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La revanche du mentorat

9 novembre 2016 | Pierre-Luc Trudel | Commenter

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equipe_conseillers_jeunes_ages_generation_mentor_femme_homme_425Le mentorat n’a pas toujours été valorisé dans le milieu entrepreneurial, où l’autonomie et le libre arbitre sont des valeurs dominantes. Les perceptions ont toutefois évolué.

« Il y a une dizaine d’années, les entrepreneurs qui avaient des mentors essayaient de le cacher, c’était mal vu », raconte Michel Auger, président régional de Montréal du Réseau M.

Mais aujourd’hui, le mentorat est au contraire très à la mode chez les jeunes entrepreneurs, soutient-il.

Ceux-ci sont en effet nombreux à vouloir être accompagnés dans le développement de leur entreprise. Réseau M compte environ 3 600 gens d’affaires épaulés par près de 1 600 mentors dans l’ensemble du Québec. Les mentors bénévoles du programme sont tous des entrepreneurs ou des ex-entrepreneurs d’expérience.

« On ne fait pas de la consultation, mais du partage d’expérience. Le but du mentor n’est pas de donner aux entrepreneurs toutes les réponses à leurs questions, même s’il les connaît, mais de leur fournir les outils pour qu’ils puissent les trouver par eux-mêmes. On travaille sur la démarche », explique M. Auger.

En somme, le programme vise à développer le « savoir-être » chez les entrepreneurs plutôt que le « savoir-faire ». D’ailleurs, Réseau M prend bien soin de ne pas jumeler un mentor et un entrepreneur actifs dans le même secteur.

« Ça évite de tomber dans le piège d’un mentorat trop axé sur des questions spécifiques et techniques », soutient Michel Auger.

PROBLÈME DE RELÈVE, VRAIMENT?

Alors que de nombreux entrepreneurs baby-boomers s’apprêtent à prendre leur retraite, le Québec inc. s’inquiète d’une éventuelle vague de fermetures de PME incapables de trouver de la relève. Un constat mis en doute par Michel Auger.

« C’est effectivement ce que les statistiques disent, mais sur le terrain, c’est tout le contraire qu’on observe. Tous ceux qui veulent vendre leur entreprise y arrivent », constate-t-il.

Il affirme qu’à l’heure actuelle, les repreneurs sont même plus nombreux que les cédants, qui « ne veulent pas lâcher le morceau ».

« On a de plus en plus de demandes de mentorat pour des transferts d’entreprises », affirme M. Auger. Le changement de perception à l’égard de la reprise d’entreprise y est sans doute pour quelque chose.

Il existe effectivement une catégorie d’entrepreneurs, bien représentée dans les écoles de gestion, plus intéressée à reprendre les rênes d’une entreprise pour l’amener à un niveau supérieur que de partir de zéro.

« Dans quelques années, il y aura peut-être trop de cédants pour le nombre de repreneurs, mais ce n’est pas du tout ce que j’observe en ce moment », soutient Michel Auger.

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