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Revue de presse – La retraite au féminin

21 septembre 2015 | La rédaction | Commenter

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Les Canadiennes âgées de 65 ans ont une espérance de vie de plus en plus longue : 20 % vivront au moins jusqu’à 95 ans, selon l’Institut canadien des actuaires. Et parmi 7 600 centenaires recensés au pays l’an dernier, on comptait sept femmes pour un homme. Une tendance qui ira en s’amplifiant puisque Statistique Canada prévoit qu’en 2061, près des trois quarts des 82 000 aînés de 100 ans et plus seront des femmes.

Le marché du travail s’est grandement féminisé au cours des dernières décennies. Beaucoup de femmes actuellement à l’âge de la retraite ont quitté leur emploi pour élever leurs enfants, travaillé à temps partiel ou gagné un salaire moindre que leurs homologues masculins. Résultat : 50 % d’entre elles craignent d’épuiser leur épargne-retraite de leur vivant, contre 41 % des hommes, selon l’Indice de mieux-être des Canadiens Sun Life 2014. Et bien sûr, cela les oblige à planifier différemment leur retraite.

1) La longue marche vers l’autonomie

Selon l’Institut de la statistique du Québec, en 2011, la province a atteint la parité femmes-hommes en matière de participation à des régimes de pension agréés (RPA). « C’est une évolution importante parce qu’elle illustre la place prise par les femmes dans le marché du travail depuis les années 70, mais surtout l’autonomie financière qu’elles se sont assurée pour l’avenir en occupant un travail à l’extérieur du foyer », explique Gilbert Lavoie dans Le Soleil. Ainsi, 769 587 femmes détenaient un RPA il y a quatre ans, contre 777 660 hommes, ce qui représente un changement important par rapport à 1977, quand seules 347 977 femmes bénéficiaient d’un tel régime, soit deux fois moins que les hommes. Le Soleil attribue cette progression à « une participation fortement majoritaire et plus importante qu’ailleurs des femmes dans les domaines liés à l’enseignement, à la santé, à l’assistance sociale et à l’administration publique ».

2) Les lacunes de l’épargne au féminin

En plus de recevoir un salaire souvent inférieur à celui des hommes, les Canadiennes accusent un retard important en matière de planification et de placements pour la retraite, conclut un sondage de BlackRock publié au printemps dernier. « Bien qu’une proportion semblable d’hommes et de femmes (environ trois sur cinq) affirment avoir commencé à épargner pour la retraite, les femmes ont l’impression qu’il leur sera très difficile de réaliser leurs objectifs financiers », résume Pierre-Luc Trudel dans Conseiller.ca. Puisqu’elles sont moins nombreuses à travailler, et que celles qui le font occupent plus souvent que les hommes un emploi à temps partiel, il est en général plus difficile pour celles-ci de mettre de l’argent de côté, écrit-il.

Ainsi, le revenu moyen équivaut à 75 % de celui des hommes, tandis que la valeur de leur épargne et de leurs placements est inférieure de 46 %.

3) Planifier le plus tôt possible

La préparation et la planification de la retraite sont particulièrement importantes pour les femmes, soulignait Simon Lord cet été dans La Presse. Citant la présidente de Question Retraite, Jocelyne Houle-LeSarge, l’article rappelle que l’espérance de vie d’un homme atteint aujourd’hui environ 85 ans, contre 87 ou 88 ans pour sa compagne. Autre différence notable, le temps passé sur le marché du travail : en général, une femme travaille moins longtemps qu’un homme pour plusieurs raisons, dont les maternités et que bien souvent, c’est elle qui sera l’aidante naturelle de ses parents durant leurs vieux jours.

Autant de raisons qui font qu’elle a tout intérêt à commencer à planifier sa retraite le plus tôt possible.

4) Hommes et femmes : deux perceptions de la retraite

La question du déséquilibre entre les deux sexes vis-à-vis de la retraite ne date pas d’hier. Dès 2011, une étude détaillée de l’Institut Info-Retraite BMO citait plusieurs difficultés spécifiques rencontrées par les femmes pour assurer leurs vieux jours. Intitulée Des voies différentes vers la retraite : les hommes et les femmes planifient différemment, l’étude passe au crible les différences de comportement masculin et féminin et analyse leur incidence sur la planification financière de la retraite. On y apprend, par exemple, que les femmes rencontrent souvent des difficultés particulières : revenu moins élevé, emplois intermittents, plus grande longévité, veuvage ou divorce. Résultat, le site Advisor.ca rapporte que 75 % d’entre elles (contre 62 % des hommes) n’ont aucun objectif d’épargne-retraite, tandis que 67 % n’ont rien prévu de particulier pour cette étape de leur vie (comparativement à 55 % de leurs compagnons).

5) Le tabou de l’argent

Malgré ces difficultés, les questions financières représentent encore trop souvent un sujet tabou au sein du couple, déplore Gérald Fillion dans son blogue sur le site de Radio-Canada. « Il est tellement difficile de parler d’argent qu’on en vient même à constater qu’un très grand nombre de personnes n’ont aucune idée précise du revenu de leur conjoint », constate le journaliste. Pour étayer cette observation, le journaliste économique cite un récent sondage réalisé par Fidelity Investments, selon lequel 43 % des Américains sont incapables de dire combien leur partenaire gagne dans la vie. Pire : 10 % d’entre eux se trompent d’au moins 25 000 dollars dans leur évaluation!

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