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Baisse économique

En danger, le capital de risque canadien?

3 juin 2015 | La rédaction | Commenter

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« Il faut sauver les marchés canadiens de capital de risque avant qu’il ne soit trop tard. » C’est l’appel que lance Ian C. W. Russell, président et chef de la direction de l’Association canadienne du commerce des valeurs mobilières (ACCVM), aux différents acteurs du milieu. Actuellement, six problèmes multifactoriels affecteraient les activités de financement et de négociation du marché.  

Nécessaires à la croissance du secteur industriel canadien, particulièrement pour les chefs de file mondiaux, notamment le secteur minier, qui compte plus de 1 200 entreprises inscrites à la Bourse de croissance TSX, les marchés canadiens de capital de risque vivent présentement une période trouble, selon M. Russell.

Selon lui, les PME risquent d’en souffrir. Plus précisément, le Canada risque actuellement de perdre son « marché renommé » de capital-risque visant les PME.

Pour étayer son propos, il cite l’existence de différentes mesures étrangères visant à instaurer des marchés de capitaux de risque dynamiques et liquides destinées aux PME. Lesquelles? Le projet européen d’union des marchés de capitaux et deux initiatives américaines, soit la loi sur les emplois (Jobs Act) et le programme de la Securities and Exchange Commission (SEC)dont l’objectif est d’intéresser les investisseurs aux titres à plus faible capitalisation.

Un diagnostic en six points

« La recherche de solutions commence par le diagnostic du problème, écrit M. Russell. Les mauvaises conditions économiques et des marchés de ressources naturelles anémiques n’expliquent pas tout. L’insouciance n’est pas une réponse. »

Selon lui, le secteur souffre actuellement des 6 problèmes suivants :

  1. le changement démographique, qui voit les investisseurs plus âgés préférer les portefeuilles à faible risque aux titres spéculatifs pour cause de dividendes et de revenus stables;
  2. le durcissement des normes de convenance, qui démotive les investisseurs en négligeant de faire la distinction entre titres spéculatifs et portefeuilles spéculatifs;
  3. la baisse de l’intérêt des investisseurs institutionnels, qui ne se contentent plus de rendements minimums et se tournent alors vers les titres étrangers;
  4. les changements structurels des marchés, ayant occasionné une hausse des coûts de transaction et des frais de courtage;
  5. l’avantage concurrentiel réglementaire sur le marché dispensé, peu réglementé et dont tirent profit les courtiers;
  6. la hausse du nombre d’interventions des capital-risqueurs qui soutiennent les émetteurs viables en phase de démarrage, une réalité qui permet à ces derniers de « retarder leur inscription en Bourse à un stade plus avancé de leur développement ou d’éviter l’inscription en Bourse si une plus grande entreprise en fait l’acquisition. »
  2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
Transactions (G$) 45,0 23,8 16,1 34,4 42,5 23,6 13,3 15,3
Financements (G$) 11,1 5,5 5,5 9,8 10,1 6,0 3,8 5,2
Nouvelles inscriptions 273 233 107 185 216 161 76 56
Source : S&P, ACCVM


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