIS, RCCAQ, IFIQ, OCRCVM, NHV, CVMO, OAR, CISFC, IFB, ACCVM, OAP, CSI, IQPF, SEC, CSC, ACCFM, ABC, FAIR, CPI, CPA, BDR, PQAP, ACVM,…

Ces 41 acronymes, que je mentionne sans ordre de préférence, sont apparus dans les nombreux bulletins papier ou électroniques que j’ai reçus ces derniers mois. Les organismes qu’ils représentent ont parlé ou fait parler d’eux dans le cadre de la révision projetée de la loi 188 – Loi sur la distribution de produits et services financiers – ou LDPSF pour les intimes.

Plus de 300 mémoires ont ainsi été adressés au ministre des Finances du Québec. J’en ai lu plusieurs extraits ainsi que des commentaires et analyses publiés par les journaux, magazines et bulletins électroniques.

Ces lectures provoquent en moi une grande tristesse. La pauvreté de ces mémoires est immense… Pauvreté d’esprit, pauvreté d’orientation, absence de vision globale, narcissisme de la grenouille qui veut se faire plus grosse que le bœuf! Ces documents prétendent défendre, bien sûr, l’intérêt du public, mais, en fait, la plupart semblent ne parler que de l’intérêt de leurs auteurs, de leurs paroisses et de leurs clochers.

Ils sont cependant tous d’accord pour déclarer le surnombre d’OAR et la nécessité de simplifier. Ils sont tous d’accord pour proclamer qu’il faut réduire ce nombre… à condition que ce soit d’autres qu’eux-mêmes qui disparaissent.

Que ferais-je donc si j’étais le ministre des Finances ou le président de l’AMF? Je commencerais par séparer le bon grain de l’ivraie.

Pour cela, je demanderais à mes hauts fonctionnaires et à mes conseillers de trier ces beaux papiers en deux tas :

1) Les mémoires d’organismes ou d’individus qui ne visent que leur autosurvie ou le statu quo;

2) Les mémoires qui proposent des suggestions qui pourraient être utiles d’une part à la protection du public et d’autre part à un fonctionnement plus simple, plus efficace et moins coûteux du système de surveillance de la distribution des produits et services financiers.

Ensuite, le premier tas, je le jetterais à la poubelle. Quant au second, assez mince sans doute, je l’étudierais avec attention pour en extraire les idées utiles pour l’amélioration de la profession de « conseiller financier » dans un esprit de protection du public.

Mais avant cela, je ferais un autre travail, un travail préliminaire à tout le reste : je définirais le problème!

En effet, nous nous trouvons devant un problème de conception générale d’organisation d’une distribution de produits : rôle des intervenants (fabricants de produits, intermédiaires, clients), niveaux de formation et de compétences, déontologie, titres professionnels, canaux de communication… Le tout doit être repensé, que dis-je, complètement revu, dans une vision d’ensemble des fonctions de chacun, le tout dans un langage compréhensible pour les clients.

Pour cela, je me ferais aider par des cerveaux pensants et indépendants plutôt que par les bouches combattantes des institutions financières et réglementaires.

Des cerveaux pensants et indépendants, cela existe! Qui cherche trouve!

Les opinions exprimées dans les blogues n'engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de Conseiller.ca.
  • commenter
  • envoyer
  • imprimer
Loading comments, please wait.

Les articles...

Rogers médias numériques