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Quatre Québécois sur dix jugent leur situation financière précaire

14 avril 2015 | La rédaction | Commenter

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Plus de quatre Québécois sur 10 (41 %) jugent que leur situation financière est fragile, révèle un sondage publié hier par la firme Raymond Chabot.

Réalisée en ligne du 10 au 19 février par Crop auprès d’un échantillon de 1 650 personnes, l’étude Les Québécois et les finances personnelles montre que l’inquiétude est particulièrement présente chez les 18-34 et les 35-44 ans, puisqu’un membre sur deux (50 %) de ce groupe d’âge qualifie ses finances d’« assez » ou de « très fragiles ».

De plus, 50 % des répondants se disent plutôt craintifs face à l’avenir, et 39 % subviennent à leurs besoins actuels sans être capables de mettre de l’argent de côté, notamment en vue de la retraite.

Un sujet encore tabou

Malgré l’étendue de leurs soucis financiers (crédit, épargne, difficulté à respecter leur budget, etc.), la moitié des sondés (50 %) reconnaissent qu’ils sont mal à l’aise d’en parler avec un membre de leur entourage (famille, amis, etc.). Conclusion de Raymond Chabot : « Les questions d’argent demeurent un sujet tabou qu’on préfère taire. »

Conséquence directe de ces difficultés, selon le sondage, 56 % des Québécois affirment que leurs dettes ont augmenté au cours des trois dernières années, tandis que plus d’un sur trois (34 %) ne parvient jamais à épargner.

De tels résultats sont en partie attribuables au contexte économique et social, estime Éric Lebel, associé et syndic en redressement et insolvabilité chez Raymond Chabot Grant Thornton : « Nous vivons dans un monde où chacun manque cruellement de temps pour planifier, et où les tentations sont nombreuses. »

Situation inquiétante

Par ailleurs, le sondage Crop indique qu’un répondant sur cinq (20 %) ignore tout du calcul des intérêts sur ses cartes de crédit, et que plus d’un sur trois (36 %) ne verse pas ses paiements au complet et à temps, ou ne rembourse que le minimum requis.

Une situation plutôt inquiétante, juge la firme, quand on sait que près de quatre Québécois sur 10 (44 %) disposent seulement d’un mois, voire moins, pour vivre en cas de perte de leurs revenus, alors que les règles universelles d’épargne personnelle recommandent d’avoir au moins trois mois de subsistance.

Résultat, plus du tiers d’entre eux (36 %) ont déjà dû réduire leurs dépenses d’épicerie, tandis que 17 % ont emprunté de l’argent et que 14 % ont obtenu une avance de fonds sur leur carte de crédit pour acquitter leurs dépenses courantes.

« Il faut chercher de l’aide »

Dans le même temps, relève le sondage, près d’un habitant de la Belle Province sur deux (46 %) juge que l’argent est « fait pour être dépensé et pour circuler ». Une attitude qu’Éric Lebel dit comprendre : « Parce qu’ils sont économiquement pressés de partout et que les tentations sont nombreuses, les gens peuvent avoir envie de se gâter à l’occasion au lieu d’épargner. C’est très légitime. »

Celui-ci rappelle néanmoins « la nécessité d’apprendre à gérer rigoureusement un budget et à bien connaître sa propre situation » : « Les Québécois ne devraient pas hésiter à s’informer, à parler de leur état et à chercher de l’aide. Parler d’argent ne doit plus être tabou, et l’on doit impérativement obtenir du soutien et de l’encadrement pour éviter le pire », conclut-il.

« Ne perdez pas vos moyens »

Afin d’inciter les consommateurs à faire preuve de vigilance en matière de finances personnelles, « et surtout à briser les tabous à ce sujet », Raymond Chabot a fait appel à l’humoriste Laurent Paquin dans le cadre d’une campagne de sensibilisation intitulée « Ne perdez pas vos moyens », qui sera lancée cette semaine.

« Ayant lui-même vécu jadis des problèmes financiers, il parlera en connaissance de cause, pouvant bien comprendre la réalité quotidienne de ceux qui vivent une telle situation », précise la firme.


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