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Revue de presse

Il n’y a pas que l’argent à la retraite

21 avril 2015 | La rédaction | Commenter

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Patrimoine_Succession_Famille_Retraite_425Les spécialistes sont unanimes : les personnes qui réussissent le mieux leur transition vers la retraite sont celles qui se posent à l’avance la question « Que vais-je faire une fois que j’aurai cessé de travailler? ». Comme les conseillers le savent bien, la planification permet d’amortir le choc que représente le passage de la vie active à l’« âge d’or ». Mais pour ceux qui voient cette étape de leur existence uniquement comme un espace de « liberté » et de farniente perpétuels, la déception est le plus souvent au rendez-vous.

En effet, lorsque la routine du bureau cesse de rythmer les journées, l’organisation du temps n’est pas évidente. Même si cet épisode paraît positif, « il s’agit d’un événement très stressant, qui apportera inévitablement son lot d’incertitudes. L’excitation du début peut facilement tourner à l’ennui, voire à la déprime, si on ne se prépare pas bien mentalement », avertit la psychologue du travail Josée Blondin dans le Guide pratique Préparer sa retraite publié en 2013 par Protégez-Vous.

Selon l’experte, une façon efficace de réduire ce risque consiste à donner un sens nouveau à sa vie en se questionnant sur ses valeurs et sur la place qu’on souhaite occuper dans la société. Et surtout, il faut accepter l’idée de vieillir. Mais attention, insiste Josée Blondin, « il importe de considérer la retraite comme une étape inscrite dans la continuité d’un parcours de vie, et non comme une rupture ou une fuite en avant ».

1) Quelle stratégie adopter?

Mieux vaut commencer à y réfléchir plusieurs années à l’avance, au-delà de l’aspect financier, recommande l’Institut Info-Patrimoine BMO dans un rapport publié en février dernier. Intitulé Départ à la retraite : quelle est votre stratégie?, ce document passe en revue les préoccupations, les opinions et les attitudes de plus de 1 000 Canadiens à ce sujet.

On y apprend notamment que 64 % d’entre eux ont pensé « au moins un peu » aux aspects non financiers de leurs vieux jours. Les retraités satisfaits de leur sort jugent que le fait d’être « occupé et actif » (85 %), d’être « autonome » (63 %) ou d’être « tourné vers l’avenir » (40 %) constituent les facteurs les plus essentiels d’un bon équilibre.

Selon 69 % des sondés, la participation à des activités quotidiennes représente l’élément le plus important d’une transition vers la retraite réussie. Viennent ensuite le sentiment de mener une vie utile et productive (62 %), la possibilité de participer aux activités de son choix (61 %), l’entretien de relations enrichissantes (60 %), l’optimisme envers l’avenir (59 %) et la contribution au bien-être des autres (50 %).

Le rapport de BMO relève aussi que « malgré l’importance que la recherche attribue au fait d’avoir des relations sociales solides, ce facteur essentiel est le moins reconnu par les répondants », puisque seuls 28 % le mentionnent. En revanche, ils sont nombreux à citer l’importance de jouir d’une bonne santé (79 %) et d’avoir assez d‘argent (également 79 %). Ils valorisent ensuite une attitude ou un état d’esprit positif (51 %), la conscience d’un sens ou d’un but à leur vie (50 %) et la capacité de s’adapter aux changements (34 %).

2) Quelles valeurs sont les plus recherchées?

Un important sondage en ligne (en anglais) réalisé l’an dernier par l’Institut Angus Reid auprès de 1 927 retraités et futurs retraités d’un océan à l’autre démontre que les trois choses qui comptent le plus à leurs yeux, hormis la santé et l’argent, sont, dans l’ordre, la qualité de vie en famille, les voyages et le repos.

En effet, plus d’un retraité sur deux (54 %) juge que le fait de passer du temps en famille représente « une source essentielle de sens et de vitalité », tandis que la moitié (50 %) des répondants indiquent que la possibilité de voir du pays constitue un autre aspect très important de leur bien-être. Viennent ensuite le repos et la relaxation, plébiscités par 45 % des sondés, la pratique de loisirs « intelligents » ou physiques (43 %) ainsi que le temps passé avec des amis (39 %). En queue de peloton, on retrouve le bénévolat, sélectionné comme « source de sens à la retraite » par un sondé sur quatre (25 %), le fait d’avoir « une vie spirituelle riche » (14 %) et enfin le travail à temps partiel rémunéré (13 %).

D’une manière générale, le sondage révèle que les retraités canadiens ne semblent pas éprouver de difficultés particulières à « donner du sens » à cette phase de leur vie, puisque les trois quarts (76 %) des répondants se disent en désaccord avec l’assertion : « Je sens que ma vie n’a plus autant de sens maintenant que je suis à la retraite. »

Fait à noter, les sondés toujours actifs sur le marché du travail donnent des priorités assez semblables quand on leur demande d’indiquer ce qui leur permettrait le plus d’enrichir leur propre retraite. Ainsi, 61 % d’entre eux privilégient la possibilité de voyager et 62 % le temps passé en famille.

3) Que faire pour occuper le temps?

« Qu’allez-vous faire des 2 000 heures par année que vous gagnerez à la retraite? », demandait récemment TVA Nouvelles en reprenant le titre d’un sondage réalisé en janvier pour la RBC auprès d’un échantillon de 1 508 personnes âgées de 50 à 75 ans dont le ménage possède de 100 000 $ à 1 M$ d’actifs « investissables ». En effet, souligne la chaîne d’information, si une petite majorité de Québécois ont planifié le financement de leur retraite, ils sont très nombreux (73 %) à ignorer ce qu’ils feront de toutes ces heures de plus.

Selon le sondage, 52 % des futurs retraités de la Belle Province ont planifié « dans une certaine mesure » leurs revenus pour financer leurs vieux jours. Mais à peine le tiers d’entre eux ont identifié l’endroit où ils aimeraient vivre, et 40 % n’ont pas décidé des activités ou des voyages qu’ils effectueront. « De nombreux Québécois mettent l’accent sur l’aspect financier de la retraite plutôt que sur les facteurs liés au mode de vie. Toutefois, la première étape est de se demander ce qu’on aimerait vraiment faire à la retraite », souligne Brigitte Felx, planificatrice financière et représentante en épargne collective à la RBC.

Une autre enquête d’opinion menée pour BMO révélait que la majorité des répondants (73 %) pensaient s’adonner à des loisirs ou voyager, et qu’un grand nombre envisageaient de faire du bénévolat (46 %), de suivre des cours ou d’enseigner (43 %), ou encore de travailler ou de faire de la consultation (31 %). Fait à noter, on observe une certaine différence entre les sexes; il est par exemple plus probable qu’une femme fasse du bénévolat (52 % contre 41 %) ou qu’un homme travaille ou agisse comme consultant (37 % contre 24 %).

4) Comment garder le contrôle sur ses dépenses?

« Les retraités ont beaucoup de temps pour s’amuser, ce qui signifie souvent de sortir le portefeuille », note Simon Lord dans La Presse. Pour les aider à « garder le contrôle de leurs dépenses », le journaliste donne « les trucs de trois retraités qui profitent du bon temps prudemment ».

Jean-Luc Jault, Marcel Coulombe et Monique Loubry ont eu des itinéraires professionnels différents et leurs centres d’intérêt diffèrent également une fois à la retraite. Mais tous, y compris le premier, qui reçoit 80 % du revenu qu’il percevait durant sa vie active, disent avoir dû réorganiser leurs activités afin d’éviter de s’endetter ou de puiser trop vite dans leurs économies.

« Avant de dépenser, je me demande si je pourrais combler mon besoin autrement », s’interroge par exemple Marcel Coulombe, qui affirme « magasiner régulièrement » pour connaître le prix moyen des produits et reconnaître les bonnes affaires. Pour « tuer le temps », lui et sa femme « voyagent et flânent dans les musées ». De son côté, Monique Loubry explique qu’elle adore marcher et se balader à vélo, tandis que le bénévolat occupe aussi « beaucoup de son temps, car elle aide les gens à faible revenu à faire leurs déclarations d’impôt, en plus d’être réceptionniste dans un centre de bénévolat ».

5) Que faut-il faire pour vivre ses rêves?

Mettre de l’argent de côté, bien sûr! Repris par Conseiller.ca, un sondage de la TD effectué en novembre montre que les jeunes Québécois caressent de grands rêves pour leur retraite, comme voyager, acheter une propriété de vacances ou démarrer une entreprise, mais que la plupart (83 %) n’épargnent pas assez pour que ces rêves se transforment en réalité.

Alors que plus de la moitié (59 %) des membres de la génération Y (nés entre le début des années 1980 et le milieu des années 1990) aimeraient quitter la vie active à 60 ans, seulement le quart d’entre eux (28 %) croient qu’ils réussiront à le faire, tandis que la plupart (72 %) s’attendent à devoir travailler bien au-delà de leur 60e, voire 70e anniversaire. Par ailleurs, près de 55 % des sondés comptent faire leur premier grand voyage seulement lorsqu’ils seront retraités.

« D’où l’importance de commencer à épargner le plus tôt possible pour aider à s’assurer qu’on pourra prendre sa retraite au moment où on le souhaite et selon le mode de vie qu’on a en tête », souligne Nacim Hamane, planificateur financier principal chez Gestion de patrimoine TD.

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