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Comment s’y retrouver sur le marché des FNB

12 décembre 2012 | Katie Keir | Commenter

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Vanguard

Le nombre de fonds a quadruplé ces dernières années. Mais vous n’êtes pas obligé d’étudier chaque produit avant de vous aventurer sur ce marché, seulement les besoins de vos clients.

Il devient de plus en plus difficile de trouver les bons FNB pour vos clients.

Au cours des trois dernières années, le nombre de fonds a quadruplé pour passer de 60 à plus de 250. Beaucoup ont donc du mal à s’y retrouver dans ce labyrinthe de nouveaux produits spécialisés, dotés de structures et de modèles de tarification variables.

L’éventail est large. Les planificateurs peuvent recommander un fonds passif traditionnel à un client et un FNB qui investit uniquement dans l’or ou la technologie à un autre.

Faut-il pour autant étudier tous les produits qui arrivent sur le marché? Tant les conseillers que les fournisseurs pensent que non, et la science leur donne raison.

Ne surchargez pas vos clients d’information
Ces dernières années, la neurofinance nous a appris que les gens ne peuvent faire qu’un nombre limité de choix en même temps.

Lors du forum sur les FNB tenu cette année à Toronto, Lisa Kramer, docteure et professeure de finance comportementale, a déclaré : « Il vaut mieux vous limiter aux quelques options que vous estimez profitables pour vos clients. » Selon elle, si vous leur en présentez huit ou plus à la fois, vous ne ferez qu’ajouter à leur confusion.

Vous devez donc trouver quels types de fonds leur conviennent le mieux, selon leur horizon de placement et leur tolérance à l’égard du risque. S’ils veulent investir dans des FNB, demandez-leur en quoi, selon eux, ce produit pourrait améliorer leur portefeuille. Proposez-leur ensuite trois à cinq fonds en fonction de ces préférences et besoins.

Greg Stevenson, conseiller en gestion de patrimoine de Richardson GMP, à Calgary, utilise le rapport trimestriel SPIVA de Standard and Poor’s comme point de départ aux discussions sur les performances récentes des gestionnaires et des indices. Il explique la structure des frais des FNB, précise leur indicateur de déviation et décrit la structure indicielle utilisée par chaque fonds que ses clients choisissent.

Comme le souligne Howard Atkinson, président et chef de la direction de FNB Horizons, « Les clients devraient comprendre les principes de base de l’investissement indiciel : premièrement, les fonds doivent représenter le plus fidèlement possible leur univers cible. Deuxièmement, ils doivent être facilement investissables, avoir des écarts faibles et être liquides. »

À l’aide de ces critères, vous pouvez aider les investisseurs à séparer le bon grain de l’ivraie dès le début.

Comment choisir?
Les FNB de bonne qualité restent fidèles à leur mandat. Leurs résultats ne sont ni supérieurs ni inférieurs à ceux de leur indice sous-jacent.

Ils doivent aussi procurer de la valeur et de la stabilité à long terme, précise Justin Bender, gestionnaire de portefeuille associé de PWL, à Toronto. Lui-même s’en tient à des fonds largement diversifiés et fiscalement rentables qui suivent les principaux indices et, au lieu d’analyser les données indépendantes sur le rendement, il examine le rôle que chacun peut jouer dans le portefeuille d’un client.

Les fonds plus complexes, tels les fonds procurant un double levier ou une double exposition à la volatilité, peuvent sembler attrayants, mais ne sont pas conçus pour la majorité des investisseurs.

« Il est dangereux d’adopter une approche unique pour tout le monde », met en garde Mary Anne Wiley, directrice générale et chef de iShares, Blackrock Canada. Elle souligne qu’un nombre croissant de produits sont lancés afin de répondre à la demande dans des catégories spécialisées, comme les fonds basés sur des stratégies qui repèrent les actions prometteuses comprises dans des indices donnés au lieu de suivre simplement ces derniers.

M. Stevenson indique qu’il utilise principalement ce genre de fonds pour combler les lacunes dans les portefeuilles de ses clients et permettre à ces derniers d’accéder, à peu de frais, aux marchés étrangers. « La majorité des clients n’ont pas intérêt à investir dans un segment trop étroit, dit-il. Ils devraient simplement rester placés sur l’ensemble du marché, au lieu d’essayer de deviner quelle sera la prochaine tendance. »

Autrement dit, si un client est emballé par un fonds risqué ou étroitement segmenté, qui est probablement trop complexe ou peu indiqué dans sa situation, recommandez-lui de s’abstenir.

Selon M. Atkinson, les conseillers devraient uniquement se tenir à jour sur les fonds qui sont pertinents pour leurs clients. Pour mieux les servir, dressez des listes d’options de bonne qualité qui conviennent à tous les profils de risque.

Vous devriez également proposer des FNB qui ont de meilleurs antécédents et un potentiel de rendement plus élevé. Certains conseillers commencent par choisir un bon fournisseur, puis recherchent les fonds qui les intéressent. D’autres choisissent d’abord un secteur qui leur convient, puis analysent les produits offerts par tous les fournisseurs.

Des FNB inédits
Certains des nouveaux indices sont si spécialisés qu’il n’existe aucune base pour comparer les rendements. Par conséquent, personne ne peut prédire les résultats des fonds à long terme.

La prudence est donc de mise. Selon Atul Tiwari, directeur général de Placements Vanguard Canada, il est impératif que les investisseurs comprennent l’indice suivi et la méthodologie derrière chaque produit avant de franchir le pas.

« Si vous recherchez vraiment un placement indiciel qui génère un bêta, vous devriez acheter un FNB qui suit la méthodologie traditionnelle, affirme-t-il. Il y a certainement de la place pour d’autres méthodes d’indexation, mais vous devez comprendre les filtres utilisés par les fonds. Un contrôle a posteriori peut leur donner une image avantageuse, mais s’il ne s’agit pas de bêta “pur”, le produit pourrait faire mieux ou moins bien que l’indice durant différents cycles de marché. »

D’après M. Atkinson, comme bon nombre de nouveaux FNB existent depuis peu de temps, il est plus difficile pour les clients de savoir si le fonds donnera les résultats escomptés.

« Habituellement, un fonds à gestion active doit exister depuis trois ans pour pouvoir être évalué par des analystes tiers comme Morningstar. Mais la grande majorité recourt à des équipes de gestion de portefeuille bien établies et, dans la plupart des cas, la stratégie utilisée par un gestionnaire a déjà été employée dans un fonds commun ou un fonds spéculatif ailleurs. Les conseillers peuvent examiner les résultats obtenus par le gestionnaire dans ces autres mandats pour se faire une idée des antécédents de l’équipe. »

« D’un autre côté, avec les fonds indiciels à gestion passive, la plupart des indices utilisés ont un historique de plusieurs années disponible aux fins d’analyse, ajoute M. Atkinson. Au bout d’un an, l’investisseur peut examiner les résultats du FNB par rapport à l’indice pour avoir une idée de la fidélité avec laquelle il reproduit son indice cible. »

« Lorsqu’on investit effectivement de l’argent dans ces fonds, cela modifie leurs antécédents de rendement et le résultat des contrôles a posteriori, poursuit-il. On peut seulement estimer leurs résultats éventuels en fonction des données passées, et les évaluations changeront quand ils commenceront à se négocier activement. »

Pour ces raisons, MM. Bender et Stevenson font preuve de prudence lorsqu’ils choisissent des FNB.

Selon M. Stevenson, les FNB spécialisés sont difficiles à vendre et à intégrer dans un portefeuille. À son avis, ils conviennent uniquement aux investisseurs chevronnés, qui connaissent bien leurs risques et leur complexité. Il préférerait voir l’offre de fonds traditionnels augmenter, car cela doperait la concurrence sur le marché et pourrait faire baisser les prix.

M. Bender utilise seulement quatre fonds dans ses portefeuilles, auxquels s’ajoutent quatre FNB de substitution au cas où des possibilités de vente à perte à des fins fiscales se présenteraient. Il se sert aussi des fonds communs à faible coût pour offrir un accès aux titres à revenu fixe et à l’immobilier mondial.

Malgré leur stratégie prudente, tous deux sont d’accord pour dire que l’intégration des FNB dans un portefeuille n’est pas nécessairement compliquée.

« Les FNB sont essentiels. Cela ne fait aucun doute. Ils améliorent la diversification et réduisent le temps passé à gérer les portefeuilles, ce qui permet d’en consacrer davantage à une meilleure planification et à des interactions plus nombreuses avec les clients », conclut M. Stevenson.


Katie Keir est rédactrice adjointe au Groupe Advisor.

 

DES MARCHÉS INEXPLOITÉSLe marché des fonds alignés sur les indices boursiers est saturé de produits. Les fournisseurs cherchent donc de nouveaux débouchés et surveillent les tendances. Voici un aperçu des tendances actuelles et des produits à venir :BMO : Au cours des prochaines années, davantage de grandes sociétés et de banques interviendront sur le marché des FNB. Il y aura davantage de consolidation dans les sociétés plus petites, pense Kevin Gopaul, premier vice-président et chef des placements responsable des FNB et des fonds communs à Services de gestion d’actif BMO.De plus, les conseillers commenceront à réfléchir à la façon d’utiliser à la fois des fonds communs et des FNB dans un portefeuille, au lieu de s’attarder à leurs différences. Il prédit un afflux de produits complexes qui répondront à certains besoins bien précis des clients.« Les marchés inexploités sont rares, de sorte que les fournisseurs de FNB devront se concentrer sur les tendances dominantes du marché pour concevoir de nouveaux produits, ajoute-t-il. Les véritables débouchés viendront des nouveaux clients et prospects qui n’ont pas encore osé s’aventurer sur ce marché, et qui dicteront son orientation. »First Asset : First Asset pressent des occasions aux États-Unis, ainsi que du côté des marchés émergents et des actifs productifs de revenus. La firme envisage également d’offrir des FNB basés sur des stratégies, qui investissent plus particulièrement dans les actions axées sur la valeur ou le momentum au sein d’un indice.

Les fonds des marchés émergents n’attireront toutefois que les investisseurs tolérants à l’égard du risque, souligne Barry Gordon, président et chef de la direction de First Asset. « Les investisseurs plus prudents, comme les baby-boomers, rechercheront plutôt des sources de revenu stables et prévisibles. »

M. Gordon s’attend également à voir quelques nouvelles sociétés arriver sur le marché canadien, ce qui accroîtrait la concurrence sans nécessairement faire baisser les prix. « Les coûts ne peuvent diminuer que jusqu’à un certain niveau, en deçà duquel ils ne couvrent plus les frais. Les marges subiront une compression globale, et certaines occasions d’offrir des produits meilleur marché se présenteront, mais les coûts excédentaires des produits concurrents comme les fonds communs sont plus susceptibles de baisser. »

Horizons : La société se réjouit du succès de ses FNB d’options d’achat couvertes, qui achètent des actions puis vendent des options d’achat sur celles-ci afin de générer un revenu supplémentaire.

Howard Atkinson, président et chef de la direction, affirme également que les FNB à gestion active – qui n’existent que depuis environ trois ans au Canada – représentent la principale source de croissance de la société, source appelée à prendre de l’importance. En effet, ces outils représentent un actif géré de seulement 10 milliards de dollars dans le monde, dont 1,5 milliard au Canada. Selon une récente étude de McKinsey & Company, ces produits atteindront la barre des 1000 milliards de dollars à l’échelle mondiale au cours de la prochaine décennie.

Invesco PowerShares : « Le secteur est légèrement en avance sur la demande du point de vue du lancement de nouveaux produits, indique Michael Cooke, responsable de la distribution de PowerShares Canada. Nous verrons sans doute moins de lancements de produits et peut-être quelques fermetures au cours des deux prochaines années. Le marché des FNB est devenu trop concurrentiel pour les fournisseurs qui ne s’investissent pas à 100 % dans leur activité FNB. »

« Les investisseurs, tant les institutions que les particuliers, sont, par ailleurs, un peu dépassés par l’éventail de nouveaux produits. Mais à mesure qu’ils comprendront mieux les fonds, ils trouveront des applications plus stratégiques aux FNB. Comme on l’a vu en 2012, les volumes de négociation pourraient diminuer légèrement, mais les rentrées de capitaux demeurent très élevées. » Selon lui, la demande croissante de revenu donnera aux fournisseurs de FNB de plus en plus d’occasions d’offrir des solutions innovatrices.

iShares : iShares compte se concentrer sur les FNB stratégiques au cours de la prochaine année, ainsi que sur les fonds qui visent à dégager des rendements sur le marché boursier sans exposer les clients à des niveaux de risque et de volatilité aussi élevés que ceux que nous avons observés ces cinq dernières années. Les liquidités sont à éviter, et les clients veulent un accès au marché, résume Mary Anne Wiley, directrice générale.

La société ne propose pas de fonds à effet de levier et ne cible pas les segments étroits, qui ne servent qu’un nombre limité d’investisseurs, ajoute-t-elle.

Vanguard : En septembre, Vanguard a déposé un prospectus portant sur cinq nouveaux fonds : quatre FNB d’actions et un d’obligations. Si le prospectus est approuvé, la société doublera son éventail de fonds offerts au Canada.

Atul Tiwari, directeur général de Vanguard Canada, pense que la plupart des sociétés continueront d’élargir leur éventail de produits à revenu fixe en raison de la faiblesse des taux d’intérêt. Il prédit également que les investisseurs institutionnels et les promoteurs de régimes à cotisations déterminées commenceront à intégrer davantage de FNB dans leurs régimes, et déclare que nous verrons apparaître davantage de FNB à gestion active.


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