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Les experts financiers recommandent – Jennifer Black

8 octobre 2014 | Jennifer Black | Commenter

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Jennifer Black, BSEd, CGF, CPCA, pl. fin., FICVM, CIM
Première conseillère financière et planificatrice financière agréée
Dedicated Financial Solutions

D’abord et avant tout, Élise doit contacter un salon funéraire, qui s’occupera d’organiser les funérailles et d’obtenir un certificat de décès auprès du Directeur de l’état civil. Je lui suggère d’en demander plusieurs exemplaires puisqu’elle en aura besoin pour tout : pour annuler la carte d’assurance maladie et le permis de conduire de Jean comme pour traiter avec les institutions financières.

Si Élise ne demande pas suffisamment d’exemplaires dès le départ, le salon funéraire pourrait la facturer pour lui en fournir d’autres.

Elle devrait également demander la prestation de décès de 2 500 $ à la Régie des rentes du Québec (RRQ), pour aider à payer les frais funéraires et les autres dépenses urgentes, ainsi que sa rente de conjoint survivant.

Le montant exact de sa rente de conjoint survivant sera fonction des cotisations de Jean à la RRQ au fil des ans, mais notons que le maximum actuel est de 10 163 $ par année pour les personnes âgées de 45 à 64 ans. Élise devrait appeler la RRQ pour savoir si elle peut obtenir d’autres formes d’aide et pour s’assurer que sa demande a été reçue et suit son cours.

Heureusement, le REER et le CELI de Jean seront automatiquement transférés dans les comptes d’Élise sans qu’elle ait de l’impôt à payer. Si la maison était la résidence principale ou qu’elle lui a été léguée, il ne devrait y avoir aucune conséquence fiscale.

Cela étant dit, Élise devra faire face à des décisions difficiles à partir de maintenant. Même si elle obtient la rente de conjoint survivant maximale en plus de son salaire annuel de 40 000 $, elle ne disposera que d’environ 38 000 $ par année, après impôt et autres déductions.

Les 12 000 $ en paiements hypothécaires qu’elle doit verser chaque année pèsent lourd dans son budget. En plus de ne pouvoir continuer à cotiser à son REER et à son CELI chaque année, elle ne pourra pas maintenir son style de vie actuel. Elle doit immédiatement tenter de réduire ses dépenses mensuelles.

J’utiliserais un fichier Excel pour illustrer les flux de liquidités afin d’aider Élise à comprendre où va son argent et comment elle pourrait les équilibrer. Si elle veut rester dans sa maison, par exemple, elle pourrait décider d’utiliser les 40 000 $ du CELI pour rembourser en grande partie le prêt hypothécaire et ainsi réduire considérablement ses dépenses mensuelles.

En revanche, si Élise préfère conserver son style de vie, elle pourrait décider de vendre sa maison. Dans ce cas, je lui recommanderais d’attendre au moins un an, le temps de laisser la poussière retomber et de bien examiner ses options.

Quoi qu’il en soit, je proposerais ni que son fils prenne en charge le prêt hypothécaire ni qu’elle demande un prêt hypothécaire inversé afin de pouvoir emprunter plus tard sur la valeur de la maison et de couvrir plusieurs années de dépenses. Dans cette éventualité, je pencherais plutôt pour la marge de crédit hypothécaire.

Lorsqu’Élise atteindra l’âge de 65 ans, dans la mesure où elle a vécu au Canada toute sa vie, elle devrait obtenir la pension de la Sécurité de la vieillesse maximale (qui est actuellement d’environ 6 500 $ par année). Le versement de la RRQ sera fonction de ses cotisations annuelles à partir de l’âge de 18 ans et jusqu’à l’année de sa demande, et elle sera admissible à une exemption pour les années qu’elle aura consacrées à sa famille. Selon toute probabilité, elle devrait obtenir comme rente le montant maximal, lequel est actuellement d’environ 12 500 $ par année. Dans ce cas, elle ne recevra plus de rente de conjoint survivant.

Même avec ses prestations gouvernementales, Élise disposera d’un revenu d’environ 34 000 $ par année en dollars courants pendant sa retraite si on tient compte d’une inflation de 3 %. Et ce montant suppose une croissance continue de 8 % du REER de 500 000 $ jusqu’à la retraite, et de 5 % annuellement de 65 à 95 ans.

Si toutefois elle ne pense pas vivre plus de 90 ans, en tenant compte d’une inflation de 3 %, elle pourrait dépenser environ 36 000 $ par année. Élise doit travailler avec un planificateur financier qui pourra l’aider à établir ses priorités et à créer un plan réaliste en vue d’économiser davantage durant les années où elle est rémunérée.

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