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Début d’année difficile pour les régimes de retraite

5 avril 2016 | La rédaction | Commenter

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volatilite_Bourse_baisse_hausse_425La grande volatilité sur les marchés au premier trimestre a fait fléchir légèrement la solvabilité des régimes de retraite canadiens, selon les indices de Mercer et d’Aon.

Le ratio de solvabilité médian des régimes de retraite des clients de Mercer s’est établi à 82 % au 30 mars 2016, soit un recul par rapport aux 85 % du début de l’année. Dans un environnement défavorable, peu de régimes ont su tirer leur épingle du jeu : neuf régimes sur dix ont affiché un déficit de solvabilité à la fin du trimestre.

Pour sa part, l’indice de Mercer sur la santé financière des régimes de retraite, qui illustre le ratio de solvabilité d’un régime de retraite hypothétique, a lui aussi régressé durant les trois premiers mois : il se chiffrait à 90 %, alors qu’il était de 93 % au début de l’année.

Selon la firme, le repli du niveau de solvabilité des régimes tient aux mauvais résultats des marchés mondiaux des actions, à la baisse soutenue des taux d’intérêt des obligations à long terme et à l’appréciation du dollar canadien, qui a nui au rendement des placements étrangers qui ne font pas l’objet d’une stratégie de couverture des devises

« La diminution relativement légère du niveau de solvabilité des régimes de retraite cache la grande volatilité qui a caractérisé le premier trimestre de 2016, explique F. Hubert Tremblay, conseiller principal du domaine Retraite chez Mercer. À la fin février, le niveau de solvabilité d’un régime de retraite type avait glissé de 6 %. Mais les régimes de retraite ont connu un bon mois de mars et regagné à peu près la moitié du terrain perdu. »

Même si un grand nombre de promoteurs sont davantage exposés aux risques qu’ils le souhaiteraient, ceux-ci se montrent réticents à envisager une réduction des risques en ce moment, ce qui aurait pour effet de cristalliser leurs déficits actuels. À mesure que la situation financière des régimes s’améliorera, Mercer prévoit que de nombreux promoteurs envisageront d’augmenter leur répartition en titres à revenu fixe et de transférer certains éléments du passif par une opération de souscription de rentes.

BON TRIMESTRE POUR LES ACTIONS CANADIENNES

Un portefeuille équilibré type d’un régime de retraite aurait produit un rendement de -0,5 % au premier trimestre de 2016, toujours selon Mercer.

Le redressement du prix du pétrole, des produits de base et du cours de l’or a donné un sérieux coup de pouce aux actions canadiennes, qui ont offert un rendement de 4,6 %, l’une des meilleures performances du trimestre parmi les grandes catégories d’actions.

La performance des actions américaines a été beaucoup plus décevante : en dollars canadiens, les investisseurs canadiens ont enregistré un rendement de -5,4 %, en raison de la hausse relative de la valeur du huard.

Les actions internationales ont fait encore pire, l’indice MSCI EAEO procurant un rendement de -5,8 % en monnaie locale et de -9,1 % en dollars canadiens. Les marchés émergents ont affiché un bon rendement en monnaie locale, mais négatif (-1,8 %), une fois converti en dollars canadiens.

COMPOSER AVEC LA VOLATILITÉ

L’étude sur la solvabilité des régimes de retraite d’Aon tire des conclusions très similaires en ce qui concerne la santé des régimes de retraite au pays. Selon la firme, la solvabilité des régimes a diminué de 4,5 % au cours du premier trimestre, étant donné l’appréciation de la devise canadienne, le faible rendement des actions internationales et la légère baisse des taux d’intérêt.

Ainsi, le ratio de solvabilité médian au 29 mars 2016 des régimes de retraite à prestations déterminées administrés par Aon se chiffrait à 83,1 %, comparativement à 87,6 % à la fin du trimestre précédent.

Par ailleurs, la proportion des régimes à l’étude qui étaient entièrement capitalisés à la fin du trimestre a baissé à 8 %, une détérioration par rapport aux 11,8 % enregistrés à la fin de l’année 2015.

Le ratio de solvabilité a même plongé sous la barre de 80 % à la mi-février, avant que la reprise des actions et que la hausse des taux obligataires ne le poussent à la hausse en mars.

« L’incertitude entourant les économies mondiales est une cause de volatilité pour les matières premières et les devises, et est une source de préoccupations en ce qui concerne les valeurs des actions et l’orientation des taux d’intérêt », a déclaré Claude Lockhead, associé exécutif de la pratique Retraite chez Aon Hewitt.

Selon lui, dans un tel marché, les régimes doivent maintenir un horizon de placement à long terme et gérer les risques en conséquence. « Les actifs en devises étrangères dans les portefeuilles de retraite tendent à réduire la volatilité globale à moyen et à long terme, explique-t-il. Alors que les gains obtenus l’an dernier ont été effacés par l’incidence d’un dollar canadien plus fort ce trimestre, les clients qui ont eu recours à une couverture intelligente et à d’autres stratégies d’atténuation du risque ont réduit leur volatilité. Nous prévoyons que la volatilité des marchés boursiers et obligataires va se poursuivre tout au long de 2016; en conséquence, une saine gestion des risques continuera de profiter aux régimes canadiens à l’avenir. »

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