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L’avenir de l’entrepreneuriat se trouve-t-il en régions?

6 mai 2015 | La rédaction | Commenter

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Et si la croissance de la PME au Québec passait par les régions, voire par la ruralité? Au vu des résultats de l’Indice entrepreneurial québécois 2015, impossible d’en douter : il se passe quelque chose du côté des petites villes et villages, alors qu’une grande volonté de se lancer en affaires anime des milliers de Québécois. Et puisque là où il y a volonté, il y a possibilité, le nombre de PME est appelé à croître, à l’instar de la clientèle de tout conseiller avisé.     

Cette vaste enquête, intitulée Entreprendre : partout pareil au Québec?, contient une mine de renseignements et de statistiques permettant de dégager un portrait actuel et futur de l’activité économique des petites et moyennes entreprises, si importante au tissu socioéconomique québécois.

Menée par la Fondation de l’entrepreneurship et présentée par la Caisse de dépôt et placement du Québec, en partenariat avec HEC Montréal, l’étude tire plusieurs conclusions, dont plusieurs sont susceptibles de changer la donne au cours des prochaines années.

On apprend ainsi que :

  • les habitants des villages et petites villes manifestent une volonté d’entreprendre supérieure à ceux des grands centres urbains;
  • la reprise d’entreprise demeure l’option favorite pour plusieurs d’entre eux, soit 32,5 % des sondés des petites villes et 36,5 % des villages. Le rachat est aussi très considéré dans les petites villes (17,1 %).
  • la création d’une nouvelle entreprise est, quant à elle, envisagée par 87,2 % des habitants des villes moyennes, un taux supérieur à la moyenne provinciale de 71,1 %;
  • les moyennes pour la province en termes de dynamisme entrepreneurial se détaillent comme suit : intentions (20,1 %), démarches (10,2 %), propriétaires (7,9 %), fermetures (12,3 %).

Entreprendre en région : une priorité

À ce sujet, les chiffres sont forts éloquents : 69,4 % souhaitent créer ou reprendre une entreprise dans leur région résidentielle. Des données précisent que les sondés de la Montérégie et des Laurentides désirent davantage entreprendre dans leurs régions, affichant respectivement des taux d’intention de 82,2 % et de 81,2 %.

S’exiler serait une option considérée surtout par les répondants des régions de la Côte-Nord (24,4 %) et de Lanaudière (18,8 %).

Une passion pour les affaires

Qu’est-ce qui les motive? Le désir d’accomplissement et le besoin d’indépendance, plus que la nécessité de travailler ou « de sortir de la précarité », selon l’enquête. Une réalité redevable, entre autres, au dynamisme des jeunes de 18 à 34 ans. Être son propre patron serait perçu par un tiers des répondants (et presque les trois quarts de ceux ayant déjà des intentions) comme la situation idéale de carrière.

Cette fibre entrepreneuriale, sans être héréditaire, pourrait se transmettre au sein de la cellule familiale. L’étude confirme ainsi qu’au Québec, provenir d’un milieu entrepreneurial multiplie par deux les possibilités d’être tenté de se lancer en affaires (34 % par rapport à 17 %). Pour les régions de l’Abitibi-Témiscamingue et du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le taux de probabilité est triplé.

Quel est le meilleur moment pour se lancer? Pour bon nombre de Québécois, c’est l’identification d’une opportunité d’affaires qui permettrait de passer de l’intention à l’acte. Suivent l’augmentation des compétences personnelles (25,2 %) et la présence d’un mentor (18,3 %).

En l’absence d’une bonne occasion, 52,7 % des répondants se donneraient moins de trois ans pour devenir entrepreneurs. Les plus déterminés proviennent de la Mauricie (71,9 %), du Centre-du-Québec (67,7 %) et de Laval (61,2 %).

Financer son rêve de PME

Plusieurs obstacles se dressent sur le chemin menant à l’entrepreneuriat. L’étude évoque le manque d’argent (32,9 %), suivi par le fait d’être aux études (10,2 %) et le manque de temps (9,5 %) comme principaux obstacles à surmonter.

Des disparités sont toutefois observables à cet égard. Si le manque de fonds constitue l’obstacle principal pour les sondés du Bas-Saint-Laurent (49,8 %), de Chaudière-Appalaches (48,8 %) et de l’Outaouais (47,4 %), il en va autrement pour d’autres régions.

Par exemple, les répondants du Centre-du-Québec (32,1 %) et de Montréal (21,9 %) identifient le fait d’être aux études plus important que de se lancer en affaires. En Montérégie (22,3 %) et au Saguenay (16,9 %), le manque de temps est perçu comme un empêchement majeur à l’entrepreneuriat.

Autre conclusion de l’étude : 26,7 % des sondés en processus de démarchage ne nécessiteraient que 5 000 $ pour lancer leur entreprise. Seulement 20 % des répondants auraient besoin d’investissements de plus de 100 000 $. Cette catégorie de projet serait surtout envisagée dans les régions de Chaudière-Appalaches (45,3 %) et de Lanaudière (31,6 %).

Au chapitre du financement, les démarcheurs entendent recourir à leurs économies personnelles (50,1 %), aux prêts bancaires (32,3 %) et à leur entourage (13,9 %).

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