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Épargne

La plupart des Québécois vont maintenir leur niveau de vie à la retraite

2 décembre 2014 | Denis Méthot | Commenter

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Il est faux de penser que la retraite sera synonyme d’appauvrissement pour un très grand nombre de Québécois. Fabrice Morin, associé à la firme de consultants McKinsey & Company, a remis les pendules à l’heure en s’appuyant sur une étude dont il a dévoilé les résultats lors du colloque Retraite et Placements tenu à Québec à la fin du mois de novembre.

Cette enquête s’appuie sur un sondage réalisé en 2014 auprès de 10 000 Canadiens, dont 3000 Québécois. Les analystes ont évalué leur consommation quand ils étaient sur le marché de l’emploi et ce qu’ils comptent continuer à acheter après leur retraite. Fabrice Morin estime qu’il est plus significatif de comparer la consommation que les revenus pour déterminer le niveau de préparation à la retraite.

La firme a ainsi créé l’indice de préparation à la retraite (IPR), calculé en divisant la capacité de consommer à la retraite par la consommation lors de la période de préretraite, soit vers l’âge de 55 ans, moment où les gens dépensent le plus.

Les projections sont plus qu’encourageantes. La plupart des gens sont prêts pour la retraite au point de vue financier. Quelque 85 % des ménages québécois obtiennent un IPR de 123, ce qui signifie qu’ils devraient maintenir et même augmenter leur train de vie, mais les 15 % restants risquent d’en arracher.

Ce pourcentage classerait le Québec au deuxième rang au Canada, derrière les provinces de l’Atlantique (86 %), mais devant le Manitoba et la Saskatchewan (84 %), l’Ontario (83 %) et l’Alberta (77 %).

Fabrice Morin, associé à la firme de consultants McKinsey & Company, lors de son allocution devant le Cercle finance du Québec et CFA Québec. Photo : Denis Méthot

Les quatre piliers de la retraite

Le système de retraite canadien, qui repose à la fois sur le soutien de l’État et la contribution individuelle, figure parmi les plus avantageux au monde, selon l’orateur, parce qu’il s’appuie sur quatre sources différentes :

• Le Régime de pension du Canada et le Supplément de revenu garanti, tous deux versés sans égard au travail et aux contributions du citoyen, procurent des revenus de base;

• Au Québec, les travailleurs qui ont contribué reçoivent une pension de la Régie des rentes;

• Les fonds de pension de l’employeur, les REER et les CELI s’additionnent à ces deux sources de revenu étatiques;

• L’épargne personnelle, placements et actifs immobiliers s’ajoutent à tout le reste.

Résultat : le taux de pauvreté des Canadiens de 65 ans et plus (7,2 %) est largement inférieur à la moyenne nationale (11,9 %). Dans des pays comme le Japon, l’Allemagne, les États-Unis et l’Australie, ce taux est supérieur à la moyenne nationale.

Les grands gagnants

D’après l’étude, deux catégories de ménages parviendront à maintenir et même à améliorer leur niveau de vie à la retraite parmi les 85 % de gens qui appartiennent à cette catégorie :

– Les gens appartenant aux tranches de revenus inférieurs, qui gagnent entre 10 000 $ et 50 000 $ par année. Dans la grande majorité des cas, même sans aucune épargne, ils auront plus d’argent à dépenser à la retraite grâce aux pensions canadienne et québécoise.

– Les gens qui ont des revenus moyens et élevés et qui sont bien préparés financièrement. Du nombre, près de 80 % seraient au-dessus du seuil de préparation à la retraite.

Les perdants

Il reste toutefois que 15 % des ménages québécois ne seront pas prêts pour la retraite. Ils appartiennent eux aussi au groupe des revenus moyens et élevés. Ils se retrouvent dans cette situation pour deux raisons majeures :

• Ils ont un régime complémentaire de retraite qui donne droit à des cotisations déterminées, mais le taux de cotisation est trop faible et leur épargne personnelle est trop basse;

• Ils n’ont pas de régime complémentaire de retraite et leur taux d’épargne personnelle est trop faible.

Selon Fabrice Morin, on erre en pensant qu’il existe un problème généralisé de préparation à la retraite au Canada. Nul besoin de changer le système actuel, estime-t-il. Avec 15 % des ménages qui ne sont pas prêts pour la retraite, l’enjeu est plutôt ciblé et il faut donc des solutions particulières pour aider ce groupe précis, croit-il.

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