ConseillerPME

Les PME confrontées à des vents contraires

Publié par La rédaction le 11 octobre 2017

content_malheureux_triste_heureux_425De nombreux bouleversements économiques tels que des taux d’intérêt plus élevés, un dollar canadien plus fort et des changements fiscaux ont eu raison de l’optimisme des PME au pays.

Neuf ans après le début du présent cycle économique, les PME montrent non seulement des signes de fatigue et font état d’une confiance amoindrie, mais elles sont également confrontées à de nombreux vents contraires, selon un rapport de Marchés des capitaux CIBC.

Alors que les PME ont été les pionnières de la reprise économique en générant des emplois à un rythme plus rapide que les grandes entreprises, la tendance s’est maintenant inversée. Dotées de positions de trésorerie et de niveaux de dettes sains, les grandes sociétés dépassent désormais les PME en matière de rythme de création d’emplois. Malgré l’absence de signaux d’alarme importants pour les sociétés canadiennes, le rapport indique qu’un examen plus attentif révèle des signes précurseurs de fragilité.

CHUTE BRUTALE DU NIVEAU DE CONFIANCE

Le niveau de confiance des PME a chuté brutalement au cours des derniers mois, pavant la voie à une détérioration des données économiques au cours du second semestre de l’année. Et cette diminution de la confiance apparaît dans la dynamique de l’embauche dans le milieu des PME, « puisque l’embauche au sein des PME ralentit et que la proportion des emplois qu’elles détiennent est en décroissance », indique le rapport.

« Au cours des deux dernières années, le rythme de création d’emplois des PME a représenté la moitié de celui des grandes sociétés », mentionne Benjamin Tal, économiste en chef adjoint de la Banque CIBC.

Les marges bénéficiaires, qui se situent tout juste en deçà de 7 %, sont pour leur part conformes aux données présentées dans la deuxième moitié des deux dernières périodes de croissance, mais cette fois, elles ont bénéficié de coûts unitaires de main-d’œuvre plus bas, ce qui reflète en partie les salaires qui demeurent stagnants pendant une plus grande partie du cycle que ce que prévoient les modèles classiques.

DES PME PLUS « AGÉES »

Une bonne nouvelle se dégage tout de même du rapport de CIBC : le taux de sortie des PME a connu une tendance à la baisse, ce qui suggère que les entreprises survivent plus longtemps. Cette bonne nouvelle en cache toutefois de moins bonnes. Les données montrent une diminution du nombre de nouvelles entreprises, ainsi qu’une augmentation de l’âge moyen des PME.

« La croissance de l’âge moyen des PME a pour effet de réduire le dynamisme et le potentiel de croissance de tout le secteur, où que nous en soyons dans le cycle », commente M. Tal.

LES SECRETS DES PME QUI RÉUSSISSENT

Le rapport a identifié trois facteurs qui entraînent le succès des PME : la sous-traitance, une orientation vers l’exportation et l’offre d’une plus vaste gamme de produits et services.

« Cette conclusion suggère que les propriétaires de petites entreprises sont en mesure de s’adapter à un marché en pleine évolution en modifiant leur gamme de produits ou de services, dit M. Tal. Au bout du compte, la clé du succès se trouve dans le modèle d’affaires et la capacité de s’adapter à des conditions de marché changeantes ».

Le rapport souligne finalement que le succès en affaires ne dépend pas de ce qui motive le propriétaire à lancer son entreprise, comme une mise à pied ou la nécessité de trouver du travail, ou encore le fait d’être passionné par un concept d’affaires.

Les 25-39 ans, champions des exportations

Près des trois quarts (72 %) des jeunes propriétaires de PME canadiennes âgés de 25 à 39 ans exportent des biens et services et près de la moitié d’entre eux ont commencé à accorder une plus grande importance à la croissance internationale dans les cinq dernières années, selon un autre sondage de la Banque CIBC.

À titre comparatif, seulement 60 % des entrepreneurs âgés de 40 à 59 ans et 37 % de ceux âgés de 60 ans et plus exportent des biens et services.

L’inquiétude entourant la renégociation de l’ALENA est néanmoins palpable, et ce, peu importe l’âge des entrepreneurs. Trois propriétaires d’entreprise sur cinq (59 %) se disent ainsi préoccupés par cet enjeu, tandis que presque la même proportion estime que l’apport de modifications à l’entente aurait un effet négatif sur leur entreprise.

Parmi les principaux défis signalés par les répondants, notons la force de la concurrence (31 %), les sources de croissance future (25 %), la capacité à s’adapter rapidement aux besoins changeants du marché (25 %) et les fluctuations de la valeur des devises (24 %).

La rédaction vous recommande :