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Les entrepreneurs canadiens ont la mine basse

2 mai 2018 | La rédaction | Commenter

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53957330 - businessman having stress in the officeLe Baromètre des affaires de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), qui mesure le niveau de confiance des propriétaires de petites et moyennes entreprises (PME) du Canada, a atteint en avril son troisième plus bas niveau depuis une dizaine d’années.

L’indice national s’est établi à 56,6. Il n’avait pas été aussi faible depuis le début de 2016. Le niveau de confiance des entrepreneurs canadiens est à peine plus élevé que lors de la crise financière de 2008-2009 et l’effondrement des prix de l’énergie en 2015-2016, peut-on lire dans le document de la FCEI.

BAISSE GÉNÉRALISÉE

Mesurant les attentes des entrepreneurs quant à leurs résultats des 12 prochains moins, l’indice recule dans toutes les provinces et dans 11 secteurs sur 13. Seuls les transports (+5,1) et l’agriculture (+2,2) montrent un degré de confiance en hausse. Les services aux entreprises (-7,7), l’hébergement et la restauration (-4,5) et la construction (-4,3) affichent les plus fortes baisses.

C’est au Québec que l’on retrouve les propriétaires de PME les plus enthousiastes. À 68,7, l’indice se trouve dans la zone indiquant une économie à son plein potentiel de croissance, comme celui de la Nouvelle-Écosse (67,9) et de l’Île-du-Prince-Édouard (65,3).

L’indice a tout de même baissé de 3,9 points au Québec, la quatrième plus forte diminution parmi les provinces. Les chutes les plus marquées se situent en Saskatchewan (-7,4), en Nouvelle-Écosse (-7,1) et en Colombie-Britannique (-4,5).

Les indices de l’Ontario, de la Saskatchewan et de l’Alberta restent par ailleurs assez faibles, peinant à dépasser le chiffre fatidique de 50. Un indice sous 50 signifie que plus de la moitié des entrepreneurs d’une province s’attendent à ce que leurs résultats diminuent dans les douze prochains mois comparativement aux douze précédents.

PÉNURIE DE MAIN-D’ŒUVRE

Par ailleurs, 38 % des répondants soutiennent que la pénurie de main-d’œuvre qualifiée limite leurs ventes ou l’augmentation de leur production. Quelque 22 % souffrent d’une pénurie de main-d’œuvre non qualifiée. Pas moins d’un répondant sur cinq entend embaucher du personnel à temps plein au cours du prochain mois et 14 % comptent plutôt faire des mises à pied.

« Les plans d’embauche sont faibles pour cette période de l’année, quoique les perspectives des chefs de PME à l’égard de la santé générale de leur entreprise, de leurs plans d’investissement et des carnets de commandes restent stables », a relevé Simon Gaudreault, directeur des affaires économiques à la FCEI, par voie de communiqué.

Les participants au sondage ont évoqué d’autres limites à leur croissance, telles qu’une demande intérieure insuffisante (28 %), les problèmes de compétences en gestion et les contraintes de temps (28 %), le manque de fonds de roulement (20 %) et le manque d’espace (19 %).

NUAGE PASSAGER?

La FCEI ne précise pas quelle est la raison de cette baisse de confiance, mais la Banque Nationale, quant à elle, affirme dans son Hebdo économique du 27 avril que les réformes fiscales américaines pourraient expliquer en partie la baisse de compétitivité des entreprises canadiennes, en plus des incertitudes entourant l’ALENA. Prévoyant un dénouement rapide dans ce dernier cas, la Banque Nationale croit que la confiance des entrepreneurs canadiens pourrait repartir à la hausse.

Les résultats du Baromètre des affaires d’avril 2018 s’appuient sur 740 réponses recueillies auprès d’un échantillon aléatoire stratifié de membres de la FCEI dans le cadre d’un sondage par Internet à accès contrôlé.
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