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Vers un krach boursier en 2018?

8 janvier 2018 | La rédaction | Commenter

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bourse_portefeuille_actions_425Après un bon cru 2017 pour l’économie mondiale, certains analystes craignent une chute des marchés cette année, notamment en raison du prix élevé des actions, rapporte Le Monde.

« Jusqu’à quand les marchés boursiers peuvent-ils monter et établir des records? » s’interroge le quotidien français. Celui-ci note qu’en 2017, l’indice MSCI monde, qui couvre 47 pays, a progressé de 22 %, soit sa plus forte hausse en huit ans, ce qui a conduit plusieurs observateurs à « évoquer le spectre d’un possible krach en 2018 ».

Mais faut-il vraiment croire à ces sombres pronostics? se demande le journal. Pas sûr, répond-il, car « en matière de Bourse, l’inquiétude n’est pas toujours bonne conseillère ». La preuve? En août 2015, la Bourse de Shanghaï avait perdu 8,5 % en une seule journée, entraînant dans sa chute les places européennes et américaines, et jusqu’aux valeurs technologiques les plus connues, comme Google, qui avait reculé de 11 % en une semaine. Pourtant, les investisseurs qui avaient cédé à la panique s’étaient trompés puisque, depuis, le cours de la multinationale du web a gagné environ 75 %.

GARE À LA CHERTÉ ACTUELLE DES ACTIONS

L’un des principaux arguments avancés par les tenants d’un krach prochain tient dans la cherté actuelle des actions, résumée par le niveau aujourd’hui très élevé du PER dit « de Shiller », du nom de son inventeur, un professeur américain d’économie de l’Université de Yale, dans le Connecticut. Cet indicateur, « qui rapporte le cours actuel des actions à la moyenne des bénéfices réalisés sur 10 ans », affiche en effet un score de 32,6, alors que sa moyenne de long terme est de 16,8.

Le Monde estime néanmoins que cet outil ne semble pas être très fiable pour prévoir les chutes boursières, puisqu’il était par exemple proche de la moyenne lors du krach de 1987. Surtout, explique le journal, le PER de Shiller « est tourné vers le passé, alors que le marché s’intéresse plutôt à l’évolution future des bénéfices des entreprises, qui connaissent aujourd’hui une dynamique satisfaisante ».

Dans ces conditions, poursuit-il, quels sont donc les facteurs annonciateurs d’un marché baissier? Selon Paul Jackson, directeur de la recherche à Invesco PowerShares, une façon de les identifier consiste par exemple à passer au crible le cours des actions américaines sur plus d’un siècle. « Depuis 1914, on dénombre 27 années de baisse. Dans huit cas sur 10, elles sont liées à un conflit armé majeur. Les autres indicateurs le plus souvent associés à une baisse des actions (six fois sur 10) sont une récession et une hausse du chômage », détaille l’analyste.

LA CROISSANCE TIRÉE PAR LA CHINE ET PAR L’INDE

Si Le Monde juge qu’« il n’y a pas vraiment de signaux permettant de prédire la survenue prochaine d’une récession », il ajoute cependant qu’on doit scruter ce qui se passe du côté des États-Unis, en phase d’expansion depuis plus de huit ans. « Pour l’heure, les indicateurs restent au vert, notamment en qui concerne les enquêtes de confiance des consommateurs et des entreprises, qui permettent de déterminer ce à quoi l’environnement économique pourrait ressembler dans les mois à venir », écrit le journal. En novembre dernier, l’indice de confiance NFIB des petites entreprises américaines a par ailleurs atteint son plus haut niveau depuis 34 ans.

Une autre raison de se montrer optimiste pour 2018, c’est que la Chine « restera un moteur essentiel » de l’économie mondiale, avec une croissance réelle de 6 %, selon Eric Winograd, économiste à AllianceBernstein. Interrogé par le quotidien, celui-ci prévoit que ce taux de progression devrait représenter « presque un point de croissance mondiale ». De même, l’Inde devrait elle aussi jouer un rôle important de « catalyseur de croissance », avec une augmentation anticipée de son produit intérieur brut de 6,7 % cette année. Résultat : AllianceBernstein mise sur une stabilité de la croissance mondiale à 3 % au cours des 12 prochains mois, comparativement à 3,1 % l’an dernier.

Ces bonnes perspectives ne signifient pas forcément que tout se passera bien en 2018, nuance cependant Le Monde. En effet, prévient-il, « les banques centrales vont continuer à préparer les investisseurs à la fin de leurs mesures exceptionnelles » au cours des prochains mois. Par conséquent, « la volatilité des marchés pourrait alors revenir et leur parcours devrait être plus heurté, notamment au deuxième semestre ».

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