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Bourse : quand faut-il faire le saut?

2 mai 2018 | La rédaction | Commenter

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bourse_portefeuille_actions_425Au Canada, les premiers appels à l’épargne (PAPE) étaient en hausse en 2017 et devraient aussi se multiplier en 2018, selon PwC. Mais comme le rappelle Jeffrey Hayzlett sur Entrepreneur, entrer en Bourse comprend son lot de pour et de contre qu’il faut savoir peser afin de prendre une bonne décision.

Bien sûr, devenir une société cotée en Bourse permet d’attirer du capital et de nouveaux investisseurs et d’accroître la notoriété de l’entreprise. Pourtant, si l’on fait exception de 2017, le nombre de PAPE a eu tendance à baisser fortement depuis dix ans. En 2016, on en recensait seulement huit au pays, dont trois à la Bourse de Toronto. Au total, la valeur de ces PAPE s’élevait à seulement 464 millions de dollars.

UNE QUESTION D’ARGENT

Pourquoi les PAPE ont-ils été si peu populaires au cours des dernières années?

Parce que plusieurs startups n’y trouvent tout simplement pas leur compte, avance Jeffrey Hayzlett. Elles n’ont pas besoin de cet argent, puisque leurs collectes de fonds privées leur fournissent un capital suffisant.

De plus, être présent en Bourse coûte cher en raison des coûts de conformité et frais liés à la divulgation des résultats. Entrer au NASDAQ, par exemple, coûte 50 000 dollars américains (64 482 $CA) si l’entreprise émet un total de titres valant moins de 15 millions de dollars (19,34 M $CA), ou 75 000 dollars (96 722 $CA) si la valeur totale des actions dépasse ce montant, sans compter les frais de 5 000 dollars (6 448 $CA) pour la seule demande.

Et ce n’est pas fini. Pour rester en Bourse, ces montants doivent être déboursés annuellement :

  • 42 000 dollars américains (54 165 $CA) pour des émetteurs dont la valeur totale des actions est de 10 millions de dollars  (12,9 M $CA) ou moins;
  • 55 000 dollars (70 930 $CA) si la valeur des titres se situe entre 10 et 50 millions de dollars (entre 12,9 M et 64,5 M $CA);
  • 75 000 dollars (96 722 $CA) si celle-ci dépasse 50 millions de dollars (64,5 M $CA).

Les coûts sont encore plus élevés à la Bourse de New York (NYSE).

DES AVANTAGES ET DES INCONVÉNIENTS

Entrer en Bourse comporte cependant certains avantages :

  • Cela permet d’aller chercher beaucoup de capital pour financer la croissance;
  • Les fonds générés par la vente et l’achat d’actions peuvent notamment servir à financer des acquisitions.
  • C’est une bonne occasion de systématiser la gestion de l’entreprise.

Le chroniqueur souligne aussi deux désavantages principaux. L’ensemble des documents à remplir et des règles à observer peut vite devenir lourd et coûteux et doit inclure les transactions de titres effectuées par les dirigeants et administrateurs de l’entreprise. Par ailleurs, il faut beaucoup de temps et d’énergie pour garantir des circonstances favorables dans les mois précédant une entrée en Bourse afin d’assurer son succès. C’est du temps qui n’est plus consacré à la gestion de l’entreprise comme telle.

UNE DÉCISION STRATÉGIQUE

Certains entrepreneurs préféreront donc rester du côté du privé. Cela permet aux fondateurs et aux dirigeants de garder un contrôle total des salaires qu’ils se versent. Ils peuvent aussi choisir qui devient propriétaire d’actions de l’entreprise, en plus de conserver la mainmise sur la stratégie d’affaires. Ils n’ont pas à se soucier des attentes des analystes et des investisseurs.

Par contre, au privé, on ne dispose pas des leviers que sont les options d’achat d’actions et un fort capital pour offrir des salaires plus élevés et attirer les meilleurs talents. Cela restreint aussi la liquidité des titres pour les investisseurs, car les options de vente sont plus limitées.

La décision d’entrer en Bourse ou pas reste donc très stratégique pour les propriétaires d’entreprise et dépend surtout de leur besoin en capital.

En 2017, 38 entreprises ont fait un premier appel à l’épargne au Canada, une très forte augmentation par rapport aux années précédentes, rapporte BNN Bloomberg. Au total, ces émissions ont permis de lever 5,1 milliards de dollars, dont 2,02 G$ dans le secteur de l’énergie et 947,3 M$ dans celui des mines, toujours selon BNN Bloomberg. Des compagnies comme Canada Goose, Jamieson Wellness et Roots se sont laissées tenter, indique Deloitte. Un phénomène que la firme comptable explique par la bonne performance du marché des actions au pays, conjuguée à une faible volatilité. Les investisseurs institutionnels et les épargnants seraient aussi à la recherche de sociétés cotées dans de nouveaux secteurs, dans un marché canadien dominé par les services financiers et les ressources.

Vos clients suivront-ils cette voie?

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