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Épargne

Les experts financiers recommandent – Daniel Laverdière

18 mars 2013

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Certains facteurs ont une incidence positive sur le projet de retraite de Reza. Le choix de l’âge de 67 ans pour prendre sa retraite, conjugué au fait qu’il aura alors cumulé plus de 40 ans de résidence permanente au pays, fait en sorte qu’il aura droit au plein montant de la pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV).

En effet, les conditions qui régissent la PSV stipulent, à l’égard de l’admissibilité des nouveaux arrivants :

« Pour chaque année complète de résidence au Canada après votre 18e anniversaire, vous avez droit à un quarantième de la pleine pension. Vous devez avoir résidé pendant au moins 10 ans au Canada depuis votre 18e anniversaire pour être admissible à une pension partielle (pour autant que vous résidez au Canada lorsque vous recevez votre pension de la SV). En d’autres mots, si vous avez demeuré au Canada pendant 10 ans après l’âge de 18 ans, vous aurez droit à 10 parts, ce qui équivaut à un quart de la pleine pension de la Sécurité de la vieillesse.

Après l’approbation d’une pension partielle, le nombre d’années sur lesquelles nous nous basons pour établir votre pension ne pourra jamais être augmenté. Vous aurez cependant droit à toute augmentation accordée selon le coût de la vie. » (Source : Service Canada – pension de la Sécurité de la vieillesse : http://www.servicecanada.gc.ca/fra/psr/pub/sv/sv.shtml)

Reza, qui aura résidé au pays 40 ans au moment de sa retraite, pourra donc se prévaloir du plein montant de la PSV.

Par ailleurs, au chapitre de la Régie des rentes du Québec, rappelons que le taux de la rente maximale est calculé sur le revenu moyen de carrière. Il faut également tenir compte du fait que la Régie soustrait automatiquement, dans le calcul servant à l’établissement de la rente, 15 % de l’historique de carrière à faibles revenus, de l’âge de 18 ans à l’âge de la retraite, ce qui correspond à une période d’environ 7 ans dans le cas de Reza. En tenant compte de cette disposition et de faibles salaires jusqu’en 2008, nous estimons que Reza et Shedan toucheraient à la retraite quelque 75 % de la rente maximale, soit 880 $ par mois à 67 ans, dans le cas de Reza, et 786 $ par mois à 65 ans, dans le cas de Shedan.

Par contre, si leur rémunération de 1993 à 2008 atteignait au contraire les seuils leur permettant de maximiser le calcul de leurs revenus moyens de carrière, ils devraient avoir droit, à la retraite, à plus de 95 % de la rente maximale.

Au chapitre du REER et du CELI, notre couple devra veiller à placer le maximum autorisé dans ces outils, dès maintenant et jusqu’à la retraite.

Afin de maximiser leur épargne dans ces instruments, ils devraient veiller à maintenir leurs dépenses annuelles à environ 90 000 $ par année, la vie durant. Ils seront ainsi en mesure d’utiliser le plein montant de leurs droits de cotisation au REER, et au CELI, tout en veillant à respecter les règles régissant ce dernier, notamment le maximum annuel autorisé de 5 500 $.

En se pliant à cette discipline d’épargne, le couple devrait être en mesure de dégager un montant de l’ordre 45 000 $ (dont 11 000 $ en CELI), après cotisations au REER et après impôt, si on tient compte de tous leurs revenus.

Tenons également compte du fait qu’ils pourront, au cours des années où leur fils continuera de leur verser un loyer de 800 $ brut, utiliser le montant net de ce revenu (environ 400 $) à des fins d’épargne-placement.

Également, comme l’hypothèque de la maison sera entièrement payée dans cinq ans, le couple pourra utiliser un montant équivalent pour bonifier son épargne-retraite. Il est de toute première importance que Reza et Shedan veillent à ne pas utiliser pour des dépenses diverses le montant libéré, après REER et impôt (environ 45 000 $).

Si l’ordre professionnel de Reza lui permet de se constituer en société (incorporation), il pourrait lui être avantageux de le faire, dans une optique d’économie d’impôt pendant ses années actives, qu’il choisisse de se rémunérer sous forme de salaire ou de dividendes – les bénéfices de l’entreprise étant imposés à un taux beaucoup plus avantageux que ne l’est le taux marginal de l’impôt des particuliers, permettant ainsi un report.

Quant à la possibilité de se constituer un régime de retraite individuel (RRI) en sa qualité d’actionnaire de l’entreprise, je ne saurais assez recommander à Reza, s’il envisage cette avenue, d’en examiner tous les tenants et aboutissants avec l’aide de spécialistes qui maîtrisent les règles de la fiscalité des sociétés.

La valeur ajoutée réelle de cet outil, pour la constitution d’un fonds de retraite, est souvent de 5 à 10 fois moins importante que celle qui est souvent évoquée dans certains milieux financiers, lorsqu’on tient compte de tous les frais et paramètres qui y sont associés.

En conclusion, en se soumettant à une discipline d’épargne rigoureuse dans leurs REER, dans leurs CELI, ainsi que dans des outils d’épargne-placement non enregistrés, et en se prévalant de toutes les dispositions particulières prévues notamment par la RRQ, Reza et Shedan devraient être en mesure de vivre une retraite sans mauvaises surprises, où sera préservée leur qualité de vie actuelle.


 
Daniel Laverdière, A.S.A., Pl. fin., directeur principal – planification financière et conseil, BANQUE NATIONALE GESTION PRIVÉE 1859

Étude de cas : Reza et Shadan

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