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Étude de cas – Quand le temps d’arrêter… est arrivé!

11 février 2016 | Soumis par la Financière Sun Life | Commenter

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Retraite_Heureux_Bonheur_Automne_Couple_425La retraite, Gilles, de la Rive-Sud, y songe depuis un bon moment. En février, lorsqu’il a quitté son employeur de longue date pour se lancer à son compte, il s’était dit qu’il travaillerait dur pendant quelques années, le temps d’accumuler assez de capital pour ranger ses crayons pour de bon. Mais, après quelques mois à ne plus compter les heures, il estime que le temps est arrivé.

« Dans un an, un an et demi maximum, j’aimerais tout arrêter », dit ce gestionnaire en informatique de 55 ans.

Sa femme, Ginette, 60 ans, l’appuie dans son objectif. Elle est bien consciente que son homme est actuellement dans ses meilleures années de revenus, mais elle le trouve fatigué et se demande si ça vaut vraiment la peine de travailler autant. Elle aimerait le voir plus souvent à la maison, elle qui est retraitée depuis trois ans.

Mais en ont-ils les moyens?

Même si cela peut paraître étonnant, Gilles n’a pas de plan particulier pour ses vieux jours. Pas d’escapade en voilier, aucune intention d’ouvrir une pâtisserie, ni de faire le tour du monde. Juste quelques voyages à l’occasion et profiter du chalet durant une quinzaine d’années, voilà ce qu’il a en tête.

« Une vraie retraite pépère! », dit-il.

Il n’empêche que la retraite pépère ou pas, Gilles a mille et une questions en tête. Il se demande à quel âge exactement il pourra arrêter et de combien de capital accumulé il aura besoin pour maintenir le train de vie de son couple.

L’avis de François Bernier

François Bernier
Directeur, techniques avancées de planification – gestion des avoirs à la Financière Sun Life

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Pascale Vachon

Pascale Vachon
Conseillère en sécurité financière

Jean-François Dufour

Jean-François Dufour
Conseiller en sécurité financière

Karine Labelle et Salvatore Mulé

Karine Labelle
Salvatore Mulé

Conseillers en sécurité financière

« Quelle est la meilleure stratégie pour atteindre cet objectif? », se demande-t-il.

Bonne situation

Côté finances, le couple est assez bien positionné. Les revenus de Gilles (rente et retraits de placements) sont d’environ 54 000 $ après impôts. Son entreprise génère aussi 150 000 $ par année, après impôts. Quant à Ginette, elle touche une rente annuelle de 40 000$, aussi après impôts.

En actifs, Gilles a pour 182 400 $ en REER, 239 000 $ dans un CRI, 18 600 $ dans un CELI, 246 800 $ en placements non enregistrés et 34 800 $ dans son entreprise. Ginette, elle, possède 34 000 $ en REER et 10 500 $ dans un CELI. Le couple est également propriétaire d’une maison de 350 000 $ et d’un chalet d’une valeur de 100 000 $.

En passifs, pas grand-chose, à part une marge de crédit hypothécaire de 150 000 $, qui sert exclusivement aux investissements; les intérêts sont donc déductibles d’impôt.

Pour maintenir leur train de vie à la retraite, Gilles et Ginette devront générer environ 6 500 $ par mois. Actuellement, la rente de Ginette en pourvoit déjà la moitié. Leurs placements, la petite rente de Gilles, les prestations gouvernementales et l’équité sur les résidences devront donc contribuer au reste, soit environ 3 250 $ par mois.

Enfin, en se basant sur l’ordre simple d’encaissement à la retraite (CELI, placements, REER-CRI), une prise immédiate de la retraite signifierait peut-être un manque de revenus à partir de 75 ans selon une hypothèse de rendement conservatrice et un taux d’inflation de 2,25 %. Mais est-ce réaliste comme projection? Que faire, donc, pour optimiser tous leurs actifs afin de leur permettre d’avoir un niveau de vie décent jusqu’à 85 ans? Est-ce possible?

Pascale_Vachon_150 Opinion no 1
Pascale Vachon
B.Comm., conseillère en sécurité financière

Notre toute première recommandation à Gilles et à Ginette serait de rencontrer un conseiller en sécurité financière qui saura notamment recueillir auprès d’eux toute l’information nécessaire pour mener une analyse complète de leur situation et de leurs besoins.

Il manque plusieurs éléments d’information indispensables ici pour nous permettre de proposer, en tout professionnalisme, une stratégie vraiment éclairée.

À titre d’exemple, avant de faire quelque proposition que ce soit, il serait de toute première importance de connaître le budget actuel du couple, en détail, l’origine des rentes perçues actuellement, ainsi que leur durée, le montant en capital et intérêts qui est dû à la marge de crédit hypothécaire (gains ou pertes sur le placement), la nature des placements actuels, et le profil d’investisseur de Gilles et de Ginette, notamment.

Pour les besoins de l’étude de cas, à première vue, et sous toute réserve, on peut théoriquement affirmer que Gilles peut sans problème prendre sa retraite dans un an ou un an et demi. Pour l’affirmer, nous nous fondons sur le fait que, par exemple, les revenus de son entreprise sont de 150 000 $ par année, après impôt, ce qui représente cumulativement 225 000 $ sur une période d’un an et demi, montant qui pourra être placé entièrement ou en partie afin d’être mis à contribution pour la retraite. S’ajoutent à cela 54 000 $ (après impôt) par année provenant d’une rente et de retraits de placements (dont nous ne connaissons pas les détails).

Or, selon les données fournies, pour que le couple puisse maintenir sa qualité de vie actuelle à la retraite, Gilles et Ginette devront générer, ensemble, environ 6 500 $ net par mois. Comme la rente de Ginette pourvoit déjà la moitié de ce montant, l’apport de Gilles devra être de l’ordre de 3 250 $ net, toutes sources confondues (placements, rente, prestations gouvernementales et équité sur les résidences).

Par ailleurs, n’ayant que 55 ans, Gilles ne pourra pas compter sur les prestations gouvernementales (RRQ et Sécurité de la vieillesse) pour le moment. Puisqu’il est propriétaire de son entreprise, il pourrait envisager de réduire ses activités de 50 %, ce qui lui permettrait tout de même de générer des revenus de 75 000 $ durant un certain temps. La décision reviendrait alors entièrement à Gilles.

Mais nous savons par ailleurs qu’il a un revenu annuel de 54 000 $ net provenant d’une rente et des retraits de placements, et qu’il aura droit aux prestations gouvernementales (RRQ et Sécurité de la vieillesse). À partir du moment où il serait admissible, Gilles pourra choisir à quel moment il déciderait de se prévaloir des prestations gouvernementales, en tenant compte des pénalités s’il commençait à recevoir la RRQ avant l’âge de 65 ans. Selon nous, ces prestations devraient représenter près de 20 000 $ par année, à compter de l’âge de 65 ans.

Par ailleurs, le prêt-levier de 150 000 $ (marge hypothécaire) constitue un élément important. Pour rembourser ce prêt, Gilles pourrait prévoir à son budget un paiement mensuel, ou encore puiser à même ses placements non enregistrés pour liquider le prêt au moment de sa retraite, ou enfin régler ce prêt au moyen d’une assurance-vie afin de continuer de bénéficier de la croissance de ses placements.

À tout événement, tous les placements enregistrés de Gilles et de Ginette devraient, selon nous, être assurés au deuxième décès afin d’atténuer l’impact du paiement de l’impôt sur la succession, pour les héritiers. Mais nous sommes conscients que cela relève d’une décision personnelle. Le couple pourrait également juger qu’il préfère que l’impôt soit payé à même la succession. C’est là un exemple du type d’information qu’une rencontre avec le client nous permettrait de connaître.

Également au chapitre des assurances, Gilles et Ginette devraient veiller à se prévaloir d’assurances suffisantes pour régler toutes les dépenses survenant en cas de décès ou de maladie, afin de ne pas affecter leurs objectifs de retraite.

En résumé, pour pourvoir aux besoins du couple à la retraite, on sait que Gilles devra avoir des revenus de l’ordre de 39 000 $ net par année (soit 3 250 $ net par mois).

Sous réserve qu’il puisse compter sur le montant de 54 000 $ net de revenus de rente et de retraits de placements à vie, il sera en mesure de donner forme à son projet de retraite, si l’on tient compte du fait qu’il recevra des prestations gouvernementales à une date déterminée par le client selon son admissibilité, sans oublier les montants qui proviendront de son REER, de son CRI et du CELI, ainsi que la valeur nette de la maison et du chalet, qui pourraient être mises à contribution plus tard, si le couple le souhaite.

Rappelons en terminant que nos recommandations sont faites sous toute réserve, compte tenu qu’il manque de nombreux éléments d’information et que nous veillerions à recueillir auprès du client pour être en mesure de faire une analyse complète de la situation financière détaillée du couple, de ses besoins et de ses projets.

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Opinion no 2
Jean-François Dufour
Conseiller en sécurité financière, représentant en épargne collective

Évidemment, à l’occasion de la première rencontre avec les clients, une cueillette de données détaillées doit être faite. La prise d’information ne doit pas se limiter aux données chiffrées. Elle doit aussi tenir compte des préoccupations, des craintes, des désirs particuliers, des objectifs, de l’état de santé, des dernières volontés du client. Il y a énormément d’informations émotionnelles qui viendront influencer les recommandations. On peut par exemple s’interroger sur la pertinence d’obtenir une couverture d’assurance vie très coûteuse, mais quand, par exemple, une cliente nous explique que l’objectif est de protéger les soins à long terme d’un enfant handicapé après le décès des parents, on peut comprendre la décision. Tel n’est pas le cas ici.

Dans l’étude de cas, beaucoup de questions restent en suspens pour établir un portrait global rigoureux de la situation actuelle de Gilles, ce qui rend très difficile l’élaboration d’une stratégie précise, qui requiert plusieurs éléments d’information qui manquent dans l’énoncé du cas. Il demeure toutefois possible d’étayer des hypothèses et des recommandations générales fondées sur les quelques informations dont nous disposons.

L’élaboration d’un budget est essentielle lors de la planification de la retraite. Elle nous permet d’établir notre coût de vie avec exactitude. Il est encore plus judicieux de ventiler les dépenses en trois catégories : les dépenses liées au frais de subsistance, les dépenses liées aux loisirs et les dépenses liées aux soins de santé. Dans le cas présent, nous savons que Gilles et Ginette ont besoin d’un revenu d’environ 6 500 $ par mois et que Ginette a déjà un revenu de 3 250 $ qui provient d’une rente. Nous n’avons aucune autre information sur la nature de cette rente. Je présume donc que les revenus de Ginette seront de 3 250 $ à vie. Il y a donc un manque à gagner de 3 250 $ par mois net pour le couple. Pour pouvoir prendre une retraite immédiatement, Gilles doit avoir suffisamment d’épargne pour générer 3 250 $ net par mois, de 55 ans à 85 ans. Il serait même plus sécuritaire de prolonger le scénario de retraite jusqu’à 90 ans afin de refléter plus réalistement la réalité d’aujourd’hui quant à l’espérance de vie.

Voici les faits sur lesquels j’ai porté mon attention. Nous savons que l’entreprise génère 150 000 $ par année après impôt. L’étude de cas ne le précise pas, mais je présume qu’il s’agit d’une entreprise constituée en société (inc.). Gilles possède 182 400 $ en REER, 239 000 $ dans un CRI, 18 600 $ dans un CELI et 246 800 $ dans un compte non enregistré. Il a une marge de crédit hypothécaire de 150 000 $, qui sert exclusivement aux investissements.

Recommandations :

Il est important que le profil d’investisseur du client soit établi et respecté. Nous n’avons pas de détails sur la tolérance au risque de Gilles, mais pour les sommes qui seront décaissées à court terme, un portefeuille de type revenu pourrait être envisagé afin de minimiser l’impact de la volatilité des marchés.

Je recommande de maximiser le CELI de Gilles, ainsi que celui de Ginette. Gilles devrait évaluer la possibilité de transférer le maximum actuellement disponible dans son compte non enregistré afin de le déposer dans son CELI, et dans le CELI de Ginette. Il serait avantageux de veiller à ce qu’une portion du CELI soit disponible à court terme afin de constituer un fond d’urgence.

L’argent non enregistré devrait être investi dans un portefeuille de Catégorie de société afin de minimiser l’impact fiscal sur les gains futurs.

L’utilisation de la marge hypothécaire pour investir n’est pas une stratégie recommandable à « monsieur et madame Tout-le-monde ». Il s’agit d’une stratégie que l’on pourrait qualifier d’audacieuse. L’investisseur type possède une tolérance au risque élevé et un long horizon de placement. Nous ne savons pas si la marge est utilisée, ni à quelle hauteur, mais de manière générale, à la retraite, en mode décaissement, avec un horizon de placement court terme, cette stratégie n’est pas conseillée.

La prise de retraite à l’âge de 55 ans est une manœuvre coûteuse, car aucune prestation gouvernementale ne vient alléger le fardeau du revenu, qui doit entièrement provenir de l’épargne personnelle, ce qui érode énormément les économies.

À la lumière des informations que nous avons, je crois que Gilles est un candidat parfait pour une préretraite. Il gère son entreprise lui-même, laquelle génère des revenus intéressants. L’idéal serait qu’il continue à travailler, environ 3 jours par semaine, pendant encore quelques années. Tout en réduisant son temps de travail, il pourrait sûrement produire des revenus de l’ordre de 85 000 $ dans son entreprise, chaque année, et ainsi accumuler une somme intéressante. De plus, Gilles aurait ainsi beaucoup plus de temps à consacrer à ses loisirs personnels. Il pourrait aussi trouver une relève pour que l’entreprise demeure prospère et que les clients continuent à obtenir un service adéquat.

Le réflexe naturel est de repousser le plus tard possible l’imposition sur les comptes enregistrés. Par contre, il serait avantageux pour Gilles de contrôler l’impôt et de l’étaler sur plusieurs années afin de conserver un taux d’imposition plus bas. Gilles devrait viser un revenu imposable de moins de 42 000 $ afin de conserver un taux marginal d’imposition de 28,5 %. Tant que l’entreprise produira des revenus intéressants, Gilles devrait continuer à se verser un salaire de manière à continuer à contribuer à la RRQ et à son REER. Un dividende devrait combler le reste de ses besoins, et ce, de 55 ans jusqu’à ce qu’il ne travaille plus. Pendant cette période, il pourrait désimmobiliser son CRI, selon les règles et la juridiction.

À 60 ans, Gilles devra faire un choix à propos du possible retrait anticipé de la RRQ. Sa décision dépendra de plusieurs facteurs. Est-ce qu’il travaillera encore ? Est-ce qu’il aura trouvé une relève ? Est-ce qu’il sera en santé ? Est-ce qu’il aura des dépenses supplémentaires à ce moment-là ?

En matière d’assurances, je recommanderais à Gilles et à Ginette d’examiner leurs besoins éventuels, sachant notamment que plus on avance en âge, plus les besoins liés aux soins de santé peuvent être préoccupants. La question des assurances est beaucoup une affaire de choix personnels, et d’assurabilité. J’inviterais néanmoins Gilles et Ginette à explorer diverses hypothèses en matière d’assurance maladie grave et d’assurance soins de longue durée, plus tôt que tard, car plus le temps passe, plus les risques sont élevés, ainsi que les primes.

Au chapitre du chalet et de la maison, on sait que Gilles entend utiliser son chalet à la retraite. Plus tard, à la deuxième phase de la retraite, où les besoins en matière de santé peuvent être plus importants, le couple pourra envisager de vendre ces immeubles pour acheter, par exemple, un condo, et se constituer un capital avec le solde du prix de vente pour garantir sa qualité de vie. Gilles devra à ce moment consulter son comptable afin d’élaborer une stratégie concernant l’exemption de la résidence principale.

En conclusion, en nous fondant sur les informations partielles dont nous disposons, si Gilles peut envisager de continuer de travailler à temps partiel pour 3 ou 4 ans il pourra théoriquement, selon nous, maintenir sa qualité de vie actuelle et vivre une retraite à la hauteur de ses attentes.

Mais nous ne saurions assez lui recommander de consulter un conseiller professionnel pour obtenir une analyse complète de sa situation avant de prendre sa décision.

Karine_Labelle_et_Salvatore_Mule_150
Opinion no 3
Karine Labelle, conseillère en sécurité financière et représentante en épargne collective
Salvatore Mulé, conseiller en sécurité financière, représentant en épargne collective et assurance collective

Le cas de Gilles et Ginette n’est pas un cas complexe en soi, mais pour bien en circonscrire tous les tenants et aboutissants, nous recommandons en tout premier lieu la tenue d’une rencontre avec un conseiller financier afin de recueillir des données complètes et détaillées sur la situation financière du couple.

Cette prise de données devrait bien sûr porter sur tous les aspects financiers de leur situation, mais également sur les aspects juridiques et fiscaux, et ceux de gestion du risque et de gestion de la dette. Il est important de vérifier l’incidence de tous ces volets sur leur portefeuille.

Au cours de cette première rencontre, il serait également important de bien cerner les valeurs personnelles des deux membres du couple, leurs convictions, leur état de santé, et de discuter avec eux des divers facteurs qui pourraient avoir une incidence sur l’établissement de leur espérance de vie : historique de santé de leurs pères et mères respectifs, ainsi que celui de leurs frères et sœurs. L’objectif poursuivi est également d’évaluer les risques de perte de santé et de qualité de vie, dans une optique de saine gestion du portefeuille.

Par ailleurs, on souhaitera également savoir s’il est important pour eux de laisser un héritage à leurs enfants, s’ils en ont.

Enfin, la prise de données devra bien sûr comprendre l’établissement du budget détaillé du couple et du coût mensuel réel de la vie, ainsi que du profil d’investisseur des deux membres du couple.

À première vue, en nous fondant sur les éléments d’information dont nous disposons, les éléments d’actif du couple nous semblent suffisants pour lui assurer une retraite confortable. Mais il serait important de prendre le temps de discuter avec Gilles et Ginette de leur style de vie actuel, et de celui qu’ils souhaitent avoir une fois à la retraite.

Si les premières années de retraite sont habituellement les plus actives, une part de plus en plus importante des fonds est consacrée aux coûts liés à la santé, au gré des ans. Trop de gens omettent de tenir compte de cet aspect dans leur planification de la retraite. C’est la responsabilité du professionnel de la planification financière de veiller à ce que les actifs des clients soient adéquatement gérés afin de couvrir ces besoins éventuels liés à la santé.

À titre d’exemple, si Gilles devait avoir besoin de soins pendant plusieurs années, cela pourrait avoir un impact important sur la qualité de vie financière de Ginette à moyen et à long terme, si aucune mesure n’a été prise pour parer à cette éventualité. Cela illustre l’importance d’établir une planification fondée sur une approche holistique, qui tiendra compte de tous les aspects susceptibles d’avoir un impact sur la qualité de vie et la stabilité financière du couple.

L’approche que nous préconisons pour le couple, fondée sur les informations dont nous disposons actuellement, est destinée à optimiser les aspects fiscaux liés à la gestion de leurs avoirs. Ainsi, nous recommandons à Gilles et à Ginette de maximiser leur CELI respectif, à hauteur de 46 500 $ chacun, en prenant soin de choisir des placements de qualité, adaptés à leurs profils d’investisseur respectifs.

Il serait important de vérifier si le CRI de Gilles est fédéral ou provincial. Dans le premier cas, Gilles devrait veiller à désimmobiliser la portion admissible du CRI (50 %) afin de bénéficier d’une plus grande flexibilité.

Les placements non enregistrés de Gilles devraient être, le plus possible, investis dans des fonds de catégorie de société, lesquels permettent de transformer l’intérêt en gains de capital et de reporter l’imposition dans le temps.

Par ailleurs, les éléments d’actif du couple sont suffisants pour lui permettre de se prévaloir de la gestion privée, une formule avantageuse puisqu’elle est assortie de frais de gestion réduits.

Lorsque Ginette aura atteint 65 ans, nous recommandons au couple de tirer parti du fractionnement du revenu afin de bénéficier de taux d’imposition plus avantageux. Dans cette optique, il serait important d’obtenir le montant exact des rentes que reçoit Ginette afin d’évaluer la possibilité et la pertinence d’un partage des prestations de la RRQ, et de savoir si le fractionnement du revenu peut être fait immédiatement, ou s’il faudra attendre que Ginette ait atteint 65 ans.

Dans le cas où le fractionnement du revenu serait possible, nous recommanderions de reporter le plus possible les retraits des investissements enregistrés, et de ne retirer que les placements non enregistrés et le CELI. Les retraits à même les placements non enregistrés pourraient être utilisés pour rembourser du capital, exclusivement, et pour reporter l’impôt pendant plusieurs années.

Pour la période des 12 à 18 prochains mois, il serait judicieux que l’entreprise de Gilles investisse ses avoirs dans des véhicules fiscalement avantageux. L’entreprise détient actuellement 34 800 $ et elle générera un revenu potentiel de 150 000 $ au cours de la prochaine année. Ces fonds pourraient être placés dans des fonds de catégorie de société. Par ailleurs, au cours des cinq prochaines années, l’entreprise pourrait verser des dividendes à Gilles. Ses avoirs personnels pourront ainsi continuer de fluctuer.

Enfin, le couple pourra, lorsqu’il le jugera approprié, vendre le chalet afin de libérer des sommes pour maintenir sa qualité de vie plus tard. À titre indicatif, si le couple vendait le chalet dans 15 ans, la valeur de la propriété aurait potentiellement doublé (sans l’inflation et selon le taux de rendement immobilier actuel), ce qui constituerait une entrée de fonds supplémentaire pour financer les besoins du couple dans la dernière phase de la retraite. La maison familiale pourra également être vendue lorsque le couple jugera cela approprié, afin d’augmenter ses liquidités. Rappelons que le produit de cette vente ne sera pas imposable, puisqu’il s’agit de la résidence principale du couple.

Ainsi, Gilles pourra selon nous prendre sa retraite, comme il le souhaite, dans 12 à 18 mois. Les revenus proviendraient alors du régime de retraite de Ginette, et comme Gilles aurait transféré les avoirs de son entreprise, cette dernière pourrait lui verser des dividendes à hauteur de 39 000 $ par année, revenus qui seraient imposables à raison de 1 400 $ par année, et qui répondraient à ses besoins pour maintenir la qualité de vie du couple.

Pour protéger les avoirs de la famille, nous recommandons à Gilles et Ginette de souscrire, chacun, une assurance de soins de longue durée, qui contribuera à préserver leur qualité de vie en cas de perte d’autonomie, et une assurance-vie au dernier décès, qui permettra de régler l’impôt au dernier décès et de laisser un patrimoine le plus important possible aux héritiers.

En conclusion, en se livrant à un exercice de planification rigoureuse de la retraite auprès d’une équipe de spécialistes chevronnés, le couple pourra mettre toutes les chances de son côté pour connaître un avenir radieux à sa retraite, en toute tranquillité d’esprit, grâce à un plan solide.


François Bernier

L’avis de François Bernier, notaire
Directeur, techniques avancées de planification – gestion des avoirs à la Financière Sun Life

Selon mes projections, Gilles et Ginette auront assez de capital pour assumer leurs coûts jusqu’à hauteur de 6 500 $ par mois, en se basant sur le rendement conservateur de 2.8 % défini par l’Institut québécois de planification financière (IQPF). Je présume ici que la rente de monsieur est de 15 000 $ et qu’il recevra le maximum de la RRQ à partir de 65 ans, tandis que madame recevra une partie de la RRQ à partir de 60 ans.

Le problème se pose plutôt après 85 ans, où ils vont entrer en déficit. Ils auront épuisé leurs fonds non enregistrés et il leur manquera environ 50 000 $ par an.

Tout dépend donc de leur longévité. Si leur vie s’allonge, ils vont rencontrer des risques financiers. Statistiquement, un homme de son âge a 50 % de chances d’atteindre 85 ans, 25 % de se rendre à 90, et 10 % d’en fêter 95. Donc, il y a au moins une chance sur deux qu’il manque d’argent.

Gilles aurait donc avantage à considérer l’utilisation de produits offrant une protection contre le risque de longévité, tels un fonds distinct avec une garantie de revenu viager, ou bien une rente pour au moins une partie de son portefeuille.

Bien sûr, on dépense moins en vieillissant. À moins d’avoir une santé de fer, on ne se lance plus dans de grands projets passé un certain âge. Par contre, les dépenses augmentent du côté des soins de santé et des services à domicile.

En faisant leur budget pour la retraite, Gilles et Ginette devraient aussi envisager un fonds d’urgence pour les imprévus, comme un toit à remplacer ou un pépin de santé.

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