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Une hypothèque à la retraite? Non merci!

28 mars 2016 | La rédaction | Commenter

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retraite_couple_propriete_hypotheque_maison_425Chacun devrait rester au travail tant qu’il ne s’est pas acquitté de toutes ses dettes. Car la base d’une indépendance financière passe par la fin de son hypothèque, estime le chroniqueur du Financial Post Jonathan Chevreau.

Il reconnaît qu’un large segment de la population n’a tout simplement pas les moyens d’être propriétaire, de bénéficier d’un régime de retraite de son employeur ou de cotiser à un REER ou un CELI. Lui-même connaît des aînés qui vivent dans un appartement en location et qui n’ont aucun filet financier. Certains sont obligés de demander des prêts sur salaire en attendant les prestations de leur régime de pension gouvernemental ou du Supplément de revenu garanti.

Tous les deux ans, Doug Hoyes, président du syndic de faillite Hoyes Michalos & Associates, réalise une étude sur l’endettement des boomers. Les données sont troublantes, commente le chroniqueur du Financial Post, qui rappelle que cette génération a aujourd’hui entre 52 et 70 ans.

En 2015, 10 % d’entre eux étaient endettés, contre 8 % quatre ans auparavant. Ils doivent en moyenne 69 031 $, plus que n’importe quelle autre catégorie d’âge. Et 9 % d’entre eux ont recours au prêt sur salaire. Or, le prêt sur salaire s’apparente à l’usure, les taux d’intérêt étant démesurément élevés, dénonce Jonathan Chevreau.

Par ailleurs, 53 % des boomers endettés vivent seuls. Quand on leur demande d’où proviennent leurs problèmes financiers, ils citent très souvent la maladie ou les blessures comme causes principales de leurs problèmes. Parmi ceux qui ont connu une faillite personnelle, 9 % avaient eu recours au prêt sur salaire. Dans certains cas, leurs enfants adultes leur avaient demandé de l’argent et ils étaient trop gênés de répondre qu’ils n’avaient pas assez de revenus.

À l’autre extrémité se trouvent les gens riches. Ces boomers aisés, propriétaires de leur habitation, bénéficiant de généreux régimes de retraite à prestations déterminées et d’investissements, enregistrés ou non. Pour eux, le principal enjeu sera de bien gérer leur impôt et de le planifier, croit Doug Dahmer, président d’Emeritus Retirement Solutions. Dans leur cas, emprunter peut d’ailleurs s’avérer une bonne idée.

AVOIR LE CONTRÔLE DE SES VIEUX JOURS

Et puis, entre les deux, il y a les autres, poursuit M. Chevreau. Bénéficiant peut-être d’un modeste régime de retraite collectif, de revenus moyens et d’une maison à l’hypothèque pas tout à fait remboursée, mais qu’il pourrait être tentant de considérer comme une source de revenus au moment de prendre sa retraite ou sa préretraite.

Ce groupe médian est tiraillé entre l’envie de se débarrasser de son hypothèque au plus vite ou celle de profiter des bas taux d’intérêt pour se bâtir un filet financier sur le marché boursier.

Les deux comportements se tiennent et il y aura toujours des experts pour défendre l’un plutôt que l’autre, croit Jonathan Chevreau.

De son côté, il préfère avoir assez d’indépendance financière pour que travailler – même à temps partiel – soit un choix. Si les bas taux d’intérêt peuvent inciter à ne pas rembourser trop vite son hypothèque, il ne faut pas oublier que ces bas taux sont intéressants tant et aussi longtemps que l’on est capable de payer. Or, une perte d’emploi, un divorce ou une maladie peuvent survenir. Et personne ne peut prévoir non plus combien coûtera l’essence… ou le chou-fleur le mois prochain.

Avoir des dettes à la retraite équivaut donc à ne pas avoir complètement le contrôle de ses vieux jours, conclut Jonathan Chevreau.

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