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Épargne

L’importance de la planification du revenu préretraite

19 octobre 2011 | La rédaction | Mis à jour le 3 mai 2013 | Commenter

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Quand on pense à la planification du revenu, on pense automatiquement à la retraite. Au cours des années qui précèdent leur retraite, le remboursement des dettes et l’épargne en vue de la retraite constituent des priorités pour vos clients. Ceux-ci ratent ainsi plusieurs occasions de mieux planifier leur revenu, dans l’immédiat.

Plusieurs options avant la retraite
Il existe plusieurs situations, avant la retraite, où la planification du revenu peut jouer un grand rôle dans un plan financier général. Dans ce genre de situation, il pourrait être avisé, et même fiscalement avantageux pour les clients, de profiter des revenus de leur portefeuille avant d’être retraités.

Ces occasions, souvent négligées, vont de l’utilisation d’un barème d’imposition moindre pour certains membres de la famille jusqu’à la maximisation des bénéfices d’entreprises.

La planification des revenus préretraite fait partie d’une gestion de portefeuille équilibrée. Elle suppose donc qu’il faille analyser toutes les possibilités : REER, CELI, produits d’assurance, portefeuilles non enregistrés et autres produits d’investissement. Il faut bien sûr utiliser ces produits d’une manière créative, qui permettra aux clients de payer moins d’impôts.

Premier scénario : générer des revenus pour un professionnel
Des taux d’imposition plus bas peuvent être une possibilité pour un professionnel ou un propriétaire de petite entreprise, qui fait partie d’une société. Accumuler des revenus au sein de la société est un excellent moyen de réduire les taxes et les impôts. Le désavantage est que cet argent doit rester dans la société.

Dans notre premier scénario, il est approprié de créer un revenu à l’intérieur d’un portefeuille personnel, et de le retirer avant la retraite. Ce portefeuille personnel doit générer un revenu suffisant pour soutenir le style de vie du professionnel ou propriétaire d’entreprise et de sa famille jusqu’à ce qu’il soit le temps de retirer son argent de la société. Cela peut se produire soit au moment de la retraite, ou plus tristement lors du décès du professionnel ou de l’entrepreneur.

En créant un flux de rentrée des fonds déjà existants, la taxe sur les gains des sociétés peut être différée jusqu’à ce que les fonds soient entièrement retirés.  Ce report de taxe peut atteindre jusqu’à 35 % dans certaines provinces. Une telle divergence peut permettre d’accumuler des sommes substantielles dans un portefeuille de société, et d’ainsi créer un portefeuille de retraite beaucoup plus gros.

Deuxième scénario : Piger dans son REER avant 71 ans
À 71 ans, tous les Canadiens doivent convertir leur REER en un FERR, et ainsi commencer à décaisser. Ce qui était avant un moyen d’accumuler de la richesse devient donc un revenu. Certains conseillent aux retraités de ne pas toucher à leur REER jusqu’à leur 71e anniversaire et de vivre de leurs autres ressources puisque le revenus produit par le REER n’est pas imposables, tant qu’il n’est pas décaissé. Ce report de taxe permet aux investissements de mieux profiter.

Alors que la planification fiscale générale recommande cette stratégie, dans certains cas il est plus sensé de sortir de l’argent du REER avant 71 ans et de laisser tomber le report d’impôts.

Si l’un de vos clients a un minuscule revenu une fois à la retraite, il serait préférable pour lui de puiser dans son REER avant son 71e anniversaire. Si tout est bien planifié, il est même possible d’obtenir jusqu’à 2000 $ qui ne seront presque pas imposés, puisque votre client sera éligible au droit à la pension. Cet argent pourrait compenser la perte du report d’impôts.

Une autre stratégie consiste à puiser dans le REER pour éviter de rembourser le programme de Sécurité vieillesse. Prendre de l’argent dans le REER aura pour conséquence de réduire la valeur du FERR. En 2013, les Canadiens devront rembourser le programme de Sécurité vieillesse si leur revenu net dépasse 70 954 $, incluant la pension Sécurité vieillesse. Pour chaque dollar de revenu net supplémentaire, 0,15 $ devait être remboursé au programme. Si le FERR est de valeur moindre, les remboursements seront ainsi moins élevés.

Troisième scénario : Créer un revenu à un enfant
Diviser son revenu avec son ou ses enfants peut être une tâche délicate. Il existe beaucoup de règles, dans la Loi de l’impôt sur le revenu du Canada qui affirment que le parent doit quand même payer des taxes sur les dividendes et les revenus générés par les avoirs qui ont été donnés à leurs enfants mineurs.

Cela étant dit, si l’argent est investit dans une fiducie bien établie, c’est l’enfant qui pourrait se voir imposer seulement sur les gains en capital, et ce à un taux très bas.

Dans la plupart des cas, les gains en capital peuvent être mis à l’abri, en utilisant notamment les exemptions personnelles des enfants ou d’autres mesures fiscalement avantageuses. Les gains en capital sont habituellement la seule sorte de revenu qu’un mineur peut gagner sans qu’il ne soit automatiquement réattribué aux parents. Bâtir un portefeuille efficace, qui générerait uniquement des gains en capital (et non des intérêts, des revenus étrangers ou des dividendes canadiennes) est essentiel.

Par chance, de nombreux produits d’investissement ont été créés dans ce but. Créer un portefeuille qui génère uniquement des gains en capital annuels peut être plus avantageux que d’avoir simplement des investissements axés sur la croissance.

Les enfants devront payer de l’impôt sur les revenus de seconde génération, comme on les appelle. Pour rendre les choses plus faciles, les familles peuvent créer un autre compte d’investissement afin d’y accumuler ces revenus de seconde génération. Mais dès que l’enfant atteindra l’âge de 18 ans, tout sera interrompu et l’enfant devra payer de l’impôt sur ses revenus. Il faut dans ce cas, créer un revenu à l’enfant, afin de pouvoir utiliser les taux d’imposition les plus bas auxquels il a le droit ainsi que ces crédits personnels (droits de scolarité, crédit pour études, etc.).

En créant une fiducie, il faut s’assurer que tout est fait dans les règles de l’art. Sinon, ce sont les parents qui devront payer de l’impôt sur les gains en capital.

Assurer un revenu à un enfant handicapé est également une chose importante pour certaines familles. Si c’est le cas d’un de vos clients, il vous faut créer un portefeuille qui générera des revenus assez importants pour répondre à tous les besoins de cet enfant. Vous pouvez même suggérer à votre client l’achat d’une rente, via une compagnie d’assurance, ce qui assurera un revenu à vie à l’enfant.

Quatrième scénario : Les emprunts entre conjoints
Transférer les revenus d’un époux à l’autre peut être une stratégie particulièrement séduisante, notamment quand les taux d’intérêt sont peu élevés. Même si Revenu Canada affirme que les taux pourraient augmenter au cours des prochaines années, ils sont actuellement de 1 %, soit le taux le plus bas depuis 25 ans.

Comme cela fonctionne-t-il? Le conjoint qui reçoit le plus petit salaire du couple peut emprunter de l’argent à celui qui fait le plus d’argent, afin d’investir dans un portefeuille qui produira un revenu. Il ou elle pourra ainsi utiliser les crédits personnels de base, assurés au conjoint, et pourra toujours profiter d’un barème d’imposition moindre.

C’est une bonne idée, auparavant, de s’assurer que le revenu qui sera généré par ce portefeuille permettra de payer l’intérêt (1 %) à son conjoint prêteur. Ce montant doit être payé chaque année, avant le 30 janvier, afin que le prêt demeure valide.

Cinquième scénario : Le CELI
Pour l’instant, le compte d’épargne libre d’impôt (CELI) ne permet pas d’investir beaucoup d’argent, mais quand le plafond sera relevé, le CELI deviendra un joueur plus important dans la planification du revenu et dans la gestion des portefeuilles. Aujourd’hui, plusieurs utilisent le CELI comme abri fiscal pour les gains en capital qu’ils ont soit obtenus lors de négociations, soit d’actions qui ont prises énormément de valeur.

Si les taux d’intérêt et le plafond du CELI augmentent, ce compte deviendra un atout majeur pour les investisseurs plutôt conservateurs. Contrairement aux dividendes et aux gains en capital, les revenus produits par des intérêts sont entièrement imposables, ce qui signifie que près de 50 % du gain s’envole en impôts. Conserver des investissements portant intérêts à l’intérieur d’un CELI peut empêcher cela.

L’importance de la planification du revenu pré-retraite
Planifier les flux nets de trésorerie peut faire une grande différence sur le montant qui sera payé en taxes et en impôts, quand il est question d’avoirs produisant un revenu. C’est une stratégie qui est simple : le conjoint qui gagne le meilleur salaire paie les dépenses quotidiennes pendant que celui qui fait le moins d’argent accumule du capital afin de l’investir. Cette approche pourrait permettre à certains de vos clients d’alléger leur fardeau fiscal. Il est également possible de payer des impôts au nom d’un autre membre de la famille, en s’assurant que ces paiements ne sont pas soumis aux règles d’attribution.

Ce texte est adapté d’un article paru sur Advisor.ca. Traduction par Anaïs Chabot.

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