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Fini le boulot : catastrophe pour la retraite?

10 décembre 2015 | Commenter

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Ça lui est tombé dessus comme c’est arrivé à des milliers d’autres: il y a cinq mois, Normand, 55 ans, de Boucherville, a perdu son emploi, après 37 ans de bons et loyaux services pour le même employeur. Pour ce technicien du domaine de l’imprimerie, le choc fut si brutal qu’il a encore bien du mal à l’encaisser. Surtout qu’il avait prévu prendre sa retraite dans sept ans.

Maintenant, sa conjointe et lui se demandent si ce sera encore possible ou s’ils devront changer leurs plans.

« C’est dur de ne plus être certain de pouvoir vivre ses rêves de retraite », dit Normand, un peu désabusé.

Pour ne pas avoir à piger dans ses économies, Normand s’est résigné à trouver un autre emploi. Le plus ironique, c’est qu’il travaille maintenant pour le sous-traitant qui a repris les activités d’imprimerie de son ex-employeur. Il fait donc pratiquement le même boulot… mais pour la moitié du salaire qu’il touchait auparavant.

« Je suis très malheureux dans mon nouvel emploi », admet-il sans détour.

L’avis de François Bernier

François Bernier
Directeur, techniques avancées de planification – gestion des avoirs à la Financière Sun Life

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Marco R. Carreau

Marco R. Carreau
Planificateur financier

Christiane VanBolhuis

Christiane VanBolhuis
Planificatrice financière

Martine Bourassa

Martine Bourassa Conseillère en sécurité financière

Ce qui le réconforterait serait de savoir s’il pourra quand même se retirer au moment prévu. Mais il l’avoue d’emblée, ni lui ni Diane, sa conjointe, ne savent comment faire pour calculer tout ça. Pour leurs vieux jours, ils ne prévoient rien de compliqué. Des balades aux États-Unis, un ou deux voyages par année en routard en Europe et en Afrique, prendre le temps de vivre à la maison… Dans le fond, ce dont Normand et Diane ont le plus besoin présentement, c’est d’être rassurés.

Alors, que disent les chiffres? Ce n’est pas si mal, mais c’est un peu serré. À eux deux, Normand et Diane gagnent environ 100 000 $; au net, il leur reste 61 100 $. Selon leur estimation, leurs dépenses annuelles s’élèvent à 60 500 $. Ils ont donc, en théorie, un léger surplus de 600 $ par année. Pas assez pour les sécuriser.

Côté placements, Normand possède 216 000 $ en REER; Diane, 85 000 $. À sa retraite, dans sept ans, Normand aura droit à une rente annuelle de son ex-employeur de 22 512 $, qui tombera à 11 000 $ lorsqu’il atteindra 65 ans. Diane, elle, touchera, à partir de 60 ans, 49 000 $ par année du RREGOP; rente qui sera abaissée à 38 000 $ lorsqu’elle aura 65 ans. Les deux devraient avoir droit aux prestations de la Régie des rentes du Québec, lui à 62 ans, elle à 60 ans, et la pension de vieillesse fédérale.

Dans leur esprit, Normand et Diane ont imaginé un scénario qui leur permettrait de dégager davantage de liquidités d’ici quelques années. En effet, deux postes de dépenses accaparent actuellement près de 1 400 $ par mois, soit 700 $ pour le paiement de l’automobile, et un autre 700 $ pour les versements hypothécaires sur leur chalet des Laurentides. Le prêt automobile sera remboursé l’an prochain, alors qu’il reste six ou sept ans avant d’avoir fini de payer l’hypothèque. Le couple croit donc pouvoir dégager 8 400 $ dès l’an prochain, une fois l’auto payée (12 X 700 $) et le même montant d’ici quelques années une fois l’hypothèque payée.

Marco R. Carreau Opinion no 1
Marco R. Carreau
Planificateur financier, Solutions financières Marco R. Carreau inc., Cabinet de services financiers – distributeur autorisé par la Sun Life du Canada, compagnie d’assurance-vie et cabinet partenaire de Distribution Financière Sun Life (Canada) inc., sa filiale.

Pour Normand et Diane, le besoin le plus pressant pour atteindre autant qu’il se peut leur objectif de retraite d’ici sept ans est que le couple s’attable sans plus attendre avec un conseiller financier digne de confiance afin de brosser un portrait détaillé de sa situation financière actuelle.

Compte tenu du caractère modeste des revenus du ménage, il est de toute première importance que le couple ait une vision complète, chiffres à l’appui, de son budget actuel et de celui qu’il aura à la retraite. Normand et Diane pourront ainsi déterminer avec exactitude les montants qu’ils pourront mettre de côté mensuellement d’ici sept ans afin de bonifier leurs revenus à la retraite, mais aussi de se constituer un fonds d’urgence pour les aider au gré des aléas de la vie, une fois à la retraite.

Ce fonds d’urgence pourrait également leur permettre de donner forme à leurs projets de voyage, une fois à la retraite, mais je ne saurais assez leur recommander de faire preuve de circonspection dans leurs attentes à cet égard, compte tenu de leurs revenus.

Dans un monde idéal, Normand et Diane devraient s’attacher à ne pas consacrer plus de 14 % de leurs revenus à la nourriture, 29 % au logis, et 15 % au transport, notamment.

Le couple devrait dès maintenant effectuer quelques calculs pour déterminer ses besoins immédiats, notamment en matière d’assurances. Force est toutefois de reconnaître que sa marge de manœuvre est relativement faible pour s’acquitter du paiement de primes d’assurances. Il serait cependant peut-être sage que Normand et Diane envisagent d’ajouter aux quelques assurances qu’ils détiennent sans doute dans le cadre de leur emploi, une assurance pour soins de longue durée, afin de ne pas risquer qu’un problème de santé vienne miner leur capacité de vivre une retraite à la hauteur de leurs attentes.

Comme le chalet représente un poste important sur le plan budgétaire, le couple devra faire évaluer la maison et le chalet, ainsi que les coûts qui sont reliés aux deux habitations à court et à moyen termes. Ainsi, ils auront la possibilité de choisir avec pertinence quelle résidence vendre pour maintenir le niveau de vie désiré à la retraite, en incluant leurs projets de voyage.

Normand et Diane doivent sans plus attendre maximiser leur régime enregistré d’épargne-retraite (REER) respectif, insuffisant actuellement, compte tenu de leur âge et de la proximité relative de la retraite, et veiller également à maximiser leur compte d’épargne libre d’impôt (CELI). À cette fin, ils pourront mettre à contribution les fonds qui seront devenus disponibles une fois que le prêt automobile aura été remboursé (700 $ par mois) et, plus tard, lorsque l’hypothèque grevant le chalet aura été entièrement payée (700 $ par mois).

Afin d’établir clairement quel sera leur revenu à la retraite, en sus des rentes prévues dans le cadre de leur emploi, je recommanderais à Normand et à Diane de consulter le site du Régime des rentes du Québec, ainsi que celui de la Sécurité de la vieillesse, pour s’informer des rentes qu’ils recevront de ces deux instances une fois à la retraite.

Un bon comptable pourra également les aider à optimiser les économies d’impôt possibles en vertu des lois fiscales en vigueur. Il sera de toute première importance que Normand et Diane gèrent judicieusement leurs impôts à la retraite. Un comptable ou un fiscaliste saura bien les conseiller à cet égard.

Compte tenu de la faiblesse de leur revenu, il serait sage que Normand et Diane envisagent de reporter d’un an ou deux le moment de leur retraite, période au cours de laquelle ils pourront continuer de mettre de l’argent de côté pour réaliser leur projet tout en préservant leur qualité de vie. Je recommanderais à Diane d’attendre l’âge de 64 ans avant de se retirer, et à Normand de songer à prendre, une fois à la retraite, un travail à temps partiel qui lui permettrait de se maintenir actif, tout en obtenant un supplément de revenu qui lui serait fort utile pour maintenir la qualité de vie du couple.

Enfin, le couple devra faire en sorte de diversifier ses placements de portefeuille REER et CELI afin d’en optimiser le rendement à l’abri de l’impôt et, si possible, de produire un rendement moyen annuel de 5 % à 6 %, qui sera supérieur au taux d’inflation.

En conclusion, avec l’aide de professionnels dignes de confiance (conseiller en placement, comptable et fiscaliste), Normand et Diane pourront donner forme à leur projet de retraite dans sept ans, mais à condition de faire certains compromis, parfois importants, énoncés précédemment.

Opinion no 2
Christiane VanBolhuis
Planificatrice financière

Bien qu’il manque certaines données, telles que l’âge de Diane, les montants qui seront accordés à Normand et à Diane par la Régie des rentes du Québec (RRQ), ou encore le statut de propriétaire ou de locataire du couple quant à sa résidence principale, il demeure possible de brosser un tableau d’ensemble fondé sur les informations dont nous disposons.

Ma première recommandation au couple consisterait à consulter un conseiller professionnel afin de circonscrire avec précision sa situation financière actuelle, le budget dont il dispose aujourd’hui, sa capacité réelle d’épargne, et le budget sur lequel le couple pourra compter à la retraite pour donner forme à ses projets, dans les limites de ses ressources financières.

Actuellement, la capacité d’épargne de Normand et Diane, de l’ordre de 600 $ par année, est pour ainsi dire à peu près nulle. Force est également de constater un écart important entre les objectifs du couple pour la retraite, dans sept ans, et sa réalité financière actuelle et future.

Différentes réflexions doivent être menées par le couple pour évaluer certaines possibilités à envisager pour conjuguer ses attentes et sa situation actuelle, notamment : retarder un peu l’âge de la retraite, augmenter l’épargne ou encore, par exemple, réduire son niveau de vie à la retraite.

En priorité, le couple doit s’attacher à augmenter son épargne. À cette fin, l’imminence de l’échéance du remboursement du prêt automobile permettra de libérer 700 $ par mois, que Normand et Diane devront veiller à consacrer à l’épargne. Il en sera de même du montant de 700 $ par mois, qui sera disponible lorsque les paiements hypothécaires prendront fin. Ces montants devront être investis dans les REER du couple, qui devra également s’assurer de maximiser cet instrument d’épargne autant qu’il se peut, de même que le compte d’épargne libre d’impôt (CELI), auquel ni l’un, ni l’autre ne semblent avoir cotisé à ce jour.

Le CELI pourra servir de fonds d’urgence, une fois à la retraite, pour donner forme à certains des projets du couple (mais pas tous!), et pour parer à certains imprévus.

Des calculs sommaires fondés sur les rentes que les deux membres du couple recevront de leurs employeurs respectifs et sur les montants qu’ils recevront de la Régie des rentes et de la pension de Sécurité de la vieillesse (PSV) nous permettent de croire qu’ils seront en mesure d’atteindre leurs objectifs de retraite, s’ils sont attentifs à la gestion de leurs dépenses, notamment au chapitre des voyages.

Normand et Diane envisagent de prendre leur retraite dans 7 ans, mais peut-être serait-il sage de leur part, compte tenu de la pénalité de 0,6 % par mois (7,2 % par année) prévue pour chaque année de retraite anticipée, d’attendre d’avoir atteint 65 ans pour se prévaloir des rentes de la RRQ. Plus ils retarderont le début de la perception des rentes de la RRQ, moins ils seront pénalisés.

Une retraite progressive pourrait s’avérer avantageuse pour le couple, du fait notamment que Normand et Diane recevront la rente prévue par leur employeur respectif à compter de 60 ans. Une approche judicieuse consisterait à combiner ces sources de revenus à un travail à temps partiel, par exemple, ce qui permettrait au couple de continuer d’être actif, tout en percevant les rentes des employeurs, jusqu’à ce qu’ils commencent à se prévaloir des rentes gouvernementales.

Notons au passage que les rentes du Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (RREGOP) de Diane, ainsi que, celles de la RRQ et de la PSV sont indexées.

En suivant ces conseils, le couple pourra mettre de l’argent supplémentaire de côté en vue de la retraite définitive.

Au chapitre des assurances, il faudrait que le couple examine avec un conseiller digne de confiance les options qui s’offrent à lui. En collaboration avec le couple, le conseiller sera en mesure de bien le conseiller en matière de protection, en tenant compte de leurs besoins de couvertures, de leurs capacités de payer et de leur assurabilité. Dans les options possibles, on peut compter sur la conversion de leurs régimes collectifs en régimes individuels. Cette option a l’avantage d’offrir une couverture sans avoir à satisfaire à des exigences médicales. Cependant, la couverture convertie peut être différente de ce qu’ils ont connu avec le régime de l’employeur tant au niveau du coût qu’au niveau de l’étendue de la protection. Cet aspect mérite d’être analysé de près avec un spécialiste.

Si ce n’est déjà fait, le couple aurait avantage à rédiger ou à mettre à jour les testaments et mandats en cas d’inaptitude, ainsi qu’à confirmer la désignation de bénéficiaire(s). L’objectif ainsi poursuivi vise à protéger leur succession et à assurer le maintien du niveau de vie du conjoint survivant en cas de décès prématuré.

À partir de 65 ans, le couple devrait examiner diverses stratégies qui pourraient être avantageuses, dont le fractionnement des revenus, et l’examen attentif avec un comptable de tous les crédits d’impôt auxquels il pourrait avoir droit.

Enfin, Normand et Diane devraient, avec l’aide d’un bon planificateur financier, revoir la composition de leurs portefeuilles de placement (REER et CELI) en fonction de leur profil d’investisseur (tolérance au risque). Ceci permet d’optimiser le rendement en vue des risques que le couple est prêt à accepter. Il est commun qu’un couple à l’aube de la retraite opte pour un profil prudent. Plus l’horizon de temps est court entre aujourd’hui et le moment du décaissement, plus on opte pour une position conservatrice. Toutefois, il faut noter que le couple percevra certains revenus garantis (rentes de l’employeur, PSV, RRQ). Compte tenu de cette situation, il est possible qu’il soit à l’aise avec un plus haut niveau de risque. Il importera de respecter la tolérance au risque de Normand et Diane.

Le couple pourra, finalement envisager de mettre à contribution le chalet ou la résidence principale (dans une optique où ils sont propriétaires) pour combler, au besoin, un éventuel manque à gagner à la retraite. La vente de l’une ou l’autre des propriétés pourrait être envisageable. Il faudra tenir compte des incidences fiscales qui en découlent.

En conclusion, le cas de Normand et Diane démontre bien qu’il n’est jamais trop tôt pour commencer à planifier sa retraite. Néanmoins, en faisant preuve de circonspection dans ses dépenses et en faisant appel à des professionnels (planificateur financier, comptable, fiscaliste) pour peaufiner sa stratégie d’épargne, le couple a de bonnes chances de pouvoir atteindre ses objectifs de retraite, pour peu qu’il accepte de faire certains compromis.

Opinion no 3
Martine Bourassa
Conseillère en sécurité financière

D’emblée, je suis d’avis que les objectifs de retraite de Normand et de Diane sont quelque peu ambitieux, compte tenu de leurs ressources financières actuelles; leur capacité d’épargne d’aujourd’hui, à raison de 600 $ par année, s’avère très limitée.

Toutefois, les sommes qui deviendront disponibles lorsque le prêt automobile aura été entièrement remboursé (700 $), dans un an, et que l’hypothèque aura été libérée (700 $ additionnels), dans six ou sept ans, pourront et devront être consacrées à l’épargne.

Ma première recommandation au couple consisterait à placer la totalité de ces nouvelles sommes disponibles dans un compte d’épargne à l’abri de l’impôt (CELI). Il importe que Normand et Diane maximisent leur CELI afin de constituer un fonds d’urgence, qui leur permettra de faire face aux imprévus, une fois à la retraite, et de donner forme à certains de leurs projets, notamment ceux relatifs au voyage.

Par ailleurs, un calcul rapide nous permet de constater que les rentes annuelles que Normand et Diane recevront grâce aux fonds de pension de leurs employeurs, lorsqu’ils auront atteint 65 ans, correspondront à 75 % des revenus actuels du couple.

Ces revenus garantis, auxquels s’ajouteront, à 65 ans, la rente de la Régie des rentes du Québec et celle de la pension de la Sécurité de la vieillesse du fédéral, représentent des atouts précieux. Mais pour maintenir sa qualité de vie à la retraite, tout en donnant réalisant ses projets de voyage, le couple devra faire preuve de vigilance et de discipline d’ici la retraite au chapitre de l’épargne.

Ainsi, Normand et Diane pourraient envisager de reporter d’un an ou deux le moment de la retraite, période au cours de laquelle ils pourront continuer de mettre de l’argent de côté. Chacun d’eux pourrait également songer à la possibilité d’occuper un emploi modeste, qui aura le double avantage de les maintenir actifs et de procurer un revenu supplémentaire pour arrondir les fins de mois.

En matière d’assurances, compte tenu de leur âge, il serait important que Normand et Diane pensent dès maintenant à se prévaloir d’une assurance soins de longue durée, car plus ils prennent de l’âge, plus les primes de ce type de protection seront élevées.

On le sait bien, c’est au cours des 10 premières années de retraite que les nouveaux retraités réalisent les projets qui leur tiennent à cœur, alors que les problèmes de santé, eux, ne tardent pas à se manifester à mesure qu’ils avancent en âge. Une assurance soins de longue durée pourrait leur permettre d’obtenir, par exemple, un revenu supplémentaire non imposable de l’ordre de 300 $ à 400 $ par semaine, en cas de perte d’autonomie, et ainsi bénéficier de soins adaptés à leur condition, tout en préservant leur patrimoine et leur revenu de retraite.

Par ailleurs, je ne recommanderais pas au couple de contracter d’autres formes d’assurances, compte tenu de ses ressources financières.

Normand et Diane devraient s’assurer de sécuriser leur régime enregistré d’épargne-retraite (REER), et envisager d’en utiliser une partie pour constituer une rente à vie, qui leur permettra de faire face à leurs obligations courantes à la retraite, et l’autre partie pour concrétiser certains de leurs projets.

Enfin, si Normand et Diane n’entendent accepter aucun compromis en ce qui concerne leurs projets de voyage annuels, ils devront peut-être envisager la vente éventuelle de leur chalet, ce qui leur permettra de se constituer un capital supplémentaire pour réaliser leurs rêves.

En terminant, je recommande fortement à chaque membre du couple de préparer son testament, un mandat en cas d’inaptitude et une procuration générale, documents qui permettront d’échapper à bien des tracasseries administratives et délais indus en cas d’inaptitude ou de décès d’un des deux conjoints.


 

François Bernier

L’avis de François Bernier, notaire
Directeur, techniques avancées de planification – gestion des avoirs à la Financière Sun Life

Je comprends leur inquiétude, car à première vue, ils pourraient penser qu’ils vont devoir se serrer la ceinture. Mais en faisant quelques calculs, je crois qu’ils peuvent atteindre leurs objectifs, à condition que leur situation financière actuelle ne change pas.

Mais il leur faut prévoir certains risques. Tout d’abord, je leur recommanderais un fonds de prévoyance correspondant à six mois de dépenses, soit 30 000 $ dans leur cas. Le compte d’épargne libre d’impôt (CELI) serait un bon choix pour placer cet argent. Ils pourront l’accumuler dès l’an prochain, une fois l’automobile payée. En outre, si Diane semble avoir certains avantages sociaux, Normand devrait considérer souscrire une assurance invalidité.

Restent deux risques : une séparation, qui chamboulerait leurs plans, ou une chute des marchés financiers d’ici leur retraite. Bien qu’ils aient droit à la RRQ et à la pension de Sécurité de vieillesse (PSV), environ 15 à 25 % de leurs revenus de retraite proviendront de leurs REER, selon les scénarios. Pour protéger leur capital, leur portefeuille de placement doit suivre une stratégie défensive. Sinon, une mauvaise performance des marchés pourrait anéantir leurs rêves de voyage ou les forcer à vendre leur chalet.

Bien souvent, les gens mésestiment les revenus dont ils auront besoin à la retraite. Certains parlent de la règle du 70 %, mais il n’existe pas de règle universelle; c’est parfois plus, parfois moins. Et le train de vie évolue à mesure que l’on vieillit. Si la santé baisse, on voyage moins, et on risque de devoir faire appel à des soins spécialisés.

En présumant que les marchés demeurent solides et que la santé est au rendez-vous, Normand et Diane pourraient possiblement prévoir un revenu de 120 % par rapport à celui de leur vie active, pour réaliser leurs projets de voyage dans les premières années de retraite. Par la suite, ils pourraient réviser à la baisse leurs besoins.

Avant tout, je leur conseille fortement de se faire accompagner par un conseiller, qui leur présentera un plan détaillé de leurs revenus et dépenses futurs. Ils pourront soupeser plusieurs hypothèses, selon qu’ils commencent par exemple à décaisser leur REER à 62 ou 72 ans. Ils sauront alors clairement quelles décisions prendre.

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