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Appliquer la cotisation déterminée aux soins de santé

12 juillet 2017 | La rédaction | Commenter

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changement_choix_direction_decisionQu’est-ce qui attend les régimes de soins de santé dans les 40 prochaines années ? Joe Nunes, président d’Actuarial Solutions, a partagé sa vision de l’avenir sur Small Biz Advisor.

Je vois une tendance inévitable : le passage d’une approche de prestations déterminées à une approche de cotisation déterminée. Je m’attends à ce que cette tendance reflète les développements du secteur de la retraite qui ont eu lieu au cours des 30 dernières années.

Trois principales raisons ont mené à l’exode vers les régimes de retraite à cotisation déterminée : la frustration de l’employeur devant l’imprévisibilité des coûts ; le désir des employés d’avoir davantage de pouvoir et de choix quant à leurs fonds de retraite ; les demandes pour une compensation équitable, qui se traduit souvent par des cotisations en dollars plutôt que par des prestations de revenu.

Si nous examinons les avantages sociaux en santé, que voyons-nous ? Les employeurs éprouvent la même frustration devant les coûts imprévisibles et les employés veulent plus de choix quant aux types d’avantages sociaux qui leur sont offerts. Les comptes de dépenses en soins de santé se sont avérés un moyen de répondre à cette demande et constituent une option qui rend les employeurs responsables des coûts.

Mais est-ce juste ?

ALLER AU-DELÀ DE LA RÈGLE DES 80/20

Les régimes de soins de santé suivent souvent la règle des 80/20, selon laquelle 80 % des dollars vont à 20 % des employés. Quand je me suis joint à Mercer, dans les années 1980, nous avions un régime traditionnel. Ceux d’entre nous qui commençaient leur carrière savaient que leur utilisation du régime était inférieure à la moyenne. Mais nous avons compris que, un jour, nous serions plus âgés, peut-être mariés et parents d’enfants, que nous serions moins en santé et aurions besoin de soins dentaires poussés. Notre régime de soins de santé serait là pour répondre à nos besoins supérieurs à la moyenne à ce moment-là. Cela me semblait juste.

Mais à mesure que nous devenons mieux informés sur les questions de santé, nous comprenons qu’attendre d’être malade avant d’aller voir le médecin ou le pharmacien ne constitue pas la meilleure stratégie. Au contraire, nous savons maintenant qu’il peut y avoir de la valeur dans les soins chiropratiques et les massages thérapeutiques, par exemple. Nous savons qu’une carte de membre au gym ou un tapis roulant peuvent entraîner des résultats maintes fois supérieurs à la valeur de l’investissement.

Alors, comment ces investissements s’inscrivent-ils dans un régime de soins de santé traditionnel et qui paiera ? Les employeurs progressistes ont essayé ces dernières décennies de faire valoir les bienfaits de cultiver le mieux-être. En même temps, bon nombre de ces employeurs restent étranglés par la hausse des coûts et des demandes de prestations. Il y a maintenant une pression sur eux : réduire le soutien paramédical afin de pouvoir gérer les coûts. Mais est-ce que nous voulons supprimer cela ?

Après avoir observé la transition vers des régimes à cotisation déterminée dans le monde des régimes de retraite au cours de ma carrière, je pense que nous verrons la même transition dans les soins de santé. Les employés veulent du pouvoir et du choix, alors que les employeurs recherchent la prévisibilité des coûts. Ils trouveront tous deux ce qu’ils cherchent dans une formule à cotisation déterminée. L’assurance en excédent de pertes les aidera à se protéger contre la catastrophe.

Alors, pourquoi est-ce si long ?

DÉCISIONS DIFFICILES EN VUE

Si ce mariage évident de la gestion des coûts de l’employeur et du choix des employés a été bon pour les régimes de retraite, pourquoi n’en sommes-nous pas déjà là avec les prestations de soins de santé ? La principale réponse : ces 20 % d’employés qui utilisent la plupart des dollars. Il s’agit souvent d’employés permanents tenant des rôles clés dans une organisation. Les employeurs sont souvent réticents à s’aventurer sur ce terrain, et la main-d’œuvre, elle, n’exige pas encore massivement l’équité.

Pour que cette transition fonctionne, il faut prendre des décisions difficiles afin de déterminer qui seront les gagnants et les perdants. Contrairement aux régimes de retraite, où la perte est moins apparente compte tenu de l’incertitude future concernant le travail, la retraite, la mortalité et les investissements, si les gens ne peuvent pas se permettre financièrement les médicaments qu’ils utilisent depuis des années, ils remarqueront le changement immédiatement.

Ainsi, la transition commencera lentement, tout comme cela a été le cas avec les régimes de retraite. Quelques employeurs courageux – probablement de petites entreprises – ouvriront la voie. Au fil du temps, plus d’entreprises suivront et, en fin de compte, les plus grandes s’y convertiront quand elles constateront que tout le monde l’a fait. À suivre.

Ce texte a initialement été publié par Small Biz Advisor. Traduction et adaptation par Caroline Fortin.

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