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Les femmes PDG dans la mire d’investisseurs?

9 août 2017 | La rédaction | Commenter

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femme_idee_travail_425Les femmes PDG sont-elles moins performantes que les hommes ou sont-elles la cible injustifiée de certains investisseurs en quête de rendement rapide

C’est la question que posent Les Echos devant le départ récent de nombreuses dirigeantes de grandes entreprises américaines. Plusieurs ont en effet dû abandonner leurs fonctions sous la pression de groupe d’investisseurs activistes, « des départs qui interpellent, alors que seulement 5 % des entreprises du S&P 500 sont dirigées par des femmes », relève le quotidien économique français.

Le problème de la place des femmes à la direction des compagnies a été relancée par le récent limogeage d’Irene Rosenfeld et de Sheri MacCoy, respectivement PDG de Mondelez et d’Avon Products. Et il survient alors que la Silicon Valley vient de se faire épingler pour son manque de diversité et son sexisme, note également l’Agence France-Presse.

« LE GENRE EST UN ÉLÉMENT TRÈS IMPORTANT »

Ces deux événements ont mis en lumière « les pressions des financiers sur les rares femmes à la tête de multinationales et porte un coup aux efforts pour diversifier les états-majors des entreprises », souligne l’AFP. Une étude publiée l’an dernier aux États-Unis sur l’attitude des principaux fonds d’investissement par rapport au sexe des dirigeants de grands groupes américains apporte du grain à moudre à cette théorie, ajoute l’agence de presse.

Pour cette enquête, Christine Shropshire, professeure à l’université d’Arizona, a scruté à la loupe les demandes des investisseurs dits « activistes » effectuées entre 2003 et 2013 auprès des hautes directions de ces grands groupes. Et ses résultats sont sans appel, indique la chercheuse à l’AFP.

« De tous les facteurs que nous avons examinés […] le genre est un élément très important et significatif. […] Nous avons pris deux entreprises de taille similaire avec les mêmes performances financières et avons observé que celle qui a nommé une femme PDG a été attaquée de façon disproportionnée après sa nomination », souligne-t-elle.

Les financiers perçoivent les femmes patronnes comme étant des personnes « faibles et ayant moins confiance en elles », ajoute l’universitaire.

PLUS SOUVENT ÉVINCÉES DU POUVOIR

Une étude publiée en 2013 par le cabinet PwC a également montré que la probabilité que des femmes PDG soient évincées après 10 années de pouvoir est supérieure à celle de leurs homologues masculins, soit 38 % contre 27 %, respectivement, observe l’AFP.

« Dans la plupart des cas, leur performance n’est pas mise en cause », souligne l’agence. En Bourse, les actions des entreprises dirigées par des femmes ont en effet affiché des rendements annuels de 25 % depuis 2009, contre 11 % pour l’indice boursier MSCI World, d’après une récente étude de Nordea Bank AB. Cette dernière a analysé la performance de quelque 11 000 sociétés dans 27 pays industrialisés, précise l’agence de presse.

Accusé par certains acteurs du milieu d’avoir obtenu la tête de plusieurs femmes PDG, l’activiste Nelson Peltz, qui dirige le fonds Trian Partners, nie pourtant tout sexisme. « Trian est un investisseur pour qui le genre ne compte pas et qui cherche à investir dans des entreprises cotées de grande qualité affichant de mauvaises performances », a expliqué une porte-parole du groupe à l’AFP.

Des 28 campagnes lancées contre des PDG par Trian depuis sa création en 2005, seules trois visent des entreprises dirigées par des femmes, soit 10,7 %. Autrement dit, plus de 89 % ont été engagées contre des patrons hommes, nuance l’agence de presse.

Il existe néanmoins « une perception réelle chez certaines personnes que les PDG femmes sont ciblées de façon disproportionnée », affirme à l’AFP Dan Zacchei, codirigeant de la firme Sloane & Company, un cabinet spécialisé en conseil des investisseurs et des entreprises. Selon lui, les financiers devraient prendre garde à ne pas se forger une réputation de sexisme, car cela risque de leur aliéner les médias et plusieurs investisseurs.

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