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Stratégie : reconsidérer les fonds d’obligations

16 novembre 2009 | Commenter

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La remontée spectaculaire des indices boursiers n’a pas réussi à séduire un grand nombre d’investisseurs qui se tournent plutôt vers les fonds d’obligations. En septembre dernier, ce sont ces fonds qui ont volé la vedette en termes de ventes. L’industrie en a écoulé pour 1,4 milliard de dollars, en hausse de 69 % sur le mois précédent et de plus de 3 200 % par rapport à septembre 2008 !

Les investisseurs optent pour les fonds d’obligations, car ils veulent réduire leur pondération en actions et souhaitent toucher des rendements supérieurs à ce qu’offrent les produits du marché monétaire et les bons du Trésor. Les fonds d’obligations de société semblent répondre à ce besoin. Par exemple, le fonds Ridgewood Canadian Investment Grade Bond affiche un rendement annuel moyen de 7 % sur cinq ans. Son gestionnaire ne sélectionne que des titres de dette canadiens de bonne qualité. Certes, le niveau de risque est plus élevé que celui des produits du marché monétaire, mais il est nettement plus faible que celui des actions.

Il faut dire que les fonds d’obligations de société profitent actuellement d’un marché favorable. La crise de 2008 a mis à mal les finances de nombreuses entreprises qui cherchent à se renflouer sans émettre de nouvelles actions. Elles misent donc sur les titres de dette. Ainsi, le fonds Ridgewood que nous venons de citer a réussi à mettre la main sur des obligations de 10 ans de la Banque CIBC qui génèrent 9,5 % d’intérêt par année. Belle acquisition, garantie par les actifs de la cinquième banque en importance au pays ! Le fonds surveille aussi de près les caisses de retraite et les compagnies d’assurances qui, lorsqu’elles rééquilibrent leurs portefeuilles, se délestent de titres obligataires de grande qualité à des prix intéressants.

De son côté, la firme Criterion Investments a lancé récemment le premier fonds de débentures convertibles au Canada. L’objectif de ce fonds respecte le désir des investisseurs : décrocher des rendements supérieurs sans être exposé aux actions. Comme les obligations traditionnelles, les débentures convertibles portent un coupon d’intérêt et sont remboursables à maturité. Toutefois, elles peuvent être converties en actions ordinaires lorsque ces actions atteignent un certain prix. La conversion n’est pas obligatoire. C’est le détenteur des débentures qui choisit d’exercer son option ou non. Criterion Investments ira de l’avant seulement si les actions présentent un important potentiel de croissance. Sinon, le gestionnaire conservera ses débentures telles quelles et continuera d’encaisser les revenus d’intérêt. Si un acheteur offre un bon prix pour les acheter, Criterion Investments pourrait les lui vendre et réaliser un gain en capital. Ce fonds de débentures convertibles verse des distributions trimestrielles au taux initial annualisé de 5 %.

Et si les taux d’intérêt bondissent ?
Le risque le plus dangereux auquel font face les fonds d’obligations est une poussée subite des taux d’intérêt. Mais la conjoncture actuelle ne prédispose pas à une telle remontée. En effet, l’inflation au Canada se situe à environ 1 % seulement, le taux de chômage atteint près de 9 % et la reprise économique est fragile. Une hausse des taux aurait pour effet d’anéantir la relance de l’économie. Or, personne ne veut envisager ce scénario. Voilà pourquoi la plupart des observateurs ne prévoient pas d’augmentation des taux avant 2011, si nécessaire. Les gestionnaires de fonds d’obligations ont donc toutes les raisons d’être optimistes.

À des investisseurs sceptiques qui lui demandaient ce qu’il ferait si les taux d’intérêt bondissaient de 5 % en une semaine, Jeff Frketich, le vice-président de la firme Ridgewood, a répondu : « L’économie s’écroulerait. Si cela se produit, je préfère de loin détenir des obligations plutôt que des actions. »

Traduit et adapté d’un article paru sur le site Advisor.ca.

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