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Les experts financiers recommandent – Nathalie Bachand

15 février 2013 | Nathalie Bachand

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Du fait de la situation financière difficile qu’ont connue Reza et Shadan entre 1992 et 2008, le couple accuse maintenant un retard important quant à l’épargne s’il veut se constituer un fonds de revenu de retraite. Il est donc tout à l’avantage de Reza de prendre sa retraite tard, puisqu’il aura ainsi le temps de réviser sa stratégie en cours de route.

Le couple devra donc mettre les bouchées doubles et s’imposer une discipline sévère pour épargner, en versant notamment les cotisations maximales annuelles dans ses REER et dans son CELI d’ici la retraite.

En émettant l’hypothèse que le coût de vie annuel du couple se situe entre 90 000 $ et 95 000 $, Reza et Shadan ont la possibilité d’épargner de 70 000 $ à 75 000 $ par année, si l’on tient compte des taux d’imposition auxquels sont assujettis leurs revenus avant impôt, qui sont respectivement de 190 000 $ et de 60 000 $ par année.

Afin de pouvoir épargner le plus possible à l’abri de l’impôt, Reza devrait songer à s’incorporer (se constituer en société/personne morale), si la réglementation de son ordre professionnel le lui permet.

Ses revenus professionnels seraient ainsi imposés à un taux de loin inférieur à celui qui est exigible pour une personne physique. L’entreprise constituerait alors un levier supplémentaire pour lui permettre d’accumuler un capital que Reza pourra faire fructifier, tout en profitant d’un taux d’imposition avantageux. L’entreprise pourrait ainsi lui verser ses émoluments sous forme de salaire ou de dividende. Cette formule offre également des possibilités de fractionnement des revenus avec la conjointe et les enfants.

Bien sûr, toujours dans l’optique d’épargner à l’abri de l’impôt (impôt reporté à la retraite, où il sera perçu proportionnellement aux revenus de retraite), le couple doit tirer le maximum des possibilités qu’offrent les outils d’épargne que sont le REER et le CELI.

Reza et Shadan doivent veiller à utiliser pleinement les droits de cotisation annuels que leur offrent ces deux instruments, pendant les 19 années à venir.

Sur la base de leur revenu, la cotisation maximale combinée en 2013 s’élève à 34 600 $ par année. Or, on sait que leurs cotisations totales cumulées à ce jour sont de 89 000 $, ce qui constitue un bon départ, mais le couple accuse un retard par rapport à l’objectif de retraite fixé. Les deux ont donc probablement des droits de REER inutilisés dont ils pourront se servir dans les prochaines années.

Quant au CELI, le couple doit commencer dès cette année à y épargner le maximum autorisé. S’il n’y a jamais cotisé, le montant à y investir cette année sera plus important, du fait des droits de cotisation non utilisés depuis l’entrée en vigueur du programme, en 2009. À compter de la deuxième année, il devra continuer d’épargner le maximum autorisé annuellement, soit actuellement 5 500$ en 2013.

Bon an mal an, en nous fondant sur les revenus combinés totaux avant impôt du couple, qui sont de 250 000 $, sur l’hypothèse d’un coût de la vie d’environ 95 000 $ par année (90 000 $ une fois l’emprunt hypothécaire entièrement remboursé dans cinq ans), en tenant compte des taux d’imposition et en faisant preuve de rigueur, le couple devrait être en mesure d’épargner annuellement quelque 75 000 $ au cours des 19 prochaines années. Une fois les cotisations maximales versées dans leur REER et leur CELI, Reza et Shadan devront investir le solde de leurs épargnes dans des placements hors REER, en faisant les choix les plus judicieux possible, avec l’aide d’un bon conseiller en placement.

En respectant rigoureusement cette stratégie, le couple devrait avoir accumulé, en 19 ans, un fonds de revenus de retraite (tous instruments confondus : REER, CELI et placements hors REER) de l’ordre de 4 500 000 $, en supposant un taux de rendement de 4 % par année. Ce fonds, combiné aux prestations du RRQ et à celles de la Sécurité de la vieillesse, devrait permettre au couple de maintenir le même train de vie indexé à l’inflation (hypothèse de 2,25 % par année) jusqu’à l’âge de 95 ans, respectant ainsi les normes d’hypothèses de projection de l’Institut québécois de la planification financière (IQPF).

Il est à noter que, comme Reza aura 67 ans au moment de prendre sa retraite, il bénéficiera d’une bonification accrue (selon les révisions apportées au RRQ à compter de 2013) de la rente de 8,4 %, comparativement à la rente qu’il aurait touchée en prenant sa retraite à 65 ans. Le couple pourra ainsi mieux établir les montants des rentes que chacun percevra à la retraite en demandant les relevés de participation du Régime de rentes du Québec.

Je ne leur recommanderais pas d’utiliser la valeur nette de la maison pour emprunter aux fins de placement, afin d’éviter un endettement spéculatif. Par ailleurs, à la retraite, si le couple décidait de vendre la maison pour s’installer dans un logement plus petit, il pourrait placer le nouveau capital acquis pour se constituer une autre source de revenu potentiel à la retraite, ou avant.


Nathalie Bachand, a.s.a, Pl. fin. – actuaire et planificatrice financière pour Bachand, Lafleur, groupe-conseil

 

Étude de cas : Reza et Shadan

 

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