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Les limites du sociofinancement

16 août 2017 | La rédaction | Commenter

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rendements_social_financier_ethique_vert_planter_pots_argent_425x283Face aux grandes difficultés qu’elles vivent pour obtenir des capitaux, les PME sont de plus en plus nombreuses à placer leurs espoirs dans le financement participatif. Mais s’agit-il vraiment d’une bonne solution?

« Si le financement participatif connaît une croissance fulgurante, il reste toutefois un phénomène marginal et ne représente qu’environ 1 % du volume global de tous les financements traditionnels dans l’ensemble de l’économie », tempère Carl-Alexandre Robyn, fondateur du cabinet belge Valoro Fundraising, spécialisé en évaluation de startups et dans la conception d’outils de collecte de fonds.

Dans un texte d’opinion, l’auteur du livre Crowdfunding : la face obscure du rêve, affirme que le financement participatif ne doit pas être considéré comme une solution de remplacement au financement bancaire traditionnel, mais bien comme une nouvelle option qui s’ajoute à celles déjà existantes.

Cette dernière s’intéresse généralement à un marché délaissé par les banques : les projets jugés trop petits ou trop risqués. En ce sens, elle est donc complémentaire au financement traditionnel. Cela dit, en raison de certaines aventures malheureuses, les plateformes de prêts cherchent de plus en plus à présenter uniquement des entreprises en bonne santé économique. « Or, ces entreprises ont déjà un accès favorisé auprès des organismes de crédit. Ce ne sont pas à ces entreprises qu’il faut porter secours. On se trompe de cible », soutient Carl-Alexandre Robyn.

LE « LOVE MONEY » AMÉLIORÉ

Selon de nombreuses études récentes citées par M. Robyn, l’essentiel des sommes obtenues grâce à des campagnes de sociofinancement proviennent des proches de l’initiateur du projet, soit la famille, les amis et les connaissances. Sur certaines plateformes, seuls 10 % des projets sont financés par le grand public ou des mécènes inconnus. Plus qu’une révolution dans le financement des PME, le financement participatif est donc davantage une version améliorée du love money (l’argent en provenance de proches), estime l’auteur.

Bref, Carl-Alexandre Robyn est d’avis que le financement participatif ne révolutionnera en rien le système de financement des entreprises et que les prêteurs traditionnels n’ont pas à s’inquiéter pour leur avenir.

Sur les médias sociaux, certains lecteurs ont toutefois critiqué le fait que l’auteur n’ait pas fait de distinction entre les différentes catégories de sociofinancement (don avec contrepartie, investissement en capital, etc.) et qu’il ait passé sous silence les vertus en matière de communication des campagnes de financement participatif.

UNE OPTION PEU UTILISÉE

Les conclusions de M. Robyn rejoignent toutefois celles de Dan Kelly, président de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI). Il expliquait à La Presse Canadienne en 2013 que malgré la montée du sociofinancement, la majorité des PME nécessiteront du financement de sources traditionnelles comme les banques.

« Je crois que cela continuera de prendre de l’ampleur, mais que cela demeurera une source de financement très marginale pour les petites entreprises », dit-il. Selon un sondage de la FCEI réalisé à l’automne 2016, seulement 0,1 % des propriétaires de PME au Canada ont recours au financement participatif.

Dans un billet de blogue, Gilles Séguin, associé et avocat chez BCF Avocats d’affaires, souligne néanmoins que le financement participatif « assure une plus grande visibilité des sociétés en phase de démarrage et facilite, à moindre coût, le processus du financement ».

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