A A A

Blogues

/

Innovation de continuité ou de rupture?

27 novembre 2012 | Commenter

L’investisseur aurait intérêt à s’intéresser à ce genre d’entreprises qui se démarquent par la nature de leur innovation.

Examinons l’exemple de deux investisseurs en 2002 : un Canadien qui a investi 10 000 $ dans le titre de RIM, le fabricant du célèbre BlackBerry, et un Américain qui a investi le même montant dans le titre d’Apple. En 2008, la valeur du placement de l’investisseur canadien a grimpé à 460 000 $, et celle de l’investisseur américain n’a été que de 160 000 $.

Toutefois, le vent a tourné pour l’investisseur canadien dont la valeur actuelle de l’investissement n’est que de 30 000 $, ce qui constitue une perte de 93 % depuis le somment de 2008. D’un autre côté, la valeur de placement de l’investisseur américain a atteint la faramineuse somme de 300 000 $, ce qui représente 30 fois l’investissement initial.

Les deux entreprises ont connu un éclatant succès grâce à l’innovation de rupture. On distingue deux types d’innovations :

  • l’innovation de continuité, qui améliore les performances de produits existants
  • l’innovation de rupture, qui concerne la conception et la création de nouveaux produits

Du vivant de Steve Jobs, qui a remporté le prix du meilleur gestionnaire de la décennie, Apple a constamment réinventé ses produits. Mais depuis son décès, et jusqu’à ce jour, Apple se contente d’améliore ses produits existants par l’innovation de continuité, ce qui a déçu le marché et les spécialistes de ce secteur.

Dans le cas de la firme canadienne RIM, qui a fini par perdre son marché, les dirigeants ont opté pour l’innovation de continuité, en comptant sur leur succès initial au lieu de développer de nouveaux produits.

Un autre exemple d’innovation de rupture régulière est celui d’Amazon, leader mondial de son industrie, avec presque 50 milliards de revenu sous la gouverne de Jeff Bezos, que l’on qualifie déjà de second Steve Jobs.

Les entreprises d’innovation de rupture existent dans tous les secteurs, comme c’est le cas de l’entreprise québécoise Orbite Aluminae, qui développe de nouveaux standards dans l’industrie de l’aluminium.

Un investisseur aurait tout intérêt à s’intéresser à ce genre d’entreprises, dont la majorité se classe dans le type croissance qui est très différent du style valeur.

Google est une entreprise en éternelle innovation de rupture, et elle répond à la vision et à la philosophie de ces créateurs. Une entreprise d’innovation de rupture surmonte plus facilement les échecs et la baisse temporaire des cours boursiers, car les innovations sont régulières et elles enchantent le marché boursier et les investisseurs.

Les titres boursiers de ce genre de compagnies sont, habituellement, plus volatils que les titres de type valeur. Un investisseur patient serait ravi d’en détenir, à moyen terme.

Certains observateurs ont des craintes, au sujet d’Apple, sous la direction de Tim Cookqui favorise davantage l’innovation de continuité. Pour réussir dans l’innovation de rupture, une compagnie doit créer un nouveau marché dont elle sera l’instigatrice, la référence et l’inspiration.

Néanmoins, on aurait aussi intérêt, à réfléchir aux paroles de l’économiste Adam Smith, théoricien de la main invisible. Le malheur des hommes, disait-il, « naît de leur incapacité à savoir quand tout va bien et quand il leur faut s’assoir tranquillement et s’en satisfaire ».


William-André Nadeau est chroniqueur financier. Il publie aux deux semaines un billet traitant des marchés, de placements et de gestion.

 

 

Les opinions exprimées dans les blogues n'engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de Conseiller.ca.
  • commenter
  • envoyer
  • imprimer
Loading comments, please wait.
Médias Transcontinental S.E.N.C. Un site de TC Media,
Solutions Affaires
Médias Transcontinental S.E.N.C.
1100 boul. René-Lévesque O.
Montréal, QC H3B 4X9
(514) 392-9000