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Revue de presse

Mille et une façons de rater sa retraite

27 juillet 2015 | La rédaction | Commenter

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Si bon nombre de Canadiens se préparent adéquatement pour leur retraite, certains imprévus peuvent très vite changer la donne. En particulier des problèmes de santé, affectant le futur retraité ou un membre de son entourage proche, ou encore une période de chômage de longue durée en fin de parcours professionnel.

Or, en cas de départ prématuré du marché du travail, les objectifs d’épargne et le plan de revenu initiaux deviennent caducs. Et il est alors indispensable d’élaborer une nouvelle stratégie qui tient compte de cette réalité. L’objectif? Ajuster ses revenus en fonction du nombre réduit d’années travaillées afin de ne pas épuiser ses économies trop rapidement.

1) Que se passerait-il en cas de retraite prématurée?

Mise en place du régime volontaire d’épargne-retraite, doublement du plafond annuel de cotisation au compte d’épargne libre d’impôt… Les gouvernements ont beau multiplier les mesures incitatives, encore faut-il que l’épargne soit au rendez-vous, et c’est loin d’être le cas, relève Gérard Bérubé dans Le Devoir.

Citant un sondage publié en juin par le Groupe Investors, le journaliste souligne que 43 % des Québécois âgés de 45 à 64 ans ne seraient pas en mesure de couvrir le coût de la vie pendant plus de cinq ans s’ils devaient prendre une retraite prématurée immédiatement. Pire, 17 % d’entre eux déclarent qu’ils ne pourraient subvenir à leurs besoins durant plus d’un an.

Même son de cloche du côté de Jason Heath, dans le Financial Post. Celui-ci rappelle l’importance de disposer d’un fonds d’urgence suffisant pour assurer de trois à six mois de dépenses, soit un montant de 19 000 à 38 000 dollars si on se base sur le revenu familial canadien médian de 76 000 $ après impôts. Or, explique-t-il, « si ce concept de coussin de sécurité est excellent en théorie, le problème est que les Canadiens se montrent incapables de le mettre en pratique, et la tendance ne cesse de s’aggraver ».

2) Le risque de « survivre à ses économies »

Selon une étude commanditée par la Banque HomEquity, spécialiste du prêt hypothécaire inversé, la plupart des Canadiens de plus de 55 ans croient que s’ils prennent leur retraite à 60 ans, leurs fonds seront à sec avant qu’ils n’atteignent l’âge de 80 ans.

Menée par le Brondesbury Group, cette enquête repose sur les résultats d’un sondage national en ligne réalisé auprès de 1 001 personnes réparties en deux groupes. Le premier incluait des préretraités – prévoyant se retirer du marché du travail d’ici 10 ans ou âgés de plus de 55 ans, mais encore actifs; le second était composé de retraités. Résultat : 29 % des préretraités et 35 % des retraités avaient épargné moins de 5 000 dollars pour leurs vieux jours.

3) Combien les retraités dépensent-ils par mois?

Ce montant est dérisoire comparé aux besoins réels des futurs retraités, si l’on en croit un sondage de BMO Gestion de patrimoine publié en juin sur le site Advisor.ca. Effectué en ligne par Pollara auprès de 1 300 répondants d’un océan à l’autre, ce sondage détaille leurs pratiques en matière de temps et d’argent.

Sa conclusion? En moyenne, un retraité dépense 2 400 $ par mois, soit près de 29 000 $ par année. Les principaux postes de dépense sont le logement (668 $), les frais de subsistance, incluant les factures, les vêtements et le transport (581 $), la nourriture (442 $), les déplacements (282 $), les loisirs (167 $) et les frais médicaux (151 $).

4) Un investisseur avisé en vaut deux!

Même si moins de 5 % des quelque 22 000 conseillers réglementés par l’Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières font l’objet de plaintes au cours d’une année, celles-ci concernent souvent des personnes âgées. Ainsi, en 2014, environ 35 % des réclamations examinées par l’organisme provenaient d’aînés.

Consciente de la vulnérabilité particulière de cette clientèle, le numéro de juin du Bulletin de l’investisseur de l’Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières (OCRCVM) a choisi de lui rappeler certains conseils de prudence. On y trouve des réponses à des questions telles que « Comment savoir si votre conseiller possède les compétences nécessaires pour répondre à vos besoins en matière de placement? » Ou encore un « Glossaire des titres de compétence en finances » pour aider les consommateurs à s’y retrouver parmi les divers titres utilisés par les conseillers financiers au pays. Enfin, un questionnaire « Testez vos connaissances », couvrant tout un éventail de sujets, dont les taux d’intérêt, les actions et les obligations, leur permettra d’évaluer leurs connaissances en matière de placement.

5) Certains tirent leur épingle du jeu dès l’âge de 35 ans!

Une infime minorité de jeunes actifs qui en ont la possibilité choisissent une tout autre voie. « Liberté, efficacité, frugalité : ce pourrait être la devise de la communauté Early Retirement. Il s’agit d’un mouvement émanant principalement des États-Unis, mais également présent au Québec, bâti autour de l’idée de prendre sa retraite très tôt, vers 35 ans ou après 10 ans de travail », rapporte Simon Lord, dans La Presse.

Comment font-ils? Ils épargnent massivement, à l’instar d’Adam Jones, ce Montréalais de 32 ans qui met de côté 40 % de son revenu net depuis trois ans et envisage de prendre sa retraite à 40 ou 45 ans. Touchant un salaire annuel de 50 000 dollars, il vise une cagnotte totale de 300 000 à 500 000 dollars.

Toutefois, comme le rappelle La Presse, les objectifs du Québécois type sont bien différents, puisque l’âge moyen prévu pour prendre sa retraite dans la province est de 61 ans, tandis que 4 % des travailleurs de 25 à 44 ans seulement comptent se retirer avant 55 ans.

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