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Un salaire minimum à 15 $ favoriserait l’exode rural

14 décembre 2016 | La rédaction | Commenter

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salaire_argent_honoraire_dollarUne hausse subite du salaire minimum à 15 $ de l’heure menacerait des milliers d’emplois au Québec, et ce sont surtout les régions qui seraient affectées, soutient l’Institut économique de Montréal (IEDM).

Dans une note économique, l’organisme de recherche indique qu’une telle politique « affecterait les emplois en région de manière démesurée et accélérerait l’exode rural ». Selon ses données, entre 41 et 56 % de la main-d’œuvre serait à risque dans les 25 MRC les plus touchées. En effet, les PME auraient bien du mal à absorber une telle hausse du coût de leur main-d’œuvre.

« Les travailleurs adultes à faible revenu en région seraient les premières victimes de cette augmentation », déclare Mathieu Bédard, économiste à l’IEDM et coauteur de la publication.

Le niveau d’activité économique n’est pas le même partout au Québec, ajoute-t-il. Certaines zones rurales ont une productivité plus faible, et cela n’est pas dû aux employés ni à la qualité de leur travail. Ce sont plutôt les conditions économiques dans leurs régions qui expliquent cette productivité inférieure.

« Malgré cette différence entre les grands centres urbains et les régions, le salaire minimum s’applique de façon uniforme partout sur le territoire, pénalisant davantage l’emploi en région », souligne M. Bédard.

Par exemple, dans la MRC de Rocher-Percé, qui serait la plus touchée par une hausse rapide du salaire minimum, 56 % des travailleurs âgés de 25 à 64 ans seraient mis à risque en 2017.

LA SOLUTION EST AILLEURS

Pour aider les travailleurs à faible revenu, les auteurs suggèrent plutôt que le gouvernement relève le montant de base sur lequel personne ne paie d’impôt sur le revenu, ou encore qu’il bonifie et élargisse les conditions d’admissibilité au crédit d’impôt pour solidarité ou à la prime au travail.

« Le recours à ces instruments serait de loin préférable et éviterait de créer une véritable bombe atomique qui s’abattrait principalement sur les régions les plus économiquement vulnérables du Québec, pour reprendre l’expression de l’économiste Pierre Fortin », soutient M. Moreau.

En entrevue avec ConseillerPME il y a quelques semaines, Pierre Fortin avait effectivement soutenu qu’un resserrement trop rapide de l’écart entre le salaire moyen et le salaire minimum aurait un effet catastrophique sur l’emploi. Selon ses calculs, une réduction de 10 % de cet écart se traduirait par une hausse de 1,5 % du taux de chômage.

Les 25 MRC les plus à risque selon l’IEDM

  1. Le Rocher-Percé
  2. La Haute-Gaspésie
  3. La Vallée-de-la-Gatineau
  4. Les Îles-de-la-Madeleine
  5. Antoine-Labelle
  6. Mékinac
  7. Les Basques
  8. Matawinie
  9. Les Laurentides
  10. Le Golfe-du-Saint-Laurent
  11. Témiscouata
  12. Avignon
  13. Le Haut-Saint-Laurent
  14. La Matapédia
  15. Bonaventure
  16. Papineau
  17. Les Sources
  18. Argenteuil
  19. Les Jardins-de-Napierville
  20. Kamouraska
  21. La Mitis
  22. Shawinigan
  23. Pontiac
  24. Le Haut-Saint-François
  25. L’Érable

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