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La fiducie diversifiée

18 avril 2005 | Doug Watt | Commenter

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(Avril 2005)Le marché en plein essor des fiducies de revenu a toujourssuscité des opinions mitigées, mais il y a de bonnes raisons decroire que cette catégorie d’actifs est là pour rester etqu’elle sera encore rentable, selon Dean Orrico, gestionnaire de portefeuilleau Fonds de revenu Middlefield.

De son propre aveu, M. Orrico trouve son intérêt dans le secteur: la firme qui l’emploie gère sept sociétés mobilièresd’investissement à capital fixe d’une valeur de 3,2 G$. Ildispose toutefois d’un solide argument : les fiducies de revenu ont évoluédepuis leur naissance et elles vont continuer de prospérer, mêmesi les taux d’intérêt poursuivent leur lente remontée.«Sur huit ans, les fiducies de revenu ont mieux fait que toutes les autrescatégories d’actifs. Elles représentent un excellent instrumentde rendement total.»

Le marché canadien des fiducies est en pleine effervescence depuis quelquesannées : 160 nouvelles émissions valent 108 G$. Ce montant représente8 % de la capitalisation boursière du TSX, souligne M. Orrico. Évidemment,une telle hausse amène inévitablement à parler d’unebulle comparable à celle que nous avons connue avec les titres technologiquesil y a quelques années. Une comparaison qui n’est pas juste, d’aprèsM. Orrico. «Le marché des titres techno a connu une bulle en raisonde compagnies qui n’avaient pas de liquidités ni d’épargnes»,dit le gestionnaire. Au contraire, concernant les fiducies, on ne parle pasd’une bulle, mais de véritables entreprises qui existent pour laplupart depuis longtemps.

Et, puisque le marché des fiducies est plus grand et plus diversifié,les portefeuilles peuvent être constitués de manière àcompenser toutes hausses des taux d’intérêt, croit-il.

La gestion du risque
M. Orrico gère le risque lié aux taux d’intérêten surpondérant les secteurs économiques volatils, comme le pétrole,les gaz et les fiducies commerciales. «En période de hausse, ily a une meilleure demande pour les marchandises, donc les fiducies de pétroleet de gaz profitent de meilleurs revenus et de liquidités et sont enmesure de verser des distributions plus élevées, compensant pourles hausses de taux d’intérêt, dit-il. Il y a cinq ans, sinous avions cru que nous retournions dans une conjoncture de récession,nous aurions opté pour des fiducies sensibles aux taux d’intérêt,comme l’électricité et les pipelines. Je crois que nouspouvons créer une diversification dans un portefeuille de fiducies deplacement.»

De plus, les fiducies sont évaluées raisonnablement, estime M.Orrico, avec une moyenne de rendement à long terme de 10 % à 11% par année. «Et vous obtenez la plus grande partie de ce rendementsous forme de distributions courantes, sur une base mensuelle et fiscalementavantageuse.»

«Les fiducies de pétrole et de gaz continuent de bien faire, mêmesi elles engendrent des liquidités à partir d’actifs enbaisse. Toutefois, les prix des marchandises vont rester élevéspour les fournitures simples en raison de la demande, ajoute-t-il. La productionde pétrole dans le monde est en baisse, et la demande, spécifiquementdes pays en voie de développement comme la Chine et l’Inde, estcroissante.»

De bonnes nouvelles également pour les fiducies de revenu du point devue politique : la question de la responsabilité limitée a étéréglée. Elle ne cause plus de problème au Québec,en Alberta et en Ontario, qui représentent 95 % de ce marché.

Bien que la responsabilité limitée ne soit pas un obstacle pourles firmes comme Middlefield, elle a tenu à l’écart la plupartdes grands fonds de retraite. M. Orrico pense qu’il y aura une évolutionqui amènera une autre vague d’achat par les fonds de retraite auCanada. «Étant donné que leurs clients ont besoin de revenuset qu’ils sont en situation d’insuffisance de capitaux, les fondsde retraite doivent considérer les fiducies comme une option logique.Si j’étais un investisseur de fonds de retraite, je ne pourraiséviter les fiducies.»

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