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Pour en finir avec le harcèlement sexuel au travail

25 octobre 2017 | La rédaction | Commenter

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74446428 - man touching woman's knee - sexual harassment in business officeDans la foulée des allégations d’inconduite et d’agressions sexuelles portées contre Éric Salvail et Gilbert Rozon, Québec doit donner plus de mordant à la Loi sur les normes du travail, affirme l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés.

Si le Québec a été un précurseur en matière de législation sur le harcèlement au travail en intégrant cette notion dès 2004, « l’actualité nous démontre une fois de plus que les lois n’ont pas réussi à contrer le maintien d’une culture de harcèlement dans certains milieux de travail », déplore l’ordre professionnel.

Selon la législation actuelle, l’employeur a le devoir de prendre les moyens raisonnables pour prévenir le harcèlement et, lorsqu’une telle conduite est portée à sa connaissance, pour la faire cesser. Cela implique notamment de rencontrer la victime et le harceleur. En revanche, l’employeur n’a aucune obligation légale d’enquêter, ce qui selon l’Ordre, ajoute aux obstacles que doivent surmonter les victimes.

« En engageant un processus d’enquête structuré et équitable, l’employeur exprime clairement qu’il ne tolérera aucun comportement déviant, soutient Marianne St-Pierre-Plamondon, présidente de l’Ordre des CRHA. Du même coup, il démontre aux victimes et à l’entourage qu’il prend la situation très au sérieux. Une telle approche ne peut qu’encourager la dénonciation, ce qui, avec le temps, assainira nos milieux de travail ».

Depuis un an, la loi ontarienne oblige les employeurs à procéder à de telles enquêtes à la suite d’incidents et de plaintes de harcèlement au travail. L’Ordre des CRHA souhaite donc que le gouvernement du Québec s’inspire de la province voisine et instaure « une enquête obligatoire réalisée par des professionnels encadrés par un code de déontologie, possédant la formation, les compétences, la rigueur et le sens éthique nécessaires pour effectuer des enquêtes exhaustives et formuler des recommandations qui viendront régler la situation et prévenir la réapparition de cas de harcèlement ».

SENSIBILISER PATRONS ET EMPLOYÉS

Outre une réforme législative, l’Ordre des CRHA recommande une sensibilisation systématique des employés et des gestionnaires sur les questions de harcèlement sexuel. « Il faut faire des ateliers, offrir de la formation. Il faut que tout le monde s’asseoit ensemble », a expliqué en entrevue à Les Affaires Manon Poirier, directrice générale de l’Ordre.

Elle ajoute que certains environnements de travail sont plus à risque, par exemple ceux où les blagues à connotation sexuelle sont monnaie courante. « Cela crée une dynamique où l’on parle ouvertement de sexualité. En tant qu’employé ou employeur, il faut se demander si l’on veut cela », dit-elle.

Au cours des dernières années, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) a enregistré une légère hausse des plaintes de harcèlement psychologique, ce qui inclut l’inconduite et le harcèlement sexuel. Leur nombre est passé de 4 022 en 2011 à 4 394 en 2016.

LE SECTEUR FINANCIER ÉCLABOUSSÉ

Les scandales de nature sexuelle touchent tous les secteurs d’activité, y compris celui de la finance. Selon des informations du Wall Street Journal, Fidelity a licencié le gestionnaires de portefeuille et employé de longue date C. Robert Chow. Celui-ci aurait commis des gestes inappropriés envers des collègues.

Un autre gestionnaire vedette, Gavin Baker, a connu le même sort le mois dernier, à la suite d’allégations de harcèlement.

Le président de la division de sélection de titres de la firme a convoqué une réunion d’urgence la semaine dernière, où il a insisté sur le fait qu’il y aurait « tolérance zéro » envers les comportements déplacés.

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